"Nous rassembler pour battre Laurent Wauquiez avec un projet de société" (Fabienne Grébert, EELV AuRA)
Marie Lyan
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"Nous avons une chance extraordinaire de transformer cette crise en opportunité, afin de permettre à des gens qui habitent à proximité de découvrir leur patrimoine et pas uniquement dans des usines à ski", estime la candidate écologiste.
REGIONALES 2021. Elle est la première candidate "déclarée" en Auvergne Rhône-Alpes. Fabienne Grébert, une haut-savoyarde de 55 ans, a décroché la tête de liste des écologistes cette fin d'année en vue des régionales 2021. Elle a donné le coup d'envoi de sa campagne mi-janvier, en impulsant une tribune pour la montagne, et nous livre sa vision pour la deuxième région de France, où les écologistes aimeraient bien réaliser un triplé gagnant, après avoir conquis la ville et la métropole.
Vous avez publié mi-janvier une tribune appelant à un nouveau modèle de développement pour la montagne. Qu'y défendez-vous exactement, quelle est votre vision pour la montagne de demain ?
"Personnellement, je me sens touchée personnellement par ce sujet, étant donné que j'habite à Annecy, dans les Alpes.
L'avenir de la montagne est aujourd'hui frappé par la crise sanitaire, mais il l'était déjà hier ou demain à cause du réchauffement climatique, à cause d'un modèle économique qui n'est pas durable, et qu'on continue de soutenir et d'encourager.
Je comprends tout à fait les difficultés que rencontrent certains acteurs économiques de la filière (commerçants, hôteliers, compagnies de remontées mécaniques, etc) mais quoi que l'on en dise, 80 % de nos stations de ski ne fonctionneront plus de la même façon à l'échéance de 2050.
Une région comme la nôtre a le devoir de préparer l'avenir et d'anticiper ces changements inexorables en préparant les habitants et les acteurs économiques ainsi que le monde du sport à ce contexte."
Vers quel modèle souhaitez-vous amener la Région ?
"Il faudrait passer d'un tourisme de masse vers un tourisme d'espace. Aujourd'hui, seul 2 % de la montagne est exploité dans une logique de massification, avec des domaines skiables qui sont de plus en plus grands et avec des forfaits de plus en plus chers, pour une clientèle de plus en plus fortunée.
Or, nous devons travailler à la préservation de nos espaces et recréer une offre de tourisme 4 saisons, en été comme en hiver, avec le développement d'activité pérenne qui marche toute l'année pour tirer le meilleur parti du capital humain qui habite sur ces zones et qui les fait vivre.
Aujourd'hui, plus personne ne prend l'avion et nous avons une chance extraordinaire de transformer cette crise en opportunité, afin de permettre à des gens qui habitent à proximité de découvrir leur patrimoine et pas uniquement dans des usines à ski, mais également au détour d'un petit village et d'acteurs qui font la vie culturelle sociale ou économique de ces bassins".
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Existe-t-il cependant un modèle pour faire vivre ce type de tourisme, alors que l'on constate aujourd'hui que si le public est venu consommer des activités en montagne cet hiver, les acteurs économiques affichent tous des chutes de revenus allant de - 70 à -90 % ?
"Il n'existe pas de solution miracle et probablement pas un seul modèle économique, mais plusieurs à inventer.