Samsung scindé en deux ? Le coréen étudie la proposition du fonds spéculatif Elliott

Le conseil d'administration se réunira demain mardi et répondra aux propositions de l'américain Elliott, qui, outre la scission, réclame le versement d'un dividende spécial de 26 milliards de dollars (24,4 milliards d'euros).
Kwon Oh-Hyun, CEO de Samsung Electronics, lors de l'assemblée générale extraordinaire du groupe, le 27 octobre 2016 à Séoul (Corée du Sud).
Kwon Oh-Hyun, CEO de Samsung Electronics, lors de l'assemblée générale extraordinaire du groupe, le 27 octobre 2016 à Séoul (Corée du Sud). (Crédits : Reuters)

Demain, le conglomérat sud-coréen Samsung Electronics va étudier la possibilité de se scinder en deux entités, suivant en cela les préconisations du fonds spéculatif américain Elliott Management, rapporte lundi le Seoul Economic Daily, citant une source anonyme.

En octobre, pas impressionné le moins du monde par les vicissitudes du groupe Samsung Electronics (le fiasco du Galaxy Note 7), Elliott Management avait proposé cette restructuration pour accroître la valeur en Bourse du groupe. Le fonds activiste demande à ce que l'entreprise se divise en deux sociétés, une holding cotée et une autre qui regrouperait les activités opérationnelles. Il réclame également le versement d'un dividende spécial de 26 milliards de dollars (24,4 milliards d'euros) et la nomination de trois administrateurs indépendants. Elliott Management, fondé par le financier Paul Singer, détient 0,62% de Samsung.

De son côté, la Bourse sud-coréenne a demandé à Samsung de s'exprimer sur le sujet à 9h00 GMT ce matin. Le groupe n'a pas réagi dans l'immédiat aux informations du journal.

Elliott : peu de capital, beaucoup d'effet

Pour mémoire, Elliott s'était déjà illustré en 2015 en contestant le rachat de C&T (filiale de Samsung présente dans les secteurs du commerce et de la construction) par Cheil Industries, la holding de fait du groupe, au motif que l'opération sous-évaluait la valeur de la compagnie au détriment de ses actionnaires. Le fonds spéculatif américain avait réussi à fédérer un nombre non négligeable d'actionnaires de C&T qui s'étaient opposés avec force à cette fusion. La fusion avait quand même été menée à bien, mais elle est aujourd'hui dans le collimateur de la justice, dans le cadre du vaste scandale de corruption centré sur la confidente de l'ombre de la présidente Park Geun-Hye, laquelle a été encore une fois conspuée par un million de manifestants, samedi 26 à Séoul, réclamant sa démission.

Deux restructuration en cours : capitalistique et générationnelle

Pour autant, cette opération de scission pourrait permettre aux héritiers de la famille Lee de renforcer leur emprise sur le principal fabricant mondial de téléphones mobiles, le joyau du conglomérat sud-coréen. Par ailleurs, le groupe a déjà entrepris des mesures de réorganisation dans le cadre de la succession de son dirigeant Lee Kun-hee, âgé de 74 ans et souffrant depuis 2014, en faveur de ses trois enfants. Son fils Jay Y. Lee, 48 ans, est officieusement aux commandes du groupe et a intégré en septembre dernier le conseil d'administration de Samsung Electronics. C'est sous sa houlette qu'a été donné, mi-novembre, le feu vert pour le rachat de l'équipementier Harman International Industries (systèmes audio haut de gamme et d'autres systèmes embarqués automobiles) pour 8 milliards de dollars,

(Avec Reuters)

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Commentaire 1
à écrit le 28/11/2016 à 14:25
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Avec comme principal concurrent apple une boite américaine, dépendre d'un fond spéculatif américain était ultra risqué du coup connaissant des déboires politique et économique samsung se retrouve piégé. C'est une excellente boite et les coréens s...

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