Quelques semaines après la tenue du salon de la restauration et de l’hôtellerie à Lyon (Sirha), qui a battu les records de fréquentation, les professionnels du secteur dressent un bilan en demi-teinte de l'année 2024.Flambée du prix du blé et de l'électricité, pouvoir d'achat en berne... Le tout dans un contexte politique et géopolitique incertain : en 2024, le monde de la restauration n'a pas été épargné par les difficultés, perdant au passage une part importante de son activité, notamment sur les déjeuners.
« C'est sur ce créneau qu'on observe la plus importante perte de clientèle chez tous les acteurs », confirme Thibault Salvat, restaurateur et président de la branche restauration de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie du Rhône (Umih). Avec une disparité notable en fonction des entreprises : « En règle générale, les établissements étoilés fonctionnent encore correctement et la restauration d'entrée de gamme s'en sort plutôt bien, mais celle de milieu de gamme souffre beaucoup. »
Le nombre d'ouvertures d'établissements (traditionnels et de restauration rapide) marque ainsi une chute prononcée entre 2022 (1 500 ouvertures) et les huit premiers mois de 2024 (493). Si la restauration rapide a aussi marqué le pas en termes d'ouverture l'an dernier (279 entre janvier et août 2024 contre 501 en 2023), on observe cependant une centaine de fermetures en moins sur la même période. La restauration traditionnelle, quant à elle, tient le cap avec 214 nouveaux établissements sur les huit premiers mois de 2024 contre 335 en 2023, et 90 fermetures en moins.
Snacking et concerts boostent la restauration
Des chiffres qui soulignent aussi un engouement pour le snacking, même si une régulation est notable sur l'année qui vient de s'écouler.
« Il existe une vraie concurrence sur le snacking, les boulangeries, les points chauds avec de plus en plus de plats cuisinés proposés. Les coûts sont moins élevés et on observe un développement de l'offre sur le fast-food important avec des petits restaurants » proposant de la cuisine du monde, développe Thibault Salvat.
Selon le restaurateur, cet essor devrait se poursuivre. « Il y a désormais des fournisseurs spécialisés sur ce segment, des salons qui y sont dédiés. C'est une offre qui va continuer à prendre des parts de plus en plus importantes sur la restauration du déjeuner », poursuit-il.