En Egypte, le gouvernement sortant creuse le déficit

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A une semaine de l'élection présidentielle, le budget qui doit être discuté au Parlement prévoit un déficit en hausse avec des perspectives de croissance irréalistes.

Alors que le premier tour de l'élection présidentielle égyptienne a lieu dans une semaine, le projet de budget 2012-2013 a été présenté par le ministre des Finances. Pour l'année fiscale qui débute le 1er juillet en Egypte, le gouvernement a proposé un budget de 538 milliards de livres égyptiennes (LE) (70 milliards d'euros), pour lequel le déficit s'élèverait à 170 milliards de LE (22 milliards d'euros), soit une augmentation de 20% par rapport aux prévisions. Le ministre des Finances a souligné que les dépenses publiques augmenteraient de 15% tentant ainsi de vendre un budget de la « Justice sociale ».

Des recrutements dans la fonction publique

« Ce n'est pas le montant des dépenses publiques qui inquiète, estime Magda Qandil, directrice de l'Egyptian Center for Economic Studies, mais leur affectation. 25% de ces dépenses concernent les salaires des employés du secteur public, et de nombreux recrutements sont prévus, il s'agit clairement d'apaiser sur ce front là. Pendant ce temps là, le secteur privé n'arrive pas à suivre, emprunter est de plus en plus difficile, les employeurs licencient. »

Les pronostics de déficit se fondent de plus sur une perspective de croissance peu réaliste. Fayza Aboul Naga, la ministre de la Coopération internationale a annoncé compter sur un taux flirtant autour des 4,5 %. la plupart des analystes économistes s'accorde pourtant pour estimer la croissance égyptienne dans l'année qui vient à 1,6 %.

Secteurs clés oubliés

Le budget est aussi fortement alourdi par le service de la dette, l'autre grand consommateur des deniers publics. Face au 136 milliards de LE, les 48 milliards de LE d'investissement public ne pèsent pas lourd. Le secteur de la santé pourtant catastrophique en Egypte représente seulement 4,8 % du futur budget, alors que les candidats à la présidentielle, en pleine campagne, promettent de doubler la mise. Mais rien n'est fait dans ce budget là, s'indigne l'organisation « Docteurs sans droit » qui s'inquiète de voir que sous ce gouvernement les hôpitaux égyptiens demeurent « des endroits où l'on meurt. »

Prêt du FMI

Masood Ahmed, directeur du FMI pour l'Afrique du Nord, le Proche et le Moyen Orient a appelé l'Egypte « à voir au delà du court terme ». Un prêt de 3,2 milliards de dollars est en négociation, mais l'accord ne devrait pas être signé avant l'issue des élections présidentielles et le transfert du pouvoir par l'armée, prévu si tout se déroule normalement le 1er juillet.

Quel avenir dans ce contexte politique pour ce projet de budget ? « Il doit encore être débattu devant le Parlement, dans quelle mesure les députés ont ils été consultés ? ce n'est pas clair s'interroge Mada Qandil. Le gouvernement de coalition qui devrait être formé après les élections présidentielles aura peut-être d'autres priorités. »

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