Frileux, les Français sont toujours réticents à investir

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Malgré le fait que la France soit le pays où l'on compte le plus d'épargnants, le passage à l'investissement reste difficile.
Malgré le fait que la France soit le pays où l'on compte le plus d'épargnants, le passage à l'investissement reste difficile. (Crédits : THIERRY ROGE)
Les Français, champions incontestés de l'épargne, figurent en revanche parmi les Européens les moins enclins à investir, selon une étude de la société de gestion d'actifs américaine Legg Mason publiée mardi.

Les particuliers français sont 56% à détenir de l'épargne sans la placer, soit le taux le plus élevé des 17 pays où l'étude de Legg Mason a été réalisée, loin devant la moyenne mondiale (39%) et européenne (43%). Et ils sont les moins enclins à investir cet argent, révèle la cinquième édition de la "Global Investment Survey". Ainsi, seul un sondé français sur quatre se dit prêt à franchir le pas de l'investissement, contre 45% pour la moyenne globale, ce qui place la France au dernier rang de l'étude en la matière.

Ce conservatisme hexagonal dans le domaine de l'investissement s'explique par plusieurs facteurs, selon l'étude, au premier rang desquels on retrouve les conséquences de la crise financière de 2007-2008. En effet, alors que plus de la moitié des Européens (52%) estiment que cet événement continue de les influencer dans une certaine mesure, la proportion monte à 61% chez les Français.

De même, les Français sont 54% à n'e pas être optimistes quant aux performances des investissements sur les douze prochains mois, contre 44% pour les investisseurs européens, faisant des investisseurs de l'Hexagone les plus pessimistes à l'échelle mondiale.

Frileux... et chauvin ?

Préférant la "continuité" (46%) dans leur approche financière à "l'ambition", valeur qui arrive pourtant en tête de la moyenne globale des pays sondés, les investisseurs français privilégient donc assez logiquement des actifs jugés peu risqués. C'est le cas en particulier de l'immobilier, qui représente 26% de leurs allocations d'actifs, une proportion bien supérieure à la moyenne globale (13%) et européenne (15%).

"Près d'un quart (des Français) (23%) estime qu'investir dans l'immobilier est le meilleur choix d'investissement qu'ils ont fait au cours des dix dernières années, ce chiffre étant le plus élevé en Europe. Mais cette tendance repose aussi sur le fait que l'immobilier est souvent perçu comme une valeur refuge dans des temps incertains", explique Vincent Passa, directeur de Legg Mason France, cité dans un communiqué.

En outre, les Français ne dérogent pas à leur réputation de chauvinisme lorsqu'il s'agit d'investir, avec 88,31% d'investissements effectués dans leur propre pays, un record parmi les Européens. Au niveau mondial toutefois, la France arrive derrière la Chine selon ce critère.

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L'enquête "Global Investment Survey" de Legg Mason a été réalisée entre le 12 janvier et le 20 février 2017 auprès d'échantillons nationaux représentatifs de 900 sondés dans 17 pays différents, représentant un panel total de 15.300 personnes.

Lire aussi : Mal-logement, bio... l'épargne solidaire séduit (presque) toujours autant les Français

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 15/08/2017 à 22:10 :
en m'attirant sur la Bourse la caisse d'épargne m'a truandé 4500 euros !
a écrit le 01/06/2017 à 19:32 :
Ben ce n'est pas surprenant, nous avons tous étés victimes de placements d'intéressements en SICAV et 5 ans après un bénéfice ridicule bien inférieur à l'inflation, bien sur les banquiers s'étaient gavés pendant ce temps-la.
Tout comme nos retraites complémentaires qui devaient être bien placées et donner des retraites de fonds de pension passées à la portion congrue.
Par contre nos biens immobiliers ont pris une belle envolée + les loyers ou non loyers, ont est 100% gagnants.
Ma maison achetée en 1992 210000f vaut actuellement autant mais en Euro et +!
Placer son fric en actions, ça doit être chouette, mais pas en France, les intermédiaires se foutent de la gueule du monde, sont malhonnêtes ou pires, incompétants.
a écrit le 31/05/2017 à 21:29 :
Pas réticent mais effrayé par le montant des taxes et impôts. Un exemple sur 1492,40€ de dividendes, l Etat me confisque 213,32€ pour les prélèvement sociaux, 313,40€ acomptes d'impôts, et en octobre 288€ correspondant à ma tranche d'impôts. J'oubliais l'entreprise a elle aussi payé l'IS.
Je réinvesti toujours les dividendes mais cet investissement est systématiquement réduit par les ponctions de l'Etat. Je ne suis pas frileux mais ulcéré par l'Etat
a écrit le 31/05/2017 à 11:10 :
Tout dans l'immobilier. Effet de levier grâce aux taux très bas, couverture face à l'inflation future, loyers perçus et assurés, croissance démographique, précarité des jeunes sur le marché de l'emploi donc impossibilité d'emprunter sur de longues périodes et de devenir propriétaire!!! Garder 3 mois de salaires en épargne liquide (Livrets) pour la sécurité....

Pour les plus courageux, possibilité d'investir dans des actions de rendements type tunnel, pont, société en position de quasi-monopole...

Voilà, pour le reste, c'est du blabla, réservé aux professionnels.
Qu'ils aillent investir dans les biotechs, PME et autres. Si ils ont assez de pognons pour se faire plumer...

PS: être un couple de fonctionnaire, cela rassure son banquier pour les crédits sur le locatif, et en plus on n'est pas soumis aux aléas économique. Le 27 mois, le salaire tombe!!!
a écrit le 31/05/2017 à 10:38 :
C'est aussi culturel, un manque de connaissances et en partie le fait d'avoir un pays très administré.

Chat échaude... et si on reprend l'histoire :
-canal de Suez
- scandale de Panama
- emprunts russes
- tunnel sous la manche
etc...
Ce qui amène à se méfier des grands travaux (sauf si on dispose de la potion magique), à se méfier des banques (pas de toutes heureusement), se méfier de l’État actionnaire.
Mieux vaut investir dans des entreprises, plutôt que dans de grands discours et des promesses. L’idéal serait bien sur d’investir dans l’entreprise dans laquelle on est directement impliqué (ou pas, suivant ce que l'on constate).

Il faudrait en premier lieu un Etat vertueux, qui permettrait que l’argent participe à l’économie et non à la dette.

Il y a du progrès :
Après la crise de 2008, il y eut le « grand emprunt » initié sous le gouvernement Sarkozy et défini par des commissions et des consultations multiples de vrais dirigeants. Avec des priorités et des financements mieux répartis et comme objectif louable de financer l’innovation et les investissements d’avenir. Maintenu et réorienté par le gouvernement Hollande. C’est une démarche intelligente avec des missions, des compartiments, des jalons et semble t’il un pilotage. (voir tableau sur www.W... investissements d’avenir)
Le seul reproche que l’on pourrait encore faire c’est que ce sont des organes intermédiaires qui pilotent cela et qu’ils n’ont pas toujours la même clairvoyance ou réactivité que les entreprises, les fonds d’investissement, capital-risque et Business Angels. (article Delphine Cuny : http://www.latribune.fr/technos-medias/start-up/startup-mieux-vaut-vivre-aux-etats-unis-que-mourir-en-france-463246.html)

Le crowdfunding étend quasi infiniment les choix d’investissement ou de sponsoring, mais attention aux frais et les risques sont d’autant plus élevés que les concepts sont novateurs, parfois mobilisateurs et vendeurs mais pas toujours viables économiquement.
Il existe aussi des placements éthiques et environnementaux.

De toute manière : il n’y a pas d’entrepreneurs sans idée et sans capital, sans entrepreneurs il n’y pas d’entreprises et sans entreprises il n’y a pas d’emploi.

Il parait donc logique que le président Macron oriente les capitaux vers les actions et les entreprises, plutôt que vers les obligations et l'immobilier.
a écrit le 31/05/2017 à 8:34 :
Peut-être aussi que les Français ont une mémoire subconsciente indélébile après de nombreux scandales dont le Canal de Panama, les emprunts russes, etc., pour lesquels le gouvernement français disait qu'acheter ce genre de titres, c'était comme acheter français :-)
a écrit le 31/05/2017 à 8:29 :
Investir a découvert c'est s'offrir comme otage et devenir esclave; il n'y a plus de confiance parce qu'il n'y a plus de communauté!

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