Télécoms d’entreprise : Interoute poursuit sa mue

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Interoute revendique un chiffre d'affaires de 450 millions d'euros en 2014.
Interoute revendique un chiffre d'affaires de 450 millions d'euros en 2014. (Crédits : © Lisi Niesner / Reuters)
L’opérateur britannique, qui gère 67.000 kilomètres de fibre optique à travers le monde, s’est transformé au fil des ans, de simple fournisseur d’infrastructures devenant pourvoyeur de services aux entreprises (hébergement, voix sur IP, visioconférence…). Une métamorphose qui lui a permis de rester compétitif sur un marché de plus en plus difficile.

Interoute n'est guère connu du grand public. Pourtant, cette société britannique, créée au début des années 2000, est à la tête d'un vaste réseau de 67.000 kilomètres de fibre optique. Essentiellement présent sur le Vieux Continent, cet opérateur dispose aussi d'actifs aux Etats-Unis et en Chine. Aujourd'hui, il compte 1.500 collaborateurs et revendique un chiffre d'affaires de 450 millions d'euros pour l'exercice 2014. Il assure être bénéficiaire « depuis 2009 », avec « un Ebitda qui tourne autour de 80 millions d'euros », assure Jean-Pierre Tournemaine, le directeur général pour la France, qui pèse un peu mois de 10% de son activité.

Si la société se targue d'être en bonne santé sur un marché des télécoms aussi difficile que concurrentiel, c'est parce qu'elle s'est largement transformée ces dernières années. Dans les années 2000, Interoute faisait presque tout son chiffre d'affaires en louant ses autoroutes de la fibre à d'autres opérateurs. Grâce à ce réseau, ceux-ci pouvaient vendre leurs services à leurs clients, essentiellement des entreprises. Mais l'explosion de la bulle Internet a remis tout le modèle d'Interoute en cause. « Au début des années 2000, on pensait que les opérateurs d'infrastructures allaient se retrouver en grande difficulté. Et pour cause, les prix n'ont cessé de dégringoler sur le marché, alors que les coûts de maintien et de développement du réseau, eux, n'ont pas bougé », rappelle Jean-Pierre Tournemaine.

Ne plus être un simple fournisseur de « tuyaux »

Dos au mur, la société décide alors de se diversifier, et abandonne son costume de simple fournisseur de « tuyaux ». Comment ? En investissant massivement dans les services aux entreprises. Des solutions de cloud computing, aux outils de voix sur IP, en passant par des solutions de visioconférence... Interoute se fait petit à petit un nom dans ces offres à valeur ajoutée, lesquelles s'avèrent de plus en plus indispensables dans le sillage de la révolution numérique. La transformation est radicale. « Aujourd'hui, les services aux entreprises représentent 60% de notre chiffre d'affaires », assure le DG France d'Interoute.

Autrefois chasse gardée des opérateurs, la société dispose désormais de clients dans tous les secteurs de l'économie, des startups aux mastodontes du CAC 40. Parmi ses fidèles, on compte notamment la Société Générale, Google, Coca-Cola, BMW ou encore Siemens.

Pour autant, pas question pour la société de se reposer sur ses acquis. Priorité des priorités, Interoute veut grandir. Et vite. « Ce n'est pas un secret : on veut doubler notre chiffre d'affaires à échéance de 2020, souligne Jean-Pierre Tournemaine. On veut racheter des infrastructures dans les pays où on est encore peu présents, notamment en Asie et aux Etats-Unis. » En étendant davantage ses autoroutes de fibre optique, l'industriel souhaite toucher de nouveaux clients, qu'il espère convertir dans la foulée à son éventail de solutions. Aux yeux de l'opérateur, grossir constitue ni plus ni moins qu'une question de survie. « On est sur un marché de consolidation, insiste Jean-Pierre Tournemaine. Compte de l'effondrement des prix, on sait bien que seuls les gros resteront. »

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