Prince : vingt ans de combats (et revirements) contre l'industrie du disque

Décédé jeudi, à l'âge de 57 ans, le chanteur américain a tout fait pour garder ses droits d'auteur durant ses 40 ans de carrière. Mais il est parfois revenu sur certaines de ses positions.
Prince a vendu plus de 100 millions d'albums dans le monde.
Prince a vendu plus de 100 millions d'albums dans le monde. (Crédits : Reuters)

Prince était un artiste accompli qui a connu un succès international avec des tubes comme Kiss ou Purple Rain. Au cours de sa carrière, il a vendu plus de 100 millions d'albums dans le monde.

Le chanteur américain, décédé jeudi 21 avril, était également connu pour les remous qu'il a déclenchés dans l'industrie du disque, à l'instar de Taylor Swift plus récemment. Retour en quelques dates sur les protestations, actions radicales et mises en scène du chanteur protéiforme contre les majors de disque mais également contre Internet.

1977: A 18 ans, après deux ans de galère, prince parvient à convaincre Warner Bros de signer un contrat avec lui. Son premier album "For You" ne connaît pas le succès escompté, atteignant seulement la 163e place des charts américains. Les trois années suivantes, il ne perce pas non plus avec ses autres albums. Comme l'explique The Guardian, à cette époque, les majors étaient patientes avec les nouveaux talents, elles misaient sur le long terme.

> Soft and Wet, le premier single extrait de For You, le premier album de prince

1985: Dans la foulée des succès des albums "1999" et "Purple Rain" (sortis en 1982 et 1984), il renégocie son contrat avec sa maison de disques et crée son propre label, Paisley Park/Warner, cofondé et financé par Warner Music.

Purple rain, la chanson qui a permis à Prince de connaître un succès international

1992:  Cette année-là, l'artiste paraphe un nouveau contrat de 100 millions de dollars avec Warner pour six albums. Le deal est présenté alors comme le plus cher jamais signé, représentant le double de celui que Mickael Jackson a pu signer avec sa maison de disques. Mais là où le bât blesse pour Prince, c'est qu'avec ce contrat, la Warner met la main sur l'ensemble des bandes, les "masters", enregistrées par le natif de Minneapolis depuis 1978.

1993: Les tensions entre Prince et la major montent d'un cran. La star affirme ne plus vouloir enregistrer d'album et décide de renoncer à son nom de scène dans l'espoir de se libérer de ses obligations contractuelles avec la Warner. Il monte sur scène les joues estampillées d'un « Slave » (« esclave ») pour dire qu'il est la marionnette des ma­jors. Il explique qu'en signant avec Warner, la maison de disques est devenue propriétaire de son nom et dispose du contrôle sur celui-ci. Il se fait alors appeler "l'artiste anciennement connu sous le nom de Prince" ou encore "Squiggle" (gribouillis en anglais).

1994: Ne parvenant pas à rompre avec Warner, Prince sort une série de quatre albums en trois ans pour remplir les termes de son contrat. Certains sont considérés par la critique comme bâclés.

Prince

1995: A la fin de l'année, Prince rompt définitivement avec Warner. "Au cours de près de deux décennies de relation, l'artiste et Warner Bros. ont développé des différences irréconciliables", affirme alors Prince dans un communiqué.

1996:  Le chanteur crée NPG Records et enchaîne les collaborations avec d'autres grandes maisons de disques - EMI, Columbia, Universal - pendant presque dix ans. Il investit massivement Internet, y proposant en ligne ses créations musicales. C'est l'un des premiers artistes musicaux à miser sur la Toile.

2007: L'histoire d'amour avec le Web prend fin. L'artiste explique qu'il veut "récupérer son oeuvre sur Internet", annonçant des actions contre YouTube, eBay mais aussi des sites de téléchargement comme The Pirate Bay pour utilisation non autorisée de sa musique.

2014: Dix-huit ans après la rupture, Prince annonce un remariage inattendu avec Warner, en signant une nouvelle fois avec la major. Il ressort dans la foulée une version remastérisée de son album Purple Rain pour le 30e anniversaire de sa sortie.

"Tout le monde à Warner Bros Records est ravi de travailler à nouveau avec Prince. C'est l'une des plus grandes stars mondiales et vraiment un talent unique", se réjouit la maison de disques.

Pour quoi un tel revirement ? Selon Bobby Owsinski, spécialiste de l'industrie musicale et auteur d'une vingtaine de livres sur le sujet, les années sans Warner n'ont pas été bonnes financièrement parlant. Et l'accord financier avec une major reste fortement attrayant. Selon le Billboard, Prince a vendu 18,5 millions d'albums aux Etats-Unis depuis 1991, dont... 14,3 millions ont été écoulés sous l'ère Warner. Par ailleurs, les termes de l'accord permettent à Prince de conserver les droits sur ses anciennes chansons sorties sous l'ère Warner.

2015: Mais, en août 2015, Prince récidive contre les majors: "Les contrats avec les maisons de disques, c'est comme - je vais dire le mot - de l'esclavage". Il évoque son soutien au service de streaming Tidal de Jay-Z. D'ailleurs, en juillet, il avait fait retirer ses chansons de tous les streaming audio, excepté Tidal. Pourtant, quelques semaines plus tard, il avait mis sur Spotify son nouveau single intitulé Stare, issu de son dernier album studio...

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Commentaires 3
à écrit le 24/04/2016 à 13:56
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Ras le bol de Prince.

à écrit le 22/04/2016 à 16:11
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A croire qu,il faut être drogue pour devenir une personalite.

le 22/04/2016 à 16:48
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Commentaire inutile et stupide

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