REPORTAGE — Mélanie Grapinet, la surveillante tuée devant son collège de Haute-Marne par un adolescent de 14 ans, sera enterrée mardi. Dans la commune, le traumatisme est collectif.Sur les grilles du collège Françoise-Dolto, au milieu des centaines de roses et des bougies, une enfant a épinglé un dessin. On y voit une maison, une dame blonde et souriante postée devant l'entrée. À l'extérieur, un bonhomme est tracé, levant les bras, menaçant. Il tient un couteau. Cette figure blonde, c'est Mélanie Grapinet, une surveillante de 31 ans tuée quelques jours plus tôt par un élève de 14 ans à l'entrée de ce collège de Nogent, en Haute-Marne, tandis que les gendarmes effectuaient un contrôle des sacs. Sept coups de couteau lui ont été portés. Depuis, c'est toute l'insouciance de cette commune qui s'est envolée.
« Ces images, mon fils il les aura toute sa vie dans sa tête », redoute Ophélie, maman d'un collégien en classe de quatrième. À trois mètres de la victime au moment des faits, « il a vu toute la scène ». Assez mutique depuis, il a tout de même dû témoigner auprès de la police.
Ce vendredi, Ophélie l'attend à la sortie du collège pour assister avec lui à la marche blanche organisée par les proches de Mélanie. Dans cette petite commune de 3.500 habitants, ce sont 1.500 personnes qui sont venues manifester leur soutien à la famille. Pour se joindre à elles, dans un bourg où tout le monde se connaît, de nombreux commerçants ont baissé le rideau. Par ce jour de forte chaleur, la foule s'élance silencieusement, depuis le lieu du drame jusqu'à l'hôtel de ville de Nogent. En tête du cortège, une banderole déployée avec le message « Mélanie repose en paix » et le frère de la victime qui tient sa mère, tête contre tête.
« Pourquoi il a fait ça ? »
Aux participants, la famille avait distribué des tee-shirts imprimés du visage de Mélanie tout sourire. « Pour symboliser la joie de vivre de Mélanie, il est demandé aux participants de ne pas porter de vêtements de couleur sombre », avaient par ailleurs demandé ses proches dans des messages postés sur les réseaux sociaux. Ancienne coiffeuse, Mélanie Grapinet exerçait depuis quelques mois seulement en tant qu'assistante d'éducation après une reconversion professionnelle. Elle laisse derrière elle son fils de 4 ans. Dans les rues de Nogent ce vendredi après-midi, seule une chanson composée en son hommage vient rompre le silence. Les paroles rappellent les circonstances du drame : « Qu'on me dise pourquoi, qu'on me dise comment, une surveillante meurt sous les coups d'un enfant. »
Léna Ménager, envoyée spéciale à nogent (Haute-Marne)