Télécoms : AT&T sort les crocs avec son offre « All in One »

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En jouant la carte d’une offre intégrée, l’opérateur espère notamment convaincre les plus de 40% des foyers américains ne disposant plus de lignes téléphoniques fixes de migrer chez-lui.
En jouant la carte d’une offre intégrée, l’opérateur espère notamment convaincre les plus de 40% des foyers américains ne disposant plus de lignes téléphoniques fixes de migrer chez-lui. (Crédits : reuters.com)
Une semaine après avoir avalé DirecTV, le leader américain de la télévision par satellite, l’opérateur dégaine une offre nationale inédite mêlant mobile et télévision payante, avec la possibilité, selon les zones, de souscrire à l’Internet fixe.

Le nouveau poids lourd de la télévision et du mobile n'a pas perdu de temps. Vendredi 24 juillet, l'opérateur AT&T a reçu le feu vert de la Federal Communications Commission (FCC), le gendarme américain des télécommunications, pour racheter DirecTV, le leader de la télévision par satellite outre-Atlantique, pour 48,5 milliards de dollars. En plein rapprochement, le numéro 2 du mobile aux Etats-Unis n'a pas perdu son temps pour dévoiler une nouvelle offre. Ce lundi il a donc dégainé « All in One ». Disponible à compter du 10 août, celle-ci permettra à tout foyer américain de bénéficier du mobile (quatre lignes pour 10 gigabits de data) et de la télévision payante (via DirecTV ou U-Verse TV, le service de « pay TV » d'AT&T) pour 200 dollars par mois, avec la possibilité, selon les zones, d'y ajouter un abonnement Internet fixe.

Certes, le montant paraît faramineux pour un consommateur français. Mais les Américains sont culturellement bien plus accros à la télévision que sur le Vieux continent. Résultat : ils déboursent facilement entre 100 à 200 dollars par mois pour accéder à des bouquets de chaînes très étoffés. Comme le rappelle Yves Gassot, à la tête du think tank Idate, « l'ARPU ('Average Revenue Per User', soit le chiffre d'affaires mensuel moyen pour un client) d'AT&T sur son offre 'Triple Play' U-Verse, c'est 170 dollars, contre environ 50 dollars chez-nous ». En d'autres termes et en grossissant volontairement le trait, il affirme que « la différence les télécoms aux Etats-Unis et en Europe, c'est la télévision ! »

Marcher sur les plates-bandes des câblo-opérateurs...

Avec cette nouvelle offre, AT&T disposera d'une nouvelle force de frappe sur tout le territoire. Car si l'opérateur était présent dans le mobile sur tous les Etats-Unis, via un vaste réseau d'antennes 4G, ce n'était pas le cas dans le fixe, où à l'instar de Verizon, son grand rival dans les télécommunications, il a même réduit ses actifs filaires depuis le début des années 2010. Or avec les satellites de DirecTV, il dispose d'une de facto d'une couverture globale au pays de l'Oncle Sam pour proposer ses programmes.

En jouant la carte d'une offre intégrée, l'opérateur espère notamment convaincre les plus de 40% des foyers américains ne disposant plus de lignes téléphoniques fixes de migrer chez-lui. De fait, beaucoup bénéficient d'un accès fixe pour le haut débit, mais ils passent par d'autres technologies - dont le câble, qui reste majoritaire sur ce créneau au pays de l'Oncle Sam. En outre - et contrairement à la France, où le téléphone fixe est encore utilisé et inséré dans les offres des opérateurs -, les Américains privilégient davantage le mobile pour la téléphonie.

... et poursuivre le bras de fer avec Netflix

En parallèle de cette envergure nationale renforcée, AT&T veut au plus vite mettre en place des synergies avec DirecTV au niveau des programmes et de la distribution. Lors du bouclage de de l'opération, l'opérateur les avaient chiffré à 1,6 milliards de dollars après trois ans. Grâce à son nouveau de statut de « mastodonte » de l'Internet et des médias, AT&T devrait aussi disposer d'une plus grande marge de manœuvre pour négocier ses droits auprès des producteurs de programmes, et enrichir ses offres exclusives pour séduire de nouveaux abonnés. Et pourquoi pas, faire revenir ceux qui ont basculé sur des services Internet de VOD, comme Netflix, lesquels se sont mués en producteurs de contenus ces dernières années.

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