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« Essentiels 2020 » est, comme son nom l'indique, un plan sur cinq ans... mais la plupart des objectifs financiers présentés mardi par le groupe Orange se situent en 2018, car l'horizon des investisseurs est clairement plus court. Et les marchés financiers n'ont de toute évidence pas été très enthousiasmés par le nouveau plan de Stéphane Richard : l'action Orange cédait plus de 3% mardi à la mi-séance (-2,28% en clôture). L'accélération des investissements dans la fibre, la nouvelle expérience client « incomparable » promise, les diversifications dans la banque mobile et les objets connectés : les grandes annonces n'ont pas compensé la déception sur les perspectives financières, pouvant se résumer en un mot, « décroissance. » Il faudra en effet attendre trois ans pour constater une inversion de tendance.
Le chiffre d'affaires de l'opérateur (39,4 milliards d'euros en 2014) diminuera encore cette année et l'année prochaine, lorsqu'il atteindra son « point bas », en France la stabilisation est plutôt prévue « à partir de 2017. » Du côté du résultat brut d'exploitation (Ebitda), le point bas devrait être atteint cette année (12,2 milliards d'euros en 2014). Le « retour de la croissance en Europe » est espéré en 2016.
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Plusieurs phénomènes se conjuguent, mêlant transition technologique et évolution du modèle économique de l'opérateur télécoms historique.
L'ex-monopole, qui a hérité du réseau téléphonique traditionnel en cuivre, déploie actuellement son réseau de nouvelle génération en fibre optique « d'une durée de vie de plusieurs décennies. » Il va investir 4,5 milliards d'euros dans la fibre entre 2015 et 2018. Dans le compte de résultats, cette transition a plusieurs effets : certes les abonnés à la fibre (563.000 sur 10 millions de clients au haut débit fixe) « rapportent » un peu plus, 5 euros en moyenne par mois par rapport à un abonné ADSL et près de 7 euros en 2018 dans les prévisions d'Orange, car ils consomment plus de vidéos à la demande, de jeux, etc. Mais dans le même temps, les activités traditionnelles déclinent, avec « la baisse inévitable des revenus voix sur le réseau téléphonique commuté (RTC) », par opposition à la voix sur Internet (IP) depuis une Box en ADSL : d'ailleurs, « à partir de fin 2017 en France, Orange ne commercialiserait plus que des offres de services voix de nouvelle génération exclusivement sur IP. » Les recettes de la connectivité aux entreprises vont aussi baisser.
Le chemin vers la fin du cuivre se traduira par une baisse des revenus tirés du dégroupage, à court terme de SFR qui va migrer une partie de ses abonnés vers le réseau de Numericable, et à long terme parce que Free et Bouygues vont migrer aussi leurs abonnés de l'ADSL vers la fibre (en co-investissant avec Orange notamment).
Autre source de revenus considérables : « l'itinérance nationale en France », comprendre le contrat conclu avec Free, qui va « décroître à partir de 2015 avant son arrêt quasi-total en 2018» a indiqué le directeur financier, sans chiffrer ce manque à gagner, tout de même estimé autour de 750 millions d'euros par an par les analystes.
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Les marchés financiers espéraient vivement une « consolidation », un rapprochement entre opérateurs mobiles français, ce qui a porté le cours d'Orange l'an dernier (qui a signé la meilleure performance du CAC 40 en 2014), mais la certitude a cédé le pas au doute alors que Bouygues affirme ne pas être vendeur de sa filiale télécom et que Free assure que « rien ne se fera », même si Numericable-SFR et sa maison-mère Altice soufflent le chaud et le froid. La crainte d'un retour de la guerre des prix, qui rognerait encore le chiffre d'affaires et les marges du groupe en France, refait même surface.
En attendant un éventuel retour à trois opérateurs mobiles en France, Orange garde les yeux rivés sur les pays voisins, où il poursuivra la convergence fixe-mobile, comme en Espagne où il est en passe d'acquérir l'opérateur fixe Jazztel, mais aussi l'Afrique.
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La croissance en Afrique et au Moyen-Orient devrait être d'environ 20% entre 2014 et 2018 et celle de l'Ebitda de la zone « encore supérieure. » Le groupe va d'ailleurs créer une holding dans laquelle il regroupera tous ses actifs dans la région (20 pays), afin de leur donner une meilleure « visibilité .» L'opérateur a aussi identifié deux relais de croissance ciblés, la banque mobile et les objets connectés, qui doivent générer 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2018. Ce qui devrait compenser à terme la disparition prévisible des recettes de certaines activités historiques.
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