Transport routier : une pénurie de 60.000 conducteurs supplémentaires d'ici 2035
Stéphanie Gallo Triouleyre
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D'ici dix ans, il pourrait manquer 60.000 chauffeurs en France.
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D'ici dix ans, il pourrait manquer 60.000 chauffeurs en France.
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Après six années de vives tensions sur le marché de l'emploi, la situation semble aujourd'hui plus détendue chez les transporteurs. Alors que 67% des dirigeants d'entreprises de transport routier signalaient en avril 2019 des difficultés à recruter des conducteurs - contre 43% pour les services et 50% pour les industries manufacturières - ils ne sont désormais plus que 40% à rencontrer des difficultés. Soit un taux comparable aux autres secteurs marchands, selon une enquête réalisée par l'Union TLF, deuxième organisation professionnelle du secteur du fret avec 2.000 entreprises adhérentes et près de 200.000 collaborateurs.
Dans cette note économique dont La Tribune a pu prendre connaissance et qui agrège de nombreuses données issues notamment des enquêtes de France Travail, de la DARES (Direction de l'Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques) et de l'AFT Transport et logistique, l'Union TLF pointe un rapport favorable au recrutement en 2024 : 1,45 demandeur d'emploi pour chaque offre de conducteur longue distance, contre seulement 1,1 il y a deux ans.
À première vue, le constat semblerait donc plutôt réjouissant pour la profession. Mais il s'agirait d'une perspective en trompe-l'œil, alerte le syndicat professionnel. Une perspective faussée par le ralentissement économique actuel générant une demande moindre de fret, et donc, par conséquent de conducteurs. « On sait que les tensions de recrutement dans le secteur du transport de marchandises sont très sensibles aux cycles conjoncturels », souligne ainsi Nancy Noël, directrice générale adjointe de l'Union TLF. « Actuellement, il est certes moins difficile de recruter un conducteur qu'il y a deux ans, mais ce n'est pas non plus une tâche aisée. Cela signifie que dès que la conjoncture économique sera meilleure, les difficultés du secteur seront très importantes. »
Stéphanie Gallo Triouleyre
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