Il y a deux ans, un élève de cinquième est surpris en possession d'un couteau dans le collège parisien Georges-Duhamel. À l'infirmière scolaire qui le reçoit, il explique qu'il ne comptait pas s'en servir, et qui l'avait seulement pris « pour se protéger, au cas où ». Rapidement, l'infirmière Mathilde Varrette détecte un mal-être chez l'adolescent : « Il avait été harcelé et il se sentait en danger », se souvient-elle.
Depuis le 26 mars, 186 couteaux ont été retrouvés lors de 6 .002 fouilles à l'entrée des collèges et des lycées. C'est justement lors de l'un de ces contrôles à Nogent qu'une surveillante a été tuée par un élève.
La ministre de l'Éducation nationale, Élisabeth Borne, a depuis annoncé que chaque établissement devra se doter d'un « protocole de repérage et de prise en charge des situations de souffrance psychologique chez les jeunes » d'ici à la fin de l'année. « Si un jeune [...] peut présenter des problèmes psychologiques, psychiques, voire psychiatriques, il faut qu'il y ait une forme de coupe-file pour que sa prise en charge soit assurée, notamment dans les centres médicaux psychologiques », a-t‑elle précisé.
Pourtant, malgré les nombreux faits divers en milieu scolaire médiatisés récemment, il n'y aurait pas, en réalité, d'augmentation moyenne de la violence à l'école, selon le psychopédagogue Éric Debarbieux, auteur de plusieurs enquêtes de victimation depuis les années 1990. 84,5 % des personnels interrogés disaient même se sentir respectées par leurs élèves, dans le rapport qu'il a rédigé en 2022 avec le professeur en sciences de l'éducation Benjamin Moignard. Mais la santé mentale est, elle, bien en question.