L'Afer n'exclut pas de participer au procès civil contre ses fondateurs

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Gérard Bekerman, président de l'Afer, a répondu aux questions de La Tribune suite à la condamnation de Gérard Athias et André Le Saux.

La Cour de Cassation a confirmé mercredi l'arrêt de juin 2008 de la Cour d'appel. Celle-ci avait reconnu Gérard Athias, ancien président de l'Afer, et André Le Saux, ancien trésorier, coupables d'abus de confiance à l'encontre de l'association et de ses adhérents. Verdict : 2 ans de prison avec sursis, versement à l'Etat de 92 millions d'euros et 200.000 euros d'amende, indemnisation des 400 adhérents s'étant portés partie civile à hauteur de 300.000 euros, plus 150.000 de remboursement de frais de justice.

Restent toutefois plusieurs interrogations auxquelles a répondu Gérard Bekerman, actuel président de l'Afer.

La Tribune : l'Afer ne s'est pas portée partie civile au procès contrairement à certains adhérents qui viennent donc d'obtenir une indemnisation au titre de leur préjudice reconnu par les juges. L'association va-t-elle changer d'avis et entreprendre un procès civil afin que tous les adhérents concernés soient indemnisés ?

Gérard Bekerman : Je ne peux pas prendre une décision si importante sans étudier en détail l'arrêt, voir avec mon conseil d'administration et, avant tout, recueillir l'avis de nos adhérents. Il faut se demander ce que les adhérents pourraient en retirer. C'est à la lumière de ces informations que nous pourrions alors nous prononcer. L'"affaire" de l'Afer appartient à l'histoire. Montesquieu avait raison, le pire dans la justice, ce n'est pas la justice qui est rendue, c'est le temps qui passe, c'est le délai. L'Afer, pendant ce temps, a travaillé. J'aime cette mission. Nous avions 19 milliards d'euros au moment des faits. Nous avons 43 milliards aujourd'hui. Une ère nouvelle de transparence règne désormais sur l'Afer.

La condamnation des fondateurs de l'Afer vient d'être confirmée par la Cour de cassation. Ils doivent verser 92 millions d'euros à l'Etat. Ce montant va-t-il affecter les fonds des épargnants Afer ?

Non, en rien du tout. Ces 92 millions, la Cour vient de décider que ce serait l'argent de l'Etat. Vous savez, c'est une histoire ancienne. A vrai dire, il n'y a rien de nouveau, c'est la confirmation de la décision de la Cour d'appel. Et on ne commente pas une décision de justice.

Cette condamnation porte-t-elle atteinte d'une quelconque manière au contrat Afer ou au rendement pour 2009 ou pour les années à venir du fonds en euros ?

Elle ne porte atteinte ni hier, ni aujourd'hui, ni demain. Le début des faits doit remonter à près d'un quart de siècle et cela ne peut donc avoir aucun impact. Quant au contrat Afer, je suis heureux de vous dire qu'il se porte bien, il se porte même très bien. Vous le verrez quand j'aurai le plaisir d'annoncer les résultats le 12 janvier 2010.

Est-ce que l'Afer a pris des mesures pour qu'un abus ou un détournement ne puisse pas se produire dans l'avenir ?

J'apprécie beaucoup votre question. J'entame ma troisième année de présidence et quand je suis arrivé à l'Afer, ma première décision a été d'établir des garde-fous, un socle vertueux de bonne gouvernance grâce à des assemblées générales qui exercent leur réel pouvoir, grâce à un conseil d'administration stable et serein, qui ne change plus comme on changeait de gouvernement sous la IVe, grâce à un comité des sages qui n'existait pas à l'époque, grâce, enfin, à des audits réguliers.

L'argent des épargnants est-il en sécurité sur le contrat Compte Afer ?

Oui, sans le moindre doute. L'Afer, c'est un îlot de stabilité dans un océan de turbulences financières dont son modèle l'a protégé. Nous venons d'accueillir le
700 000e adhérent et gérons 43 milliards d'euros. Notre contrat est simple. Notre philosophie est bonne. Nous ne sommes pas une banque, pas une compagnie d'assurance. Nous sommes une association fière de donner satisfaction à ses adhérents.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2009 à 21:10 :
A l'heure où l'on parle de la moralisation du capitalisme et de la vie des affaires, plus que de coutumes, on ne voit pas en quoi l'Afer se retient aussi pudiquement à se constituer partie civile ? ... sauf à se partager le gâteau entre personnes de bonne compagnie ?
Mais, celà je n'ose y croire !

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