La gestion des barrages implique parfois des opérations exceptionnelles. C'est le cas du largage des sédiments qui se sont accumulés dans la retenue du barrage de Verbois en Suisse, situé sur le Rhône à la sortie du Lac Léman. Venus naturellement de la vallée de l'Arve (près de Chamonix, Haute-Savoie), leur cheminement naturel a en effet été rompu par l'ouvrage hydroélectrique.
Ainsi, tous les quatre ans environ, depuis son lancement en 1944, les autorités suisses relâchent ces fragments de roches et ces boues (argile, limon, sable) en aval de l'ouvrage afin de protéger Genève du risque d'inondation lié au rehaussement du niveau de sa retenue. Cette opération implique, cette année, de larguer quelque 1,5 million de tonnes de sédiments sur les 5 millions de tonnes accumulées dans son lit. Soit environ 600 piscines olympiques rejetées et dispersées à l'aval du fleuve, et ce, en l'espace de quelques jours, du 15 au 27 mai 2025.
Cette opération sensible implique une coopération étroite entre les autorités suisses et françaises. En aval de Genève, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) doit en effet « accompagner » ces sédiments le plus loin possible, tout en évitant trois principaux écueils : assurer la sûreté des équipements et des personnes, ne pas porter atteinte à la biodiversité, ni à l'alimentation en eau potable. Cela, en respectant un plafond de concentration, fixé à 5 grammes de sédiments par litre d'eau.