Les perspectives d'embauche de cadres au plus haut

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Signe de la reprise, 58% des entreprises envisagent de recruter au moins un cadre au troisième trimestre, soit une hausse de 6 points sur un an. Les métiers de l'informatique représentent le quart des offres d'emploi de cadres.
Signe de la reprise, 58% des entreprises envisagent de recruter au moins un cadre au troisième trimestre, soit une hausse de 6 points sur un an. Les métiers de l'informatique représentent le quart des offres d'emploi de cadres. (Crédits : Gonzalo Fuentes)
215.000 recrutements de cadres seraient attendus cette année, selon les perspectives de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec). Le niveau pourrait même grimper à 236.000 en 2019... Mais certains profils surtout sont recherchés.

C'est un signe supplémentaire de l'embellie économique actuelle : le niveau des recrutements de cadres par les entreprises est en passe d'atteindre un record absolu. Mieux, si l'on en croit la dernière note de conjoncture de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec), les recrutements de cadres ne vont cesser d'accélérer pour atteindre des sommets en 2019. Concrètement, le nombre des embauches devrait se situer à 215.000 en 2017, en hausse de 6% par rapport aux recrutements réalisés en 2016, puis à 225.000 l'année prochaine et encore à 236.000 environ en 2019. Ainsi d'ici deux ans, les embauches des cadres pourraient être supérieures de 50% à ce qu'elles étaient en 2013. Juste avant la crise de 2008, les bonnes années, les recrutements de cadres plafonnaient à environ 208.000.

Plus de cadres en raison de la tertiairisation de la société

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes... Pas tout à fait cependant. D'abord, ces prévisions sont basées sur des taux de croissance du PIB relativement soutenus, avec 1,6% cette année - ce que l'Insee et la Banque de France pensent tout à fait réalisable - mais aussi en 2018 et une accélération à 1,8% en 2019. Par ailleurs, il convient aussi de comparer ce qui est comparable. L'offre d'emploi-cadre augmente, notamment en raison de la tertiairisation de la société. La population cadre représente maintenant environ 21% de la population active salariée contre 10% encore dans les années 1990. Autrement dit, la fonction "cadre" ne correspond plus forcément à une fonction "d'encadrement" d'une équipe, elle augmente "naturellement" en volume du fait de l'émergence de certaines fonctions qui n'existaient pas ou peu il y a vingt ans.

Ensuite, il y a de grandes différences parmi les profils de cadres recherchés. Parmi les entreprises qui souhaitent recruter un cadre au troisième trimestre 2017 - elles sont 58% dans ce cas, en hausse de six points sur un an - plus de 80% cherchent des cadres ayant entre un et dix ans d'ancienneté. Elles ne se sont plus que 44% à chercher des jeunes diplômés et 43% des « seniors » de plus de 20 ans d'expérience... Il est donc toujours difficile d'être un jeune diplômé tout juste sorti de l'école ou un cadre « senior » à la recherche d'un emploi... Même si la situation s'améliore un peu du fait des tensions qui se manifestent sur le marché du travail. De fait, 66% des entreprises déclarent avoir des difficultés pour recruter des cadres correspondants à leurs attentes, et l'Apec signale, qu'en moyenne, 36 candidats répondent maintenant à ses offres d'emploi contre 42, un an plus tôt.

Les métiers de l'informatique drainent un quart des offres d'emploi

Bien entendu également, tous les métiers ne profitent pas de façon comparable de cette reprise. Ainsi, avec un volume d'embauches estimé à 57.000, les métiers de l'informatique représentent à eux seuls près du quart des recrutements de cadres envisagés. Mieux, si on ajoute l'ingénierie et le conseil à l'informatique, à eux trois, ces métiers rassemblent 44% des offres d'emploi.

Cela dit, signe que la reprise est là, même dans des secteurs jusqu'ici en difficulté et qui ne prévoyaient donc pas de recrutements en masse, les choses semblent évoluer. Ainsi, dans l'industrie, 64% des entreprises envisagent de recruter un cadre au troisième trimestre, soit une hausse de... 9 points sur un an. Idem dans la construction - boostée par l'immense chantier du Grand Paris - où cette proportion est passée en un an de 47% à 58%. En revanche, dans la banque/assurance et le commerce et les transports, le nombre des recrutements n'enregistre aucune progression notable.

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a écrit le 07/07/2017 à 10:11 :
Sans vouloir être rabat-joie, "cadre" en France a une signification dénaturée : maintenant, "cadre" signifie uniquement plus de responsabilités, pas d'heures sup à payer, une prime très très variable quand elle existe, et un salaire pas franchement à la hauteur de la mission... Donc salaire médian en baisse, exemple, tous les consultants dans une SSII sont "cadre", est ce pour autant une assurance d'épanouissement dans le travail et d'enrichissement financier : il suffit d'analyser le turn-over au bout de 2/3 ans (les raisons) et vous aurez la réponse, cad pour majorité salaire faible et missions sans intérêt
Réponse de le 07/07/2017 à 16:00 :
@ Pic sous: tout à fait, mais beaucoup se contentent aussi d'avoir le titre de "chef" :-)
a écrit le 07/07/2017 à 8:33 :
"du fait de l'émergence de certaines fonctions qui n'existaient pas ou peu il y a vingt ans".

Rectification :
Mais aussi du fait de l'émergence de certaines fonctions parasite qui n'existaient pas ou peu il y a vingt ans.
a écrit le 07/07/2017 à 8:03 :
la France tend à remplacer des jobs moyennement qualifiés par des jobs plus qualifiés, alors que le UK tend à remplacer par des moins qualifiés ("UK economy shows shift to low-skilled jobs", Financial Times, 01/2015). la DARES aussi avait dit il y a 2/3 ans que la France avait créé beaucoup d'emplois qualifiés sur les 30 dernières années.
d'ou seulement 23% de diplômés français du supérieur qui ont un "non graduate job" contre plus de 50% au UK (Chartered Institute of Personnel & Development, 2015). près de 50% aux US (Careerbuilder, 2014).
le nombre d'entreprises des secteurs "high tech" a doublé en France entre 2009 et 2015 (Eurostat), seuls les Pays-Bas ayant fait aussi bien. d'ou la domination française du Deloitte Tech Fast 500 EMEA ces dernières années, probablement.
le problème de la France, c'est qu'elle a du mal à créer des jobs peu qualifiés, des jobs de "burger flippers".
et les défaillances d'entreprises et pertes d'emploi de ces dernières années étaient principalement dans BTP/Immo. ces activités ont redémarré, mais pas avec la même dynamique de bulle qu'avant ?

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