Crise dans le Golfe : l'Arabie et ses alliés rompent avec le Qatar

 |   |  526  mots
La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.
La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans. (Crédits : Thomas White)
Cette crise diplomatique ouverte par la rupture des relations avec le Qatar décidée par l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

L'Arabie saoudite et ses alliés ont rompu lundi leurs relations avec le Qatar, provoquant une crise diplomatique majeure au Moyen-Orient quinze jours après un appel de Donald Trump à l'unité des pays arabes face au terrorisme. Le Qatar a réagi avec colère à cette décision annoncée à l'aube en accusant ses voisins du Golfe de vouloir le mettre "sous tutelle" et de l'étouffer économiquement.

La Bourse de Doha a chuté de 8% à l'ouverture des transactions avant de clôturer en baisse de 7,58%. Des habitants de la capitale qatarie se sont rués sur les produits alimentaires, vidant des rayons entiers de supermarchés, a rapporté le site en ligne Doha News.

La rupture des relations avec le Qatar intervient 15 jours après une visite à Ryad du président des Etats-Unis qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme. Elle a provoqué une réaction mesurée de Washington qui a invité les pays du Golfe à rester "unis".

La plus grave crise depuis 1981

Cette crise diplomatique est la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui regroupe l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar. Ce dernier y a toujours occupé une place à part, poursuivant sa propre politique régionale et affirmant son influence par le sport, grâce notamment à l'organisation du Mondial-2022 de football.

Ryad, Abou Dhabi et Manama ont justifié la rupture avec Doha par son "soutien au terrorisme", y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et les Frères musulmans, confrérie classée "terroriste" par l'Egypte et des pays du Golfe.

Selon l'Arabie, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Ryad et Téhéran ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016 à la suite de l'exécution d'un chef chiite en Arabie.

Le Qatar a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen. Une décision saluée par le gouvernement du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi qui a aussi rompu avec Doha en l'accusant de soutenir -malgré sa participation à la coalition arabe- ses adversaires, les rebelles Houthis.

La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

Contrairement à l'Arabie, aux Emirats et à Bahreïn, les deux autres pays du Golfe -le Koweït et le sultanat d'Oman- ont observé lundi un silence total sur la crise avec le Qatar.

Suspension des liaisons aériennes

Cette crise diplomatique ouverte par la rupture des relations avec le Qatar décidée par l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis et l'Egypte s'est traduite lundi par la suspension de plusieurs liaisons aériennes dans la région du Golfe.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 06/06/2017 à 9:08 :
Article de grande valeur dans un contexte aussi peu clair: "Profil bas pour le Qatar" http://www.monde-diplomatique.fr/mav/147/GRESH/55678 (gratuit)
a écrit le 05/06/2017 à 19:43 :
l'hypocritie est à son comble. Les soutiens des terroristes qui s'accusent entre eux. Nos armes transitent par l'arabie saoudite pour rejoindre Daesh à travers les fameux rebelles (des démocrates parait il). Dixit d'excellent article du Corriere della Sera (le Monde etant un journal d'opinion). Le Qatar et les autres meme combats chacun son rebelle et son terroriste caché derriere. Et la France n'a jamais autant vendu d'arme qu'en 2016 selon la Tribune. Macron va faire comme Sarkozy, Hollande et se coucher devant l'argent des armes ( il y participait en tant que premier conseiller de Hollande)
Réponse de le 06/06/2017 à 20:24 :
Vous dites nos armes rejoignent l'état islamiste . Fort heureusement nous vendons nos armes à d'autres pays . Daech est en perte de vitesse , nous participons à son élimination donc respect à notre armée . La France n'a pas besoin de Daech pour vivre , vos propos sont équivoques , vous n'êtes pas sans savoir que le net est envahi de fake news et que certains esprits sont prêts à y croire . D'autre part de nos jours le meilleur moyen de s'enrichir c'est la paix ( Apple, Google,l'industrie du luxe, l'aviation civile etc )
a écrit le 05/06/2017 à 18:29 :
Effarant le manque d'analyse par le journal, qui se contente de reprendre les informations sans les mettre en perspective. Cette accusation est bidon et vise essentiellement la guerre sunnite-chiite. Venant de l'Arabie Saoudite c'est une vaste plaisanterie... C'est un peu comme si les américains accusaient la Belgique de promouvoir la malbouffe a cause de Quick... Merci de rappeler les implications de l'arabie saoudite dans les financements Extrémistes
a écrit le 05/06/2017 à 15:01 :
Le Qatar qui se fait traiter d'Etat complice des terroristes par l'Arabie Saoudite, c'est à mourir de rire quand on connait les liens entre l'Arabie Saoudite et Al Quaeda (15 des 19 terroristes du 11 Septembre étaient saoudiens... Wikileaks a révélé que ce pays soutenait financièrement Daesch pour déstabiliser l'Irak Chiite)
Il serait temps que l'on fasse payer ces pétromonarchies leur soutien au terrorisme dans le monde, ne serait-ce qu'en boycottant leurs pétrole ou les entreprises dans lesquels ils ont investi (PSG, hôtels, groupes du CAC40 dont ils détiennent des actions, médias...)

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :