Art : Pierre Soulages, le roi du noir
Daniel Schick
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Pierre Soulages dans sa maison à Sète.
LTD / AGNÈS VARDA/SUCCESSION VARDA ; MUSÉE SOULAGES RODEZ
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Pierre Soulages dans sa maison à Sète.
LTD / AGNÈS VARDA/SUCCESSION VARDA ; MUSÉE SOULAGES RODEZ
« Noir, c'est noir », comme le chante Johnny. Pas que. Pour Pierre Soulages, le noir, c'est la vie, LA couleur qui met en vie la lumière. Le noir n'est pas la mort. Les tableaux noirs de Soulages, ceux appelés les Outrenoirs en tout cas, reflètent la lumière environnante. Ils jouent avec elle. Leur épaisse matière l'attrape, pas pour la tuer mais pour la faire danser. Mieux vaut savoir bouger, se déplacer devant ses Outrenoirs. En fonction du jeu de jambes du contemplateur, son regard se déplace, le tableau change de reflets, de densité, de profondeur. Le noir des tableaux de Soulages est mobile.
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Noir complet pour les Outrenoirs, noir lacérant, balayant pour les autres toiles, les œuvres de Soulages perturbent, fascinent ou exaspèrent. Il suffit d'écouter les visiteurs à la sortie du musée Soulages. Certains, dépités, se demandent s'ils ont vu des tableaux. D'autres semblent revenir d'une séance de yoga ou du divan d'un psychanalyste. Eux sont apaisés, encore à l'intérieur d'eux-mêmes. Pas simple de se retrouver en face du noir. Le noir veut dire deuil, fin, mort, ténèbres. La couleur a mauvaise réputation, en Occident en tout cas. Pas une expression qui ne condamne le noir, idéal pour qu'il en devienne terrifiant. Aller à Rodez pour être broyé par le noir, quelle idée ? En revenir, c'est l'avoir apprivoisé.
Daniel Schick