Besoin ponctuel d'argent : les solutions manquent

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Qu'il s'agisse d'un crédit revolving ou d'un découvert bancaire, les taux pratiqués par les établissements sont souvent prohibitifs.

Utile. Tel est l?adjectif employé par Christine Lagarde pour qualifier le crédit renouvelable, ou crédit revolving, lorsque, le 14 octobre dernier, le député socialiste Jean-Marc Ayrault a proposé sa suppression pure et simple. Fin octobre, l?Assemblée Nationale a donné raison à la Ministre de l?économie en rejetant la proposition de Loi en première lecture.

Effectivement, sur le principe, ce type de crédit a le mérite de la simplicité. Accordées par les banques et les établissements de crédit spécialisés, ces réserves d?argent peuvent être utilisées lorsqu?on souhaite faire face à un besoin de trésorerie ou à une dépense imprévue. Et l?emprunteur peut rembourser la totalité de la somme utilisée à tout moment, et sans pénalité.

Mais, avec un taux frôlant parfois les 20 %, ce n?est pas un hasard si le crédit revolving est impliqué dans 7 dossiers de surendettement sur 10. D?après les chiffres publiés en début de mois par l?ASF (association française des sociétés financières), les établissements spécialisés ont vu fondre leur production de 16,1 % entre septembre 2008 et 2009. Il faut dire que les promotions alléchantes (mois gratuits, taux préférentiel ...) sont souvent applicables sur les montants les plus faibles, ou consistent en un simple report dans le remboursement. Si la réforme de Christine Lagarde sur le crédit à la consommation améliorera dès 2010 l?information des souscripteurs et empêchera les dérives publicitaires, elle ne modifiera en rien les taux en vigueur dans le revolving.

Avec la baisse des taux à court terme depuis plusieurs mois, la logique aurait voulu que les crédits renouvelables suivent la tendance. Or, il n?en est rien : la moyenne des taux d?intérêt pratiqués ont toujours oscillé entre 14,5 % et 15,5 % depuis fin 2003. Pourtant, le Ministère de l?économie et des finances fixe, chaque trimestre, un taux dit « d?usure », qui représente le niveau qu?un établissement n?a pas le droit de dépasser. En réalité, ce taux d?usure n?est pas calculé en fonction d?indicateurs économiques (taux directeurs, eonia, Euribor 1 an ?) mais selon la moyenne des taux effectifs constatés, à laquelle on ajoute un tiers. Autrement dit, plus les établissements pratiquent des revolving élevés ... et plus le taux d?usure augmente ! Depuis le 1er octobre, ils s?établissent à 20,2% pour les sommes supérieures à 1.524 euros (voir graphique ci-dessus) et à 21,4 % sinon.

L?autre solution consiste à utiliser le découvert autorisé de sa banque. Le principe est quasiment identique à celui d?un revolving (il s?agit aussi d?une sorte de réserve d?argent disponible), mais les taux sont largement inférieurs. Sauf que, comme l?a montré la récente étude de l?association « 60 millions de consommateurs », menée auprès de 13 offres bancaires, des frais fixes, pouvant aller de 5,90 à 10 euros sont souvent rajoutés. Une fois intégrés au TEG (taux effectif global), l?association estime que l?on dépasse largement le taux d?usure. C?est ce qui s?appelle tomber de Charybde en Scylla?

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