L’opérateur américain et la firme d’Elon Musk ont signé une alliance technologique. Celle-ci vise à utiliser les fréquences du premier et les satellites du second pour fournir une couverture mobile partout où les réseaux cellulaires classiques sont absents. Cette initiative concernera d’abord les Etats-Unis, mais vise à être étendue partout à travers le globe. Présentée comme révolutionnaire, elle suscite, toutefois, de nombreuses interrogation sur sa mise en œuvre, sa pertinence et son modèle économique.Sur le papier, le projet semble séduisant. Jeudi dernier, l'opérateur américain T-Mobile et SpaceX, la firme du milliardaire Elon Musk, ont dévoilé une alliance technologique visant à éradiquer, une bonne fois pour toute, les zones blanches à travers le monde. L'annonce apparaît révolutionnaire. Aucun opérateur télécoms n'est aujourd'hui en mesure de couvrir, avec son réseau mobile, toute la superficie d'un territoire national. Aux Etats-Unis comme en Europe, de nombreuses zones sont dépourvues d'antennes-relais. Il s'agit généralement des moins peuplées, et ce pour des raisons économiques. Lorsqu'il n'y a pas d'antenne, il est logiquement impossible de communiquer avec un smartphone via un réseau cellulaire classique 3G, 4G ou 5G.
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Mais T-Mobile et SpaceX affirment avoir trouvé une parade. Une recette miracle, même. Leur idée ? Utiliser des fréquences de T-Mobile et les satellites de Starlink, la constellation du groupe d'Elon Musk, pour permettre à tout un chacun de communiquer avec son smartphone dès lors que les réseaux cellulaires sont inaccessibles. Cette solution sera d'abord disponible aux Etats-Unis d'ici à la fin de l'année prochaine, ont-ils claironné. Tout en appelant d'autres opérateurs, à travers le monde, à se joindre à cette initiative. « L'important, c'est que cela signifie qu'il n'y aura plus de zones blanches, nulle part dans le monde, pour votre téléphone », s'est félicité Elon Musk en conférence de presse.
Un service de niche
Cela dit, plusieurs observateurs se montrent aujourd'hui sceptiques quant à la viabilité de cette solution. En premier lieu, certains critiquent sa pertinence. Ce service a, en effet, déjà vocation à être un service de niche. Il ne s'agit pas d'apporter ici du haut ou du très débit dans les zones blanches. Mais seulement, comme l'expliquent T-Mobile et SpaceX, de permettre des communications très basiques - c'est-à-dire des SMS, et peut-être un peu de data - si les conditions le permettent. Concrètement, l'utilisateur doit se situer dans une zone dégagée, et ce jusqu'à 30 minutes, le temps qu'un satellite passe au-dessus de lui. Le randonneur qui s'est cassé la jambe au beau milieu d'un parc naturel non couvert par les réseaux traditionnels pourra, par exemple, prévenir les secours. Ce service permettra « de sauver des vies », plaide Elon Musk. Il n'empêche qu'il n'offre, in fine, que des débouchés limités...