Prison à vie pour l'ancien président égyptien Hosni Moubarak

L'ex-raïs égyptien était le premier dirigeant emporté par le Printemps arabe à comparaître en personne devant la justice.

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L'ancien président égyptien est condamné à la prison à vie. Copyright Reuters
L'ancien président égyptien est condamné à la prison à vie. Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

 L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, 84 ans, a été condamné samedi à la prison à vie pour le meurtre de manifestants durant la révolte de 2011, a annoncé le président du tribunal dans son verdict.

M. Moubarak, allongé sur une civière derrière les barreaux du box des accusés et portant des lunettes noires, est resté impassible à l'énoncé du verdict, comme durant toute l'audience. Il avait plaidé non-coupable lors de son procès, qui avait débuté le 3 août 2011. L'ex-raïs égyptien, contre qui la peine capitale avait été requise, était le premier dirigeant emporté par le Printemps arabe à comparaître en personne devant la justice. 

L'ex-ministre de l'Intérieur de M. Moubarak Habib el-Adli a également été condamné à perpétuité alors que six anciens hauts responsables des services de sécurité égyptiens ont été acquittés. De brefs heurts ont éclaté à l'intérieur de la salle d'audience après l'énoncé de l'acquittement. Les condamnés ont le droit de faire appel. Ce que va faire Hosni Moubarak, a annoncé à l'AFP l'un de ses avocats, Yasser Bahr, dénonçant un "verdict plein de failles juridiques."

Les deux fils de M. Moubarak, Alaa et Gamal, qui comparaissaient également, n'ont pas été condamnés, les faits de corruption qui leur étaient reprochés étant couverts par la prescription, a déclaré le président de la cour, le juge Ahmed Rifaat. Alaa et Gamal Moubarak, vêtus de la tenue blanche des prévenus, avaient l'air grave et les yeux cernés. Les deux hommes ont eu les larmes aux yeux après la lecture des verdicts. Un autre procès les concernant doit toutefois s'ouvrir prochainement, pour une affaire de corruption boursière.

De brefs heurts ont éclaté après la lecture des verdicts devant le bâtiment mais aussi à l'intérieur de la salle d'audience. "Nul et non avenu! Nul et non avenu!", "Le peuple veut la purge de la justice!", ont crié des avocats, furieux après l'acquittement des six responsables de la sécurité et l'annonce de la prescription des charges contre Alaa et Gamal Moubarak. La télévision d'Etat, qui a retransmis l'audience en direct, a montré des images d'un jeune homme le cou en sang tandis que des hommes en venaient aux mains.

Le juge Rifaat a dit avoir pris sa décision en ayant "la conscience tranquille". Il a eu a des mots très durs pour la situation de l'Egypte pendant les trente années de règne de M. Moubarak, en faisant notamment référence à la pauvreté de la population. Il a également rendu hommage aux manifestants qui s'étaient soulevés contre le régime au début de l'année dernière. "Ils se dirigeaient vers la place Tahrir pacifiques, demandant seulement justice, liberté, démocratie", a-t-il lancé.

L'audience s'est tenue sous très haute sécurité. Des centaines de policiers anti émeutes et des blindés de l'armée entouraient le bâtiment pour prévenir les heurts qui se sont produits à plusieurs reprises par le passé devant le bâtiment entre pro et anti Moubarak. Devant le tribunal, une vingtaine de membres des familles de victimes, venus d'Alexandrie, brandissaient des portraits de leurs "martyrs". "Exécution pour le fils de chien!", "Trente ans de torture et de meurtre de la jeunesse, il faut que le déchu soit exécuté", scandaient-ils.

Ce verdict intervient en pleine élection pour la désignation du successeur du président déchu, lors d'un scrutin pluraliste qui tranche avec les votes acquis d'avance largement boudés par les électeurs qui lui avaient permis de rester au pouvoir. Une élection qui verra s'affronter au second tour, les 16 et 17 juin, Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans -un mouvement autrefois illégal même s'il était toléré dans les faits- et le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

Ancien chef de l'armée de l'air égyptienne puis vice-président d'Anouar al-Sadate, M. Moubarak avait pris la tête du pays le plus peuplé du monde arabe -82 millions d'habitants- après l'assassinat de ce dernier en 1981. Sa santé a fait l'objet de nombreuses spéculations: il souffrirait de problèmes cardiaques mais le ministère de la Santé a démenti qu'il ait un cancer, contrairement à ce qu'avait assuré son avocat.

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Commentaires 5
à écrit le 02/06/2012 à 19:30
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Notre chère condemné est maintenant au bord de la mère rouge avec sa famille. Il est condemné que sur le papier pour nous faire croire, c'est tout !!!

le 03/06/2012 à 0:32
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Ca me semble la moindre des choses non ?

à écrit le 02/06/2012 à 16:47
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Pas cher payé, on trucide avec moins d'égards les petites gens. La justice à 2 ou 3 vitesses n'existe pas qu'en France malheureusement !

à écrit le 02/06/2012 à 16:26
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C'est une bonne chose, c'est un vrai faux démocrate. On en a aussi en Europe, par exemple la Grèce avec le traffic de la comptabilité publique. En l'administration ne rend pas de comptes...

à écrit le 02/06/2012 à 13:53
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Bon, je pense qu'on peut attaquer la livre égyptienne. Vu comment ce pays va être géré dans les moins à venir... Une belle chute, diminution du toursime qui est par ailleurs, la source première de rentrée de devise étrangère, reconsidération des medi...

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