Journal / Editos et opinions
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Source : La Tribune - 30/01/2010 | 23:00 - 616 mots  | 

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Le déjeuner de François Lenglet : George...

L'analyse d'Erik Izraelewicz : la tragédie grecque

Entre la France et la Grèce, rien à voir. Et pourtant, la tragédie que vit aujourd'hui Athènes mérite d'être observée de près. La dette publique est une boule de neige qu'il est difficile d'arrêter.

« This time is different. » Cette fois-ci, c'est différent. Lundi dernier, Thierry Breton, l'ancien ministre des Finances, brandissait, aux rencontres « La Tribune »-BFM, le dernier livre de l'économiste américain Kenneth Rogoff. Dans ce livre, le professeur de l'université de Havard montrait que, dans l'histoire - huit siècles sont étudiés ! -, on trouvait toujours de bonnes raisons pour assurer, à chaque crise de la dette, que la situation du jour n'était pas comparable aux situations passées. On en dira aujourd'hui de même, pour la Grèce et la France. Entre les deux pays, rien à voir, tout est différent. La crise de la dette grecque mérite pourtant d'être observée avec attention par la France - et par d'autres États, sans doute. À partir du moment où la dette s'emballe, il devient difficile pour un pays de conserver, voire de retrouver la maîtrise de son destin.

Une crise de crédibilité

La Grèce et la France ne sont, bien sûr, pas comparables. La Grèce est un petit pays, la France, un grand. La Grèce a une économie très dépendante de quelques secteurs - le tourisme, l'agriculture, quelques industries aussi ; la France dispose d'une économie diversifiée. La Grèce souffre d'une administration instable et minée par la corruption; ce n'est pas le cas, on le sait, de la France. Exemple : la statistique grecque n'a jamais eu la qualité et l'indépendance de la statistique française. Bref, rien de commun entre les deux pays si ce n'est qu'ils sont désormais membres, l'un et l'autre, d'une même union monétaire, qu'ils se sont engagés aussi l'un et l'autre à respecter un certain nombre de critères ? ceux du Pacte de stabilité et de croissance, notamment.

La Grèce est aujourd'hui plongée, comme l'a expliqué cette semaine à Davos son Premier ministre, le socialiste Giorgos Papandréou, dans une grave crise de crédibilité. Elle a du mal à trouver des financements pour éviter la cessation de paiements. Elle est obligée de payer très cher l'argent qu'elle emprunte sur les marchés ? là où l'Allemagne s'endette à 3,2 %, la Grèce doit accepter de le faire à près de 7% ! À l'origine de cette crise, il y a la dérive des finances publiques du pays. Là encore, on dira qu'avec la France, tout est différent. Le déficit aurait approché à Athènes les 13 % du PIB l'an dernier ; il n'est que de 8,5 % environ en France. La dette publique pèserait près de 120 % du PIB en Grèce là où elle ne serait « que » de 80 % du PIB en France. La dégradation des comptes publics y est donc bien plus avancée.

Risque d'engrenage

Le gouvernement grec, installé aux manettes depuis octobre, a pris le taureau par les cornes. Son programme d'austérité est peut-être moins violent que celui adopté par l'Irlande il y a un an, il n'en est pas moins drastique. Mais tout le problème des autorités d'Athènes aujourd'hui, c'est de retrouver la confiance et la crédibilité qu'elles ont perdues - auprès de l'opinion publique nationale, des marchés financiers internationaux et des autres pays européens aussi. Là où entre la France et la Grèce ce n'est pas aussi différent, c'est bien dans ce risque d'engrenage, dans cette perte de crédit. Une fois que la boule est lancée, que la dette se gonfle, il est difficile de l'arrêter. Tout n'est plus alors aussi différent. Quand un pays affiche, comme la France de ces dernières années, une certaine insouciance à l'égard de sa dette, il prend le risque de laisser la boule s'emballer. La France regarde aujourd'hui de loin la tragédie grecque. La conférence sur les finances publiques de cette semaine, à Paris, n'a pas vraiment donné l'impression que la France avait tiré les leçons de ces crises à répétition que la grande récession a engendrées dans le monde. Elle devrait pourtant y être plus attentive.

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  • beg Minez a écrit le 31/01/2010 à 11:47 :

    • Oui, depuis que Sarkozy est Président, il y a, à la tête de l'Etat, une propension manifeste à trop creuser la dette tout en n'accordant pas aux recettes fiscales l'équité suffisante tant dans la politique mise en oeuvre que dans les solutions à envisager à très court terme.Le seul à s'en rendre compte est le Premier Ministre et je pense qu'il s'agit pour lui d'une préoccupation constante sans pour autant qu'il réagisse véritablement pour y faire face.On nous prommettait la rupture mais ce n'est manifestement pas celle-là ,très grave à court terme, que le pays désirait.Sarkozy est en train d'échouer, malgré son activisme "pathologique", au delà ce tout ce que nous pouvions craindre. Le peuple va réagir...

  • COUF a écrit le 30/01/2010 à 20:46 :

    • Je suis tout à fait d'accord avec SECROEG. Ne serait-il pas utile de programmer, aux heures de grande écoute, une émission économique réunissant des experts tels COHEN, MARSEILLE et d'autres(qui ne pratique pas la langue de bois), compréhensible par la grande majorité des francais, animée par exemple par un yvesCALVI? Celà serait formateur , en premier pour nos hommes politique qui dépensent sans vraiment compter dans le but d'être élu. Les frais fixes augmentant plus que les revenus, on se retrouve avec un effet ciseaux qui réduit la consommation de produits courant.

  • lado a écrit le 30/01/2010 à 18:37 :

    • lorsqu'on lit tous les articles on voit bien que notre gouvernement agit sous l'impulsion du chef de l'Etat comme cela n'a jamais été le cas auparavant et si dans cette période difficile on se mettait à encourager le chef de l'Etat , à le soutenir ? Qu'en pensez vous ???

  • Vieillissement. a écrit le 30/01/2010 à 16:25 :

    • L'affaire des retraites ne souligne pas assez le poids pour la collectivité de l'entretien (dont la santé) d'une proportion croissante de la population. Lorsqu'un particulier rémunère le travail d'un actif, il devrait payer non seulement pour que ce dernier puisse faire vivre (et soigner) sa famille maintenant, mais aussi lui (et son conjoint) jusqu'à la fin de sa vie c'est à dire 60 ou 70 ,% en plus de sa période d'activité. On y est pas encore ..d'où le déficit croissant des comptes sociaux. Dans le pouvoir d'achat on ne compte pas l'accroissement des charges médicales.... Calculez dans votre famille, combien de personnes "produisent" et combien vivent autour d'elles sans produire, y compris les enfants, les retraités, les malades longue durée etc.... Ratio courant : 1 pour 5 ? Seuls les Chinois, encore eux, ont le courage d'aborder la question, même si c'est de façon dite inhumaine. Peut-on en découvrir d'autres ? NB j'ai 82 ans..

  • kim a écrit le 30/01/2010 à 14:26 :

    • Ceux qui disent que le déficit de la FRANCE vient des exonérations fiscales comme le bouclier fiscal devraient regarder les chiffres. les exonérations en direction des plus fortunés ne représentent que quelques petits millards (moins de 5 mds) qui ne représentent rien en regard de la centaine de millards de déficit. (En revanche, une fiscalité trop lourde coute cher en évasion fiscale.) La baisse des dépenses est au contraire la seule possibilité de réduire le déficit, comme l'ont montré de nombreux autres pays. Cessons donc la démagogie populiste et attaquons-nous aux dépenses superflues; elles sont nombreuses.

  • Jifanès a écrit le 30/01/2010 à 12:12 :

    • Le déficit français ne vient pas de la dépense mais de l'exonération systématique de l'impôt et des cotisations sociales des catégories ayant le plus de capacité contributive. La réduction de la progressivité de l'impôts sur le revenu, les niches fiscales, la facilité d'accès des paradis fiscaux qui permettent aux grandes entreprises de payer beaucoup moins d'IS, en pourcentage de leur activité, que les PME, l'avoir fiscal et, cerise sur le gateau, le bouclier fiscal, permettent très largement d'échapper à l'impôt, si on a les moyens de se faire conseiller et de mettre en place les stratégies efficaces.

  • Jifanès a écrit le 30/01/2010 à 12:01 :

    • Quand on a un peu travaillé dans la vente de bien d'équipement, on sait que la corruption n'est pas une spécificité grecque et qu'elle existe aussi en France, dans le privé comme dans le public. Il suffit d'être attentif pour comprendre, ou de perdre un marché pour en tirer les conclusions indispensables.

  • candide a écrit le 30/01/2010 à 11:24 :

    • la France reste une incorrigible cigale qui a eu beaucoup de chance...mais son inconscience lui prépare de gros déboires.

  • segroeg a écrit le 30/01/2010 à 10:57 :

    • Gouverner c'est prévoir ...même l'imprevisible ! on constate aujourd'hui, pour ce qui concerne notre pays, qu'il est déjà bien difficile "d'arrêter la boule" qui inexorablement continue de rouler doucement mais sûrement, et devient, de fait, toujours plus grosse. Bien sûr la crise actuelle finira par s'estomper, mais il y aura toujours quelque chose d'autre, d'imprévisible, qui se mettra "en travers". Plus on attend pour réformer...plus on s'enfonce, lentement mais sûrement. ça commence cependant à devenir tellement visible (les chomeurs, les sans abris, les retraités qui n'ont que quelques centaines d'euros de retraite par mois, les jeunes diplomés qui ne trouvent pas de travail, ceux qui en ont un et qui doivent s'appuyer sur leurs parents pour pouvoir boucler leur fin de mois car c'est trop la galère pour eux) qu'il sera de plus en plus difficile de justifier un tel système aux yeux de ceux qui en sont les victimes. Si nous ne sommes pas capable de réformer le train de vie collectif - le fonctionnement de notre administration, de nos systèmes de retraite et de santé- comment pourrons nous faire des économies pour rembourser la dette existante d'une part, et arrêter de nous endetter plus ! Bien sûr tout le monde est d'accord pour réformer, à condition que ça ne change rien pour soi ! Regardez au Danemark par exemple: le montant des retraites a été plafonné: ne pourrions nous pas y réfléchir également dans notre pays? Ne pourrions nous pas plafonner les grosses retraites ( par exemple au dessus de 8 000 ou 10000 euros par mois ) car si l'on appartient à cette catégorie cela veut dire que l'on est hors de tous soucis matériel. Ne pourrait-on pas contribuer un peu à la retraite de ceux qui n'ont presque rien, lorsqu'on a terminé son parcours professionnel et qu'on arrive au seuil de sa vie?. En Suède, autre pays socialement en avance sur nous, on a su ré-organiser la Poste, l'expliquer et le faire accepter par les citoyens: les gens vont faire leurs opérations postales dans des points relais( petits magasins dejàs existants), à proximité de chez eux, ouverts de 8 à10 heures par jours non stop, y compris le samedi après midi et après les heures de fermeture des bureaux.ça marche ,les gens sont contents, et ça coûte moins cher à la collectivité. Le rôle de l'Etat est-il de s'occuper de la distribution du courrier ou de gérer les systèmes de santé , de retraites, et les autres organismes d'intérêt collectifs? Le français est épicurien; qualité qui suscite souvent l'admiration secrête de plusieurs de nos voisins européens. Mais notre hédonisme se transforme souvent en individualisme, voire égoïsme, lorsqu'il sagit du bien collectif. Vous allez sans doute voir ré-apparaître, au moment des déclarations de revenus, cet e-mail qui circulait en nombre l'année dernière et qui incitait les contribuables à ne pas utiliser la déclaration en ligne, car "ça faisait faire des économies à l'Etat qui nous pique déjà assez de pognon"! Il y a encore beaucoup de chemin à faire, avant qu'on puisse commencer à songer de dégresser la boule...

  • queluron a écrit le 30/01/2010 à 07:11 :

    • La France emprunte chaque année soit pour payer ses frais de fonctionnement , soit pour payer les intérets de la dette. Elle attend une croissance qui dans chaque cas crée presque moins d'emploiis qu'il ne s'en détruit (en tout cas pour ces récentes années), et elle ne réforme pas son usine à gaz des réductions fiscales en y apportant une plus grande simplicité ainsi que son problème de déficit des comptes sociaux qui ne vont depuis des decennies que s'aggravant. Qui peu penser que nous ne nous retrouverons pas dans la même situation que la grèce sous peu? Les réformes des retraites des régimes spéciaux on l'

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