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Huawei, nouvelle cible des États-Unis après ZTE

Photo de Pierre Manière

Pierre Manière

Publié le 29 janvier 2019 à 18:21 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:01

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La fronde de la justice américaine envers l’équipementier chinois Huawei intervient après celle menée ces dernières années contre ZTE, l'autre champion des télécoms de l’Empire du Milieu.

Cette fois, Huawei entre dans le dur. Ce lundi, la justice américaine a levé le voile sur une liste de treize chefs d'inculpation à son encontre, deux de ses filiales, et Meng Wanzhou, la numéro deux du groupe arrêtée au Canada sur demande du pays de l'Oncle Sam. Parmi les accusations, on trouve notamment des violations de sanctions américaines à l'encontre de l'Iran, des fraudes électroniques, ou des vols de secrets commerciaux.

Cette fronde intervient alors que de nombreux pays ont déjà exclu Huawei de leurs marchés liés au déploiement de la 5G (les Etats-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Japon). Et que d'autres, comme la France ou l'Allemagne, cherchent en limiter l'accès en renforçant le contrôle des équipements. Ces décisions, justifiées par la crainte que Pékin n'utilise des équipements Huawei à des fins d'espionnage, surviennent en pleine guerre commerciale sino-américaine. Sachant que le pays de l'Oncle Sam mène, depuis de longs mois, un important lobbying anti-Huawei à l'international.

Violation d'embargos

Huawei n'est pas le premier grand groupe chinois à essuyer les foudres de la justice américaine. Ces dernières années, ZTE, l'autre champion chinois des équipements télécoms, s'est retrouvé dans le viseur des Etats-Unis. Les accusations américaines envers les deux géants affichent, d'ailleurs, certaines similitudes.

Ainsi, ZTE a été accusé par les Etats-Unis d'avoir violé des embargos contre l'Iran et la Corée du Nord. Le groupe a plaidé coupable en 2016. Il a reconnu avoir acquis des équipements aux Etats-Unis, lesquels ont été réexportés vers l'Iran et la Corée-du-Nord. En mars 2017, ZTE a écopé d'une énorme amende de 1,2 milliards de dollars. Mais ce n'est pas tout : les enquêteurs américains ont plus tard découvert de nouvelles fraudes. Ils ont notamment mis à jour des fausses déclarations destinées à couvrir des bonus aux employés qui ont participé à la violation des embargos.

Violent retour de bâton

Le retour de bâton a été des plus violents : ZTE a été interdit, au printemps dernier, d'acheter des composants électroniques américains. Un gros coup dur pour l'équipementier, qui a été contraint, un temps, d'interrompre certaines activités. Si la punition a été levée au début de l'été, après une nouvelle amende et la promesse de ZTE de faire le ménage dans son équipe dirigeante, celle-ci a grandement affaibli le groupe.

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Les déboires de ZTE aux États-Unis ne s'arrêtent pas là. Au mois de septembre, le groupe a dégringolé à la Bourse de Hong-Kong, suite à des informations de Bloomberg, selon lesquelles les systèmes de certaines sociétés américaines étaient gangrenés par des processeurs trafiqués, insérés par des espions chinois. Ces déboires ont, en outre, fait fuir certains clients. En fin d'année dernière, ZTE a notamment perdu son plus important contrat en Allemagne, celui qui le liait à Telefónica-Deutschland. Résultat : en fin d'année dernière, ZTE a annoncé qu'il s'attendait à une grosse perte pour 2018 qui pourrait s'élever à 7,2 milliards de yuans (936 millions d'euros).

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En attaquant ZTE puis Huawei, les États-Unis s'en prennent aux deux champions chinois des équipements télécoms. Outre les considérations de sécurité nationale brandies par le pays de l'Oncle Sam, certains perçoivent également ces manœuvres comme un moyen, pour Washington, de freiner le développement économique de la Chine. Alors que l'Empire du Milieu ambitionne, dans les années à venir, de devenir une référence mondiale en matière d'innovation et de nouvelles technologies.

Pierre Manière

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