Sanctions envers Huawei : Washington met de l’eau dans son vin

En marge du sommet du G20, qui s’est déroulé ce week-end à Osaka, l’administration américaine a décidé de lever partiellement ses sanctions à l’égard du géant chinois des télécoms et des smartphones.
Pierre Manière
Soupçonné d’espionnage pour le compte de la Chine par Washington, Huawei a été placé mi-mai sur liste noire par les Etats-Unis après la signature d’un décret par Donald Trump. Celui-ci vise à empêcher le géant des télécoms et des smartphones de s’approvisionner en technologies américaines.
Soupçonné d’espionnage pour le compte de la Chine par Washington, Huawei a été placé mi-mai sur liste noire par les Etats-Unis après la signature d’un décret par Donald Trump. Celui-ci vise à empêcher le géant des télécoms et des smartphones de s’approvisionner en technologies américaines. (Crédits : Carlos Barria)

Avec cette manœuvre, les États-Unis ouvrent (un peu) la voie à des négociations. Ce week-end, en marge d'une réunion du G20 à Osaka, le pays de l'Oncle Sam a décidé de lever partiellement ses sanctions à l'égard de Huawei. Mi-mai, ce dernier, soupçonné d'espionnage pour le compte de la Chine - ce que Huawei a toujours démenti - a été placé sur liste noire après la signature d'un décret par Donald Trump. Celui-ci vise à empêcher le géant des télécoms et des smartphones de s'approvisionner en technologies américaines. Une initiative qui a suscité l'ire du groupe chinois comme de Pékin, actuellement en pleine bataille commerciale avec Washington. Durement touché par cette attaque, Huawei a été contraint de prendre des mesures drastiques pour diminuer sa production.

Concrètement, Donald Trump va autoriser davantage de ventes de composants technologiques américains à Huawei. Cela concernera les produits disponibles à grande échelle dans le monde, mais pas les équipements les plus sensibles. « Tout ce qui va se passer, c'est que le Département du Commerce va accorder des licences supplémentaires lorsqu'il y a une disponibilité générale » pour les composants dont le groupe a besoin, a affirmé Larry Kudlow, le conseiller économique de la Maison Blanche, dans l'émission « Fox News Sunday », rapporte Reuters. Les fabricants américains de semi-conducteurs, en particulier, « vendent des produits qui sont largement accessibles depuis d'autres pays », a-t-il poursuivi. « Il ne s'agit pas d'une amnistie générale. Les préoccupations en matière de sécurité nationale demeureront primordiales », a enchaîné le conseiller.

La sphère politique américaine sur le qui-vive

Cette levée partielle des interdictions était quelque peu attendue au G20. Elle pourrait permettre de calmer la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Même si, déjà, les critiques fusent dans la sphère politique américaine. « Il y aura beaucoup de ripostes s'il s'agit d'une concession majeure », a lancé Lindsey Graham, le sénateur républicain de Caroline du Sud, dans l'émission « Meet the Press ».

Quoi qu'il en soit, Huawei continue d'essuyer de nombreuses piques. Ce vendredi, l'AFP a affirmé que, contrairement à ce qu'affirme le groupe chinois, certains de ses employés ont collaboré avec l'armée chinoise sur des projets de recherche. « Des études publiées depuis 2009 montrent que ces employés ont travaillé avec des chercheurs appartenant à différentes composantes de l'Armée populaire de libération (APL) », indique l'agence française. Elle précise que le nom des chercheurs ainsi que celui du service de Huawei qui les emploie sont mentionnés dans ces travaux, qui concernent notamment l'intelligence artificielle, les communications radio, ou encore l'analyse d'images satellites.

Huawei dément toute collaboration avec l'armée

« Un employé basé à Shanghai a ainsi travaillé pour l'unité 78156 de l'APL sur un programme de sécurité informatique, auquel participait aussi un centre technologique de la Commission militaire centrale (CMC), l'organe à la tête de l'armée chinoise, actuellement dirigé par le président Xi Jinping en personne », détaille l'AFP.

Dans un courriel à l'agence, Huawei dément « toute collaboration ou partenariat avec des institutions affiliées à l'APL ». Le groupe souligne toutefois qu'il « n'a pas connaissance d'articles scientifiques publiés par des employés à titre personnel ». Le ministère chinois de la défense, pour sa part, n'a pas souhaité commenter ces travaux de recherche. Selon lui, Huawei « n'a aucune espèce de soi-disant lien avec l'armée chinoise ».

Enfin, mercredi, un nouveau rapport américain a taclé le groupe chinois. Une étude réalisée par Finite State, un spécialiste de la cybersécurité, estime que les équipements de Huawei sont davantage susceptibles de contenir des failles pouvant mener à des attaques informatiques que ses concurrents.

(avec Reuters et AFP)

Pierre Manière
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Commentaires 11
à écrit le 02/07/2019 à 14:35
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Donald va pleurer Windaube ... vient de perdre, Huawey aussi ... c'est très silencieux, le logiciel libre vient de gagner la partie mondiale ! Tout ce passe dans un silence assourdissant. C'est fait ! ;o))) Face de ...

à écrit le 02/07/2019 à 10:59
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Tant qu'il ne met pas de l'eau dans le nôtre !

à écrit le 01/07/2019 à 22:24
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La partie sur les liens avec l'armée chinoise est assez obscure. Il me semble qu'un très grande nombre d'entreprise US ont des contrats avec l'armée US (Boeing, Raytheon, Space X, Qualcomm, Cisco, Intel...) et ça ne pose de problème à personne. Quel ...

le 02/07/2019 à 10:12
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C'est que les chinois, pour la première fois dans l'histoire contemporaine sont en avance technologiquement sur les USA pour ce qui est de la 5G. Le seul moyen pour les autres de les rattraper, est de les bloquer sur les marchés, le temps pour les...

à écrit le 01/07/2019 à 21:52
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à écrit le 01/07/2019 à 20:32
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La politique de Trump ne fonctionne pas. Le déficit commercial des USA vis a vis de la chine s'est accru de 30% depuis son arrivée au pourvoir. La menace est inopérante pas avec certains pays (la Chine, l'Iran, la Corée du Nord...) et elle est s...

le 01/07/2019 à 22:47
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@encore un echec Et qu'en serait il sans rien faire.. Vous auriez les resultats..? Non Et de plus vous faites abstractioin qu'ici on est dans une politique a long terme et non a court terme.. Et que fais l'europe vis a vis de la chine, sur le vo...

le 02/07/2019 à 10:26
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Sil n'avait rien fait la situation ne serait pas aussi catastrophique. L'Iran serait en voie de normalisation sur le plan nucléaire, économique et diplomatique. Ce pays serait un allié solide pour le retour de la paix en Irak et la lutte contre Da...

à écrit le 01/07/2019 à 20:11
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Trump va faire machine arrière dans la guerre commerciale qu'il a engagée avec la Chine. Et choisir une proie facile : l'Europe est toute désignée. Cela ne présage rien de bon pour notre Europe divisée.

à écrit le 01/07/2019 à 18:16
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Huawei a travaillé avec des chercheurs de l'armée chinoise? Et bien ça ne me surprend pas du tout c'est une entreprise de télécommunications. Et sinon où sont les preuves pour l'espionnage?

à écrit le 01/07/2019 à 15:55
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Le temps qu'il a du mettre à travailler une telle expression physique, les américains sont des bosseurs et c'est pour ça qu'ils dominent encore et toujours le monde et ils travaillent pour cela, tous ensemble classes dirigeantes et dirigées, pour leu...

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