Le décret pour interdire la vente de couteaux aux mineurs est attendu dans les prochains jours. Après le décès d'une surveillante, tuée à l'arme blanche par un collégien de 14 ans à Nogent (Haute-Marne), le Premier ministre entend durcir la législation. Dans la foulée du drame, le chef du gouvernement a expliqué vouloir « élargir la liste des armes » blanches interdites à la vente, alors que seuls poignards et couteaux-poignards sont concernés pour l'instant.
Les détails du texte ne sont pas encore connus mais cela demanderait de définir et différencier les couteaux qui « constituent des armes » de ceux qui resteraient autorisés. Les fabricants français de couteaux sont, en tout cas, en première ligne. D'autant que Didier Georges, secrétaire national du principal syndicat de chefs d'établissement (SNPDEN) indiquait sur Europe 1, en février dernier, que ses collègues trouvaient de plus en plus d'Opinel 8, petits couteaux de la marque savoyarde, dans les sacs des élèves. Selon lui, « un phénomène visiblement lié à des clips de rap d'artistes comme Jul ou de Nino, dans lesquels ces armes blanches sont mises en avant ».
Si Opinel ne souhaite pas prendre la parole, l'entreprise précise simplement à La Tribune :
La Fédération Française de la Coutellerie déplore, elle aussi, « ces drames » mais appelle à ne pas faire « d'amalgames ». Son président Yann Delarboulas, précise, d'ailleurs, que les couteliers français ne vendent quasiment pas de couteaux aux mineurs et que ces derniers ne sont pas intéressés par leurs produits, notamment à en raison de leurs prix. Toujours selon lui, la moyenne d'âge de leur clientèle se situe plutôt autour des 35-40 ans.