Barrages : comment la France espère éviter l'ouverture à la concurrence
Emma Rodot et Maxime Giraudeau
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Le barrage de Bort-les-Orgues sur la Dordogne, lancé en 1952 à la jonction entre la Corrèze, le Cantal et le Puy-de-Dôme, est opéré par EDF Hydro. Le contrat de concession est pourtant échu depuis 2012.
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Les députés Marie-Noëlle Battistel et Philippe Bolo rendent dans les prochains jours les conclusions de leur mission d'information sur l'avenir des barrages, alors que l'Union européenne demande leur mise en concurrence. Les deux députés esquissent des pistes de protection des trois grands opérateurs historiques français : EDF, la CNR et la SHEM.
Qui, demain, pour opérer les barrages hydroélectriques français, représentant environ 13 % du mix électrique ? Alors que l'Union européenne presse la France de mettre en concurrence les concessions de ses grands barrages, représentant 90% de la production hydroélectrique française, les deux députés Marie-Noëlle Battistel (PS, Isère) et Philippe Bolo (Horizon, Maine-et-Loire) rendront dans les prochains jours les conclusions de leur mission d'information lancée en octobre.
Avec, comme ligne de conduite : réussir à conserver ces concessions dans le giron français, via les trois grands opérateurs historiques que sont EDF (à 70%), la Compagnie nationale du Rhône (CNR, 25%) et la Société hydroélectrique du midi (SHEM, 3%), filiale d'Engie. Cela, alors que l'Etat a été deux fois mis en demeure par Bruxelles (en 2015 et en 2019) d'intégrer le cadre européen.
« L'objectif de cette mission est de sortir du contentieux européen. Il faut avoir l'assurance qu'avec ce qu'on va proposer, l'Union européenne lève le contentieux pour ainsi libérer l'investissement », souligne à La Tribune Marie-Noëlle Battistel, l'une des architectes de cette stratégie française.
Sortir du contentieux européen
La Commission demande en effet depuis 2008 à ses Etats membres de mettre leurs barrages sur le marché. Cela, dans la continuité de la fin du « droit de préférence » à l'opérateur sortant, et pour répondre au quasi monopole d'EDF sur l'hydroélectricité française, alors même que la société a perdu son statut d'établissement public en 2004.
Pas question pour autant de répondre aux exigences de Bruxelles pour les deux députés à la tête d'une mission d'information transpartisane. Et ce pour deux raisons. L'énergie est désormais considérée par l'État comme un haut sujet de souveraineté. Le pilotage des barrages revêt également d'importantes contraintes techniques, en particulier sur les 50 ouvrages dont la puissance est supérieure à 100 MW. Confier leur exploitation à des opérateurs inexpérimentés nourrirait donc des risques de sécurité.
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