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Politique - La Tribune Région Sud

Alain Gargani, président de la CGPME 13 : ?On demande un CDI pour les zones franches?

La Tribune

Publié le 29 septembre 2013 à 22:00 - Mis à jour le 29 septembre 2013 à 22:00

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Il est à la tête d?Atout Organisation Science*, une société spécialisée dans l?organisation de congrès scientifiques, et a été élu en avril dernier président de la CGPME 13. Il était l?invité ce midi d?un Déjeuner du Lundi, le rendez-vous phare du Centre des Jeunes Dirigeants.

 Il est à la tête d'Atout Organisation Science*, une société spécialisée dans l'organisation de congrès scientifiques, et a été élu en avril dernier président de la CGPME 13. Il était l'invité ce midi d'un Déjeuner du Lundi, le rendez-vous phare du Centre des Jeunes Dirigeants.

Vous faîtes du prosélytisme ?

Alain Gargani : Le Centre des Jeunes Dirigeants est une belle école d'engagement et le monde patronal a besoin d'entrepreneurs comme eux pour mener à nos côtés des combats en faveur de l'économie. Si je peux en fédérer quelques-uns, je serai satisfait. Mais je voulais surtout leur faire connaître la CGPME. On a un déficit d'image ici que l'on commence à combler mais il est important de rappeler que le Medef défend les intérêts grands groupes soit 0,4 % de la population des entreprises nationales tandis que la CGPME représente 1,6 million d'entreprises en France de moins de 250 salariés soit 99,6 % de la population d'entreprises. Et elle est la seule organisation pour défendre les intérêts des artisans, des commerçants et des PME et TPE. J'étais aussi là pour leur dire qu'on a un réel pouvoir d'influence et que l'on parvient par notre combat à faire changer les lois. Comme en ce moment pour le projet de loi Duflot. Jean-François Roubaud (président national de la CGPME, ndlr) nous a demandé de faire remonter des territoires des propositions en vue de déposer des amendements pour limiter l'impact sur les entreprises. La CGPME a l'oreille du gouvernement.


Pourquoi créer alors une amicale parlementaire ?
A.G. : On se rend compte que quand un projet est orchestré - le CICE est caractéristique de cela - il est rarement adapté à la taille de nos entreprises. Par exemple, pour le CICE, en juillet, 85 % de nos membres ne l'avaient pas utilisé car ils le trouvaient trop compliqué. On crée cette amicale parlementaire pour que nos députés et sénateurs se mettent à penser PME et TPE quand ils sont appelés à discuter d'un projet de loi. En novembre, on va initier une première action du style "vis ma vie d'entrepreneur", une journée pendant laquelle un parlementaire va être immergé dans une de nos entreprises. L'idée est de leur montrer l'impact d'une loi sur l'entreprise dans sa gestion au quotidien et indirectement, de leur faire prendre conscience à quel point certaines obligations légales sont chronophages et complètement aberrantes.

Vous préparez un livre bleu d'une dizaine de propositions que vous allez publier en janvier. À qui s'adresse-t-il ?
A.G. :  Aux têtes de liste des municipales à qui on remettra 10 propositions en faveur des entreprises et à qui on demandera de s'engager clairement et formellement comme par exemple sur la pérennité des ZFU qui doivent en principe être supprimées en décembre 2014.

À ce propos, vous avez rencontré récemment le ministre délégué chargé de la Ville François Lamy.
A.G. : C'est Samia Ghali (sénatrice et maire du 8e secteur de Marseille, ndlr) qui nous a permis de le rencontrer. J'étais accompagné du président de l'association des zones franches Yann Airaudo, membre de la CGPME en charge de ce sujet. On lui a exposé notre point de vue mais surtout montré à quel point ici sur Marseille, ce dispositif est un succès et alerté sur le fait que l'attentisme est un frein à l'investissement et aux engagements des entreprises sur la zone. On demande que les zones franches qui ont bien fonctionné soient non seulement pérennisées mais surtout renforcées et avec un contrat à durée indéterminée.

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Pourquoi la formule emplois francs ne vous convient pas ?
A.G. : Car c'est une réponse incomplète. Elle permet une petite exonération de quelques milliers d'euros sur un emploi. Pour employer quelqu'un, il faut mobiliser sur une année 30 000 euros (chargés). Pour le financer, soit vous emportez un contrat équivalent à ce montant mais si tel n'est pas le cas, vous n'embauchez pas. Pour inciter, la seule exonération de charges sociales ne suffit pas. Les zones franches permettent une exonération de l'impôt sur les sociétés et c'est déterminant dans nos entreprises où les bénéfices sont toujours réinvestis pour développer. J'ai pu ainsi développer mon entreprise et créer de l'emploi (20 personnes, ndlr) sans la mettre en danger.

Vous avez obtenu des garanties ?
A.G. : Il a un parti pris favorable pour les zones franches qui ont fonctionné. Il faut maintenant qu'il vienne vite le dire pour rassurer les chefs d'entreprise. On lui a fait une deuxième proposition : la création de zones d'emploi prioritaires, un dispositif qui moyennant une mécanique fiscale attractive créerait autour des zones urbaines sensibles des poches privilégiant l'emploi local selon un parcours bien défini qui connecterait le monde de l'entreprise et celui de la formation pour rendre réemployables les populations qui y vivent. On pourrait s'appuyer pour ce faire sur des dispositifs qui fonctionnent comme les plates-formes d'initiative locale ou l'École de la seconde chance. Il y aurait un 3e volet sur la sécurité. L'idée est de former, informer, accompagner ces jeunes pour leur montrer qu'il y a d'autres alternatives que le trafic et la délinquance.

Ce sont des idées que vous avez exposées au préfet de région quand vous l'avez invité ?

A.G. : On a institué un rendez-vous : "Les 13 h de l'entrepreneur" au cours duquel on invite une personnalité du territoire. Nous allons recevoir bientôt Yvon Berland (président de l'université Aix-Marseille, ndlr). On a rencontré un homme d'État qui a la volonté de travailler en synergie avec les forces patronales en présence. On avait plusieurs messages à faire passer dont les ZF et les ZEP. Mais aussi lui dire que nous étions favorable à la métropole mais pas à n'importe quel prix. On veut une métropole efficace et dans l'intérêt de développement économique. Or, il manque à ce jour deux choses : un budget avec autant de zéros qu'à Paris et dans toutes les réunions de préfiguration et une vision économique de la métropole : quels sont les grands projets structurants à mettre en œuvre pour la filière de la chimie ? de l'aéronautique ? pour attirer des entreprises ? pour avoir des connexions pertinentes entre les différents pôles ? quels sont les outils prévus quand l'entreprise rencontrera un problème dans son développement, que ce soit au niveau du foncier ou de l'accès aux financements ?

Vous semblez vous concentrer sur les retraites et les commerçants ? Vous voulez prendre le contre-pied de l'Upe 13 en empruntant d'autres thématiques que ceux qu'il occupe bruyamment ?

A.G. : Notre schéma de communication n'est pas calqué sur ce que font les uns et les autres. On s'est beaucoup exprimé sur ces questions dernièrement tout simplement parce que cela correspondait à une actualité. Et notamment sur les commerces car nous venions de réaliser un sondage auprès des commerçants du centre-ville qui faisaient état que sur 128 commerces interrogés, 95 % étaient contre l'ouverture dominicale en l'état actuel. On alerte et on veut être associés à la réflexion en partenariat avec la ville et la communauté urbaine en faisant des propositions pour inverser la tendance : en agissant sur les transports, des parkings avec tarifs préférentiels voire gratuits, un centre-ville nettoyé qui doit devenir un lieu de balade, des animations ...


Le Medef, surtout sous l'ère Gattaz, est dans l'offensive. La CGPME paraît davantage dans la rondeur et la diplomatie. Que pensez-vous de la grève de l'impôt ?

A.G. : Ce n'est ni la stratégie de notre organisation ni la technique de Jean-François Roubaud même si on partage bien des points de vue dont le ras-le-bol fiscal. Mais on préfère œuvrer autrement et il suffit de regarder le nombre d'amendements que l'on arrive à faire passer. Cela ne veut pas dire que l'on ne réfléchit pas plus globalement comme par exemple présenter aux prochaines municipales une liste de chefs d'entreprise, non pas pour prendre le pouvoir ou satisfaire un égo personnel, mais pour faire entendre nos voix de façon à faire évoluer l'environnement économique de l'entreprise. On opte pour une stratégie d'efficacité.

Propos recueillis par A.Descamps

*20 salariés, 1,5 million d'euros de marge brute

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