Un avocat accuse Chirac et Villepin d'avoir reçu des fonds occultes africains

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Robert Bourgi, un des piliers de la "Françafrique", accuse Jacques Chirac et Dominique de Villepin d'avoir reçu jusqu'à 20 millions de dollars de la part de dirigeants africains entre 1995 et 2005. L'ancien président de la République va déposer plainte pour diffamation.

Une nouvelle "affaire" d'argent occulte ? Robert Bourgi, 66 ans, avocat d'origine libanaise a dénoncé les relations troubles entre l'ex-président Français et certains dirigeants africains qui auraient remis des sommes d'argent dans un entretien au "Journal du Dimanche".

L'avocat a réaffirmé ses propos ce lundi matin précisant sur Europe 1 : "J'évalue à 20 millions de dollars ce que j'ai remis à monsieur Chirac et à Dominique de Villepin, cela entre 1995 et 2005".

Selon Robert Bourgi ces relations entre présidents français et dirigeants africains remonteraient même aux années soixante. "Ces pratiques existaient même du temps de messieurs Pompidou, Giscard d'Estaing et Mitterrand", a-t-il ainsi énuméré.

"Je ne roule pour personne. J'entends dire que je suis conseiller officieux, officiel, du président Sarkozy, c'est faux. Je ne suis le conseiller de personne", a-t-il aussi répliqué à ceux qui croient déceler dans ses dénonciation la volonté de nuire à Dominique de Villepin, possible candidat aux élections présidentielles qui connaîtra cette semaine le verdict dans le procès Clearstream.

Concernant le procès Clearstream, l'avocat d'origine libanaise affime qu'il "n'y a aucune relation" entre ses déclarations et ce jugement. "J?ai agi en mon nom personnel, personne ne m?a commandé cette interview, c'est ma conscience qui m?a dicté le devoir de parler parce que j?ai assisté à trop de chose", a-t-il justifié.

A la suite des accusations de Robert Bourgi, Jacques Chirac puis Dominique de Villepin on décidé de déposer plainte en diffamation. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, de son côté, n'exclut pas l'ouverture d'une enquête parlementaire.

Les livraisons auraient pris fin en 2005

La confession de Robert Bourgi coïncide aussi avec la sortie d'un livre-brûlot du journaliste-enquêteur Pierre Péan "La République des mallettes" relatant un système de commissions et rétrocommissions autour d'Alexandre Djouhri, ami de Dominique de Villepin.

 

Selon Robert Bourgi, les "valises" africaines auraient commencé en mars 1997, "le jour de l'enterrement de mon maître Jacques Foccart" a-t-il indiqué au Journal du Dimanche. Celui-ci créa, sous le général de Gaulle, la Françafrique, système décrié de réseaux d'influence maintenus par Paris avec ses ex-colonies d'Afrique noire. Les livraisons auraient pris fin en 2005 quand Dominique de Villepin aurait dit, selon Robert Bourgi, que "l'argent de tous les Africains sent le soufre".

Celui-ci prétend également que par son intermédiaire "cinq chefs d'état africains -Abdoulaye Wade (Sénégal), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et, bien sûr, Omar Bongo (Gabon) ont versé environ 10 millions de dollars pour cette campagne de 2002 » prétend l'avocat. L'ex-numéro 2 du régime du président déchu Laurent Gbagbo a affirmé dimanche à l'AFP que quelque trois millions d'euros avaient été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne électorale du président Jacques Chirac en 2002.

Souvent qualifié de conseiller officieux de Nicolas Sarkozy - à l'Elysée, on indique qu'il n'est dans aucun organigramme - Robert Bourgi exonère le président qui "m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par 'valises' ". Au contraire, Michel de Bonnecorse, conseiller Afrique de Chirac, a assuré à Péan que Bourgi avait, avant 2007, déposé une mallette "aux pieds du ministre de l'Intérieur" Sarkozy. Une accusation que l'Elysée refuse de commenter.

Pour Dominique de Villepin il ne s'agit que de "fariboles" et d' "écran de fumée". "On voit ce lapin sortir du chapeau à un moment très particulier", pendant le procès Chirac et avant la décision d'appel sur Clearstream (elle rendue mercredi, NDLR) , analyse-t-il

Hollande demade l'ouverture d'une procédure judiciaire

Un de ses proches, Hervé Séveno, a demandé dimanche que l'Elysée « s'explique » sur le rôle exact auprès de Nicolas Sarkozy de l'avocat Robert Bourgi. « Devant la gravité et les conséquences de telles déclarations, nos compatriotes sont en droit d'attendre que la présidence de la République s'explique officiellement sur la réalité des fonctions de l'avocat Robert Bourgi qui se présente comme le 'Monsieur Afrique' de l'Elysée ou de Nicolas Sarkozy : quel est son rôle, et dans quel cadre? », a demandé Hervé Séveno, un des dirigeants de République solidaire, la parti fondé par Dominique de Villepin.

De son côté, François Hollande, candidat à la primaire socialiste, a demandé sur Canal + « que le Garde des Sceaux puisse demander au parquet d'ouvrir immédiatement une procédure judicaire parce qu'on doit savoir ce qui s'est passé pendant toutes ces années, parce que ce sont des graves infractions à la législation sur le financement des campagnes électorales et peut-être même davantage ».
 

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Commentaires
a écrit le 13/09/2011 à 14:38 :
Voilà un avocat qui accuse sans preuve ! S'il était chargé de la défense de quel nom traiterait-il ses opposants. C'est fout comme il se dit n'importe quoi en période électorale.Je trouve que ceux qui agissent ainsi se roulent dans la fange et ne méritent aucune attention.
a écrit le 12/09/2011 à 8:11 :
il faut bien faire passer l'affaire bettencourt au deuxieme plan.bien que je les mets tous dans le meme panier; vu le cout des campagnes .et l'avant campagne par exemple pour la primaire socialiste qui paie tous ces déplacments de candidats ????
a écrit le 12/09/2011 à 6:11 :
Bon, ça fait plaisr de voir que Chichi a des moments sélectifs de lucidité :-) De façon générale, ils n'ont rien vu, rien entendu et ne savent rien :-)
a écrit le 12/09/2011 à 4:41 :
Villepin est surement innocent vu que dans l'affaire clear stream il est décrit comme un courant clair et transparent comme l'eau de source ...

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