LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment naît une rumeur sur les réseaux sociaux ?
RUDY REICHSTADT - De la rencontre de motivations assez distinctes et souvent inavouables, d'où la tendance des désinformateurs à agir cachés derrière des pseudonymes. La volonté de nuire et la course au buzz suffisent souvent à expliquer l'emballement. Mais ces rumeurs ne prennent de l'importance que parce qu'on leur en accorde. Il y a une responsabilité du citoyen qui suit les comptes qui les propagent car, ce faisant, il participe à la mécanique de la rumeur. Il faudrait davantage se souvenir que toute l'attention que nous consacrons à des contenus de désinformation est du temps que nous ne passons pas à nous informer auprès de sources fiables.
Quel danger représentent ces calomnies ?
C'est la porte ouverte à toutes les manipulations possibles de l'information. Le risque est d'abord d'accuser à tort des innocents, ce qui a inévitablement des répercussions dommageables sur leur vie et celle de leur entourage. Du reste, la persistance de rumeurs non vérifiées sur les réseaux sociaux est porteuse d'une vision du monde complotiste qui laisse penser que les grands médias connaissent la vérité mais la taisent et qu'il existerait une vérité cachée à laquelle on n'aurait accès qu'en suivant les bons comptes. Cela véhicule l'idée que le système médiatique travaille à dissimuler la vérité. C'est délétère pour la démocratie.