Mariage Orange-Bouygues Telecom : "Nous n'étions que trois à vouloir aboutir" (Martin Bouygues)

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Interrogé sur le fait de savoir s'il désignait Xavier Niel, le patron de Free, Martin Bouygues s'est contenté de répondre :  Je laisse chacun libre de ses interprétations.
Interrogé sur le fait de savoir s'il désignait Xavier Niel, le patron de Free, Martin Bouygues s'est contenté de répondre : "Je laisse chacun libre de ses interprétations". (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Selon le PDG de Bouygues, "l'un des protagonistes nourrissait l'ambition d'avoir le maximum en payant le minimum, tout en gardant la possibilité de se retirer". Mais à son sens l'"opération n'était pas vitale pour Bouygues Telecom".

Pourquoi les négociations pour une cession de la filiale télécoms du groupe Bouygues à Orange ont échoué? Dans une interview publiée dimanche 3 avril sur le site du Figaro, Martin Bouygues, PDG du groupe homonyme, donne son explication.

Saluant "le travail très important de Stéphane Richard", le PDG d'Orange, qui a mené les transactions, il a observé que "si nous étions quatre à la table des négociations, nous n'étions que trois à vouloir aboutir".

"Les conditions d'une opération n'étaient tout simplement pas réunies", a-t-il déploré.

Xavier Niel responsable?

"Manifestement, l'un des protagonistes nourrissait l'ambition d'avoir le maximum en payant le minimum, tout en gardant la possibilité de se retirer", a-t-il regretté sans vouloir donner de nom. Interrogé sur le fait de savoir s'il désignait Xavier Niel, le patron de Free, Martin Bouygues s'est contenté de répondre :

"Je laisse chacun libre de ses interprétations."

Bouygues Telecom et Orange menaient depuis janvier des négociations quadripartites pour une cession de Bouygues Telecom à Orange, avec le rachat de certains de ses actifs par Iliad-Free et SFR.

Les désaccords avec l'État pas rédhibitoires

Martin Bouygues a par ailleurs détaillé les points de désaccord avec l'Agence des participations de l'Etat (APE), actionnaire de référence d'Orange, avec qui il a aussi mené des négociations, tout en expliquant que ces derniers n'étaient pas rédhibitoires.

"Je souhaitais que Bouygues soit un actionnaire, certes minoritaire, mais significatif d'Orange", or "la vision de l'APE nous réduisait à un rôle d'actionnaire minoritaire, avec très peu de droits, tout en nous demandant de payer le prix d'une participation majoritaire".

"Cela dit, ce n'est pas cela qui a bloqué in fine l'opération", a-t-il nuancé. "Cette négociation-là, au niveau politique, aurait pu aboutir", selon lui.

Bouygues Telecom "parfaitement viable"

Martin Bouygues a insisté sur le fait que "cette opération n'était pas vitale pour Bouygues Telecom".

"Certains ont cru que je bluffais et que je négociais dos au mur", a-t-il déploré.

Le patron de Bouygues a affirmé n'être "pas inquiet" sur l'avenir de BouyguesTelecom. Le dirigeant se montre confiant dans les perspectives de la filiale télécoms qu'il a créée en 1994, tout en estimant que le statu quo nuira à la capacité d'investissement des opérateurs.

"L'entreprise est parfaitement viable dans un marché à quatre", a-t-il assuré.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 04/04/2016 à 13:23 :
Bonne nouvelle pour le consommateur. Quand 3 concurrents s'associent et dépensent 10 milliards pour faire disparaitre le quatrième, c'est qu'ils souhaitent enterrer la hache de guerre commerciale pour rentabiliser la manoeuvre. La bourse plonge, mais la bourse de chaque français grimpe aujourd'hui.
a écrit le 04/04/2016 à 12:47 :
Qui voulait avoir le maximum en payant le minimum?
Pour moi, c'est Bouygues. Ces exigences sur Orange ne sont pas cohérentes avec celui d'un vendeur d'une entreprise de téléphonie.
Vendre Bouygues Télécom mais avoir la main sur l'avenir d'Orange. Inacceptable pour l'état, les contribuables et les clients d'Orange. Déjà que pour ses clients, Orange s'est bien éloigné des relations qui existaient entre France Télécom et ses clients
a écrit le 04/04/2016 à 11:58 :
Le patron de Bouygues voulait plus que le maximum que pouvait lui donner l'État et il vient nous annoncer qu'un autre opérateur serait à l'origine de l'échec des négociations car il était trop gourmand ! Tout comme M. Bouygues chacun défend ses intérêts...
Chacun sait que M. Bouygues n'est pas l'ami de F. Hollande, maintenant il attendra le prochain gouvernement pour parvenir à ses fins.
a écrit le 04/04/2016 à 11:34 :
En résumé sale temps pour les actionnaires !
a écrit le 04/04/2016 à 10:44 :
C'est encore la faute de Free. Mon dieu c'est vraiment le vilain petit canard.
a écrit le 04/04/2016 à 9:56 :
l'etat francais est pour les actionnaires de long terme qui ont droit de vote double, mais seulement quand ca le concerne
autrement, il est contre...

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