Pourquoi l'Etat abandonne le projet de barrage Rhônergia
Emma Rodot
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Ici, une vue du barrage du Pouzin, en Ardèche.
DR/C.Moirenc/photothèque CNR
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Ici, une vue du barrage du Pouzin, en Ardèche.
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[ Article publié le 2 septembre à 16 h 58, mis à jour avec la réponse d'EDF le 3 septembre à 17 h 10].
Le climat politique a retardé cette décision, attendue à partir de fin juin, mais le dossier Rhônergia était bien en haut de la pile des sujets traités par Bercy à la rentrée : ce projet de nouveau barrage sur le Rhône, d'une puissance de 40 MW et confié par l'Etat à la Compagnie nationale du Rhône (CNR) lors du renouvellement de sa concession en 2022, est finalement abandonné par le gouvernement au sortir d'une concertation publique de trois mois, entre décembre et février 2024.
Jugé trop coûteux sur le plan économique comme environnemental, le projet situé entre les communes de Loyettes (Ain) et de Saint-Romain-de-Jalionas (Isère) prévoyait d'ajouter un barrage sur l'un des derniers tronçons naturels du Rhône. Avec une production annuelle estimée à 140 GWh, il aurait pu alimenter 60.000 foyers en électricité, hors chauffage, grâce à sa chute de 6,8 mètres et sa retenue de 22 kilomètres, visant à ralentir le débit du fleuve.
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Lors de la concertation, le projet, d'un coût estimé à 330 millions d'euros, a rencontré la frilosité d'associations environnementales, d'élus, mais également d'acteurs institutionnels. Dans son cahier mis en ligne en février, l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse, établissement public de l'Etat, demandait notamment à modéliser « les risques de désordres et de dégradations » du projet sur le régime écologique du Rhône. Déplacements sédimentaires, ralentissement du débit du fleuve et échauffement : plusieurs problématiques environnementales étaient pointées du doigt.
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