Telecom Italia s’enlise dans les difficultés

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Ce vendredi, en milieu d'après-midi le titre Télécom Italia perdait 5,90%, à 0,51 euros, à la Bourse de Milan.
Ce vendredi, en milieu d'après-midi le titre Télécom Italia perdait 5,90%, à 0,51 euros, à la Bourse de Milan. (Crédits : Remo Casilli)
De l’autre côté des Alpes, l’opérateur historique est à la peine. Au troisième trimestre, il a fait état d’une énorme perte de 1,4 milliard d’euros. De quoi refroidir des investisseurs, qui ont sanctionné le titre à la Bourse de Milan.

Telecom Italia traverse une bien mauvaise passe. L'opérateur historique italien a publié, ce jeudi, une perte nette de 1,4 milliards d'euros au titre du troisième trimestre. Sachant qu'un an auparavant, à la même période, il affichait un bénéfice de 437 millions d'euros. Si le groupe affiche un si mauvais résultat, c'est notamment parce qu'il a réalisé des dévaluations d'actifs pour un montant de 2 milliards d'euros. Dans un communiqué, l'opérateur précise que celles-ci seraient dues « à la détérioration du cadre compétitif et de la régulation, et à des taux d'intérêt plus élevés ».

Telecom Italia a beau assurer que ces dépréciations ne modifient pas « les priorités stratégiques [de son] plan triennal », il n'a pas, en parallèle, confirmé son objectif, à fin 2018, d'un ratio de dette nette financière rectifiée sur Ebitda de 2,7.

Concurrence d'Iliad qui casse les prix, coût des fréquences 5G...

Pour se justifier, le groupe a évoqué de « nombreux facteurs ». Parmi eux, il y a l'amende de 74 millions d'euros infligée par Rome en mai dernier. Aux yeux du gouvernement, l'opérateur a manqué à ses obligations d'information concernant le resserrement du contrôle de Vivendi sur Telecom Italia en 2017.

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Telecom Italia a également évoqué le contexte de consolidation dans un contexte concurrentiel important, les tensions liées à la régulation sur le marché intérieur, ou encore la faiblesse du taux de change du real brésilien. Il faut dire que depuis le mois de juin, Telecom Italia est confronté à la concurrence d'Iliad dans le mobile. Pour se faire un nid sur le marché, la filiale italienne du groupe de Xavier Niel se montre très agressive en cassant les prix.

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En outre, Telecom Italia a récemment dépensé une fortune pour acquérir des fréquences 5G. Le mois dernier, au terme d'enchères folles, l'opérateur historique a déboursé pas moins de 2,4 milliards d'euros pour ces actifs. Cela inquiète particulièrement les analystes financiers, qui se demandent si l'opérateur, tout comme ses concurrents, pourront rentabiliser cet investissement. Dans le cas contraire, certains jugent que cet épisode pourrait bien se solder, au final, par d'importants plans d'économies et des licenciements.

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Nervosité des investisseurs

Ces déboires attisent la nervosité des investisseurs. Ce vendredi, le titre Telecom Italia perdait 5,90% en milieu d'après-midi, à 0,51 euros, à la Bourse de Milan. En parallèle, Vivendi, qui est le premier actionnaire de Telecom Italia avec 24% du capital, a profité de la publication des résultats trimestriels pour tacler le fonds américain Elliott, qui lui a chipé le contrôle du conseil d'administration début mai. Selon l'AFP, le géant français des médias s'est dit « extrêmement préoccupé par la dégradation des résultats sur le plan industriel et par la chute du cours en Bourse ». Pour Vivendi, « les résultats reflètent la défaillance de la nouvelle gouvernance » et « sa politique 'court-termiste' ».

Lire aussi : Contrôle de Telecom Italia : Vivendi défait par Elliott

En outre, l'industriel français s'est dit « très surpris par la décision du conseil d'administration de passer 2 milliards d'euros de provisions pour des dépréciations ». « C'est une décision soudaine et inhabituelle en cours d'exercice », a dit le groupe. « On peut s'interroger sur la volonté d'Elliott de faire chuter le cours de Bourse », alors qu'il est protégé par une clause ("collar") avec JP Morgan en cas de baisse, a-t-il ajouté. C'est dans ce contexte particulièrement tendu que Telecom Italia va devoir trouver le moyen de remonter la pente. Un sacré défi.

(avec AFP)

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