"La nouvelle taxe ne peut qu'inciter les propriétaires à augmenter les loyers"

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Alors que la trêve hivernale pour les locataires s'achève ce mardi, Jean Perrin, président de l'UNPI (Union nationale de la propriété immobilière), revient sur la taxe sur certaines chambres de bonne.

Stupéfait par le loyer de certaines chambres de bonne à Paris, le secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, a proposé la création d'une "surtaxe" de 20 à 30% pour les studios de 9 à 13 mètres carrés dont le loyer excède 40 euros le mètre carré. Une annonce qui, à la fin de la trêve hivernale, ce mardi, n'est pas du goût de l'Union nationale de la propriété immobilière.

Que pensez-vous de cette nouvelle taxe ?

Pour tout dire, cela me paraît un peu ridicule. D'abord, elle concerne tout au plus quelques centaines de logements. Ensuite, elle ne fera rien gagner au locataire. Si l'Etat cherche de l'argent, qu'il le dise clairement !

 Le but est que les propriétaires baissent leur loyer...

Une taxe n'a jamais fait baisser les prix. Au contraire, la logique voudrait que les loyers augmentent pour compenser la surtaxe. Pour limiter les loyers, il aurait fallu au contraire inciter fiscalement les propriétaires, comme lorsqu'ils respectent certains plafonds de loyer dans le Borloo ou le Scellier social par exemple. Mais, en réalité, le problème est plus global : si les locataires acceptent ces prix pour être bien situés, c'est qu'on manque d'offre, notamment à Paris. Il aurait fallu construire moins de bureaux et plus d'habitations.

Ce mardi, c'est la fin de la trêve hivernale. Va-t-on voir plus de locataires expulsés ?

Non, nous resterons dans le même ordre de grandeur : environ 10.000 expulsions avec intervention des forces de police pour 100.000 procédures et sur 10 millions de logements loués. La crise a mis en difficulté de nombreux locataires de bonne foi. Mais les procédures d'expulsion durent deux ans. C'est donc l'an prochain qu'elle se traduira réellement dans les chiffres.

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