L'éco match du jour : Espagne - Italie

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Une rencontre serrée entre les deux grandes nations du sud de l'Europe. Au même titre que leur rôle éminent sur la scène footballistique, leur situation économique pour le moins dégradée leur donne un place de choix dans la crise actuelle de la zone euro. Avec tout de même quelques points forts sur le plan offensif.

La croissance : Espagne 1 - Italie 0

L'Italie souffre d'un faible potentiel de croissance depuis des années. L'industrie exportatrice du nord ne parvient plus à compenser la faiblesse du Mezzogiorno et la mauvaise humeur des ménages. Les attaques des marchés à partir de l'été 2011 ont également conduit à plusieurs plans de rigueur qui ont abaissé la croissance du pays. L'an passé, le PIB y a crû de 0,41 % seulement. L'Espagne, également attaquée à l'été 2011, a mieux résisté compte tenu de la progression des exportations. Le pays devrait subir surtout cette année le contrecoup de la crise. L'an passé, le PIB a cependant peu progressé (+ 0,71 %). Suffisant cependant pour l'emporter cette fois.
 

Le PIB par habitant : Espagne 2 - Italie 0

Pays fondateur de l'UE, l'Italie bénéficiait d'une avance certaine en termes de développement économique sur l'Espagne dont le décollage date de l'après-franquisme. L'écart s'est réduit cependant jusqu'à disparaître entièrement compte tenu de la forte croissance espagnole des années 1990-2005 et de la faiblesse de la croissance italienne sur la même période. En 2011, l'Espagne affichait un PIB par habitant de 30.625 dollars contre 30.464 dollars pour la Botte. Les Rouge et Jaune l'emportent de peu.
 

L'inflation : Espagne 2 - Italie 1

Là encore, les deux pays sont assez proches. La hausse du prix de l'énergie a pénalisé l'inflation qui est demeurée assez élevée : 3,05 % en Espagne et 2,90 % en Italie. Court succès italien.
 

Croissance des exportations : Espagne 3 - Italie 1

L'Italie bénéficie d'un réseau de PME industrielles exportatrices important et performant, mais a souffert de la perte d'une partie des industries traditionnelles délocalisées. La croissance des exportations n'a été que de 5,63 % en 2011. L'Espagne en revanche a pu bénéficier de sa puissance agricole, mais aussi de certaines mesures d'amélioration de sa compétitivité. En 2011, ses exportations ont progressé plus rapidement que celles de l'Allemagne à 8,96 %. Avantage Espagne.
 

Chômage : Espagne 3 - Italie 2

Le chômage, c'est la grande faiblesse structurelle de l'Espagne. La crise a fait repartir le taux de chômage au-delà de 20 %, à 21,64 % en 2011. En Italie, le chômage progresse également, mais reste plus faible à 8,37 % en 2011. L'Italie refait une partie de son retard.
 

Déficit des administrations publiques : Espagne 3 - Italie 3

Le déficit public est le vrai problème de l'Espagne. Avec la crise, il s'est très rapidement creusé pour atteindre 8,46 % du PIB en 2011. En Italie, le déficit est moins un problème que le stock de dette. Il a cependant atteint 3,95 % du PIB en 2011. Egalisation transalpine.
 

Dette publique : Espagne 4 - Italie 3

L'Italie a toujours eu une dette très élevée. Jusqu'à peu, on ne s'en souciait guère car l'épargne des ménages pouvait aisément y faire face. C'est moins vrai aujourd'hui : en 2011, la dette publique a atteint 120,11 % du PIB. En Espagne, le stock de dettes est assez faible, mais augmente rapidement. Il a atteint 68,5 % du PIB l'an passé. L'Espagne reprend la tête.
 

Taux de fécondité : Espagne 5 - Italie 3

Les deux pays méditerranéens ont des comportements de natalité assez similaires. Le taux de fécondité y est assez faible. L'Espagne, selon les Nations Unies, demeure cependant légèrement au-dessus à 1,50 enfant par femme, contre 1,48 pour l'Italie. L'Espagne creuse l'écart.
 

Espérance de vie : Espagne 5 - Italie 3

Match nul parfait entre ces deux pays qui ont, selon les Nations Unies, la même espérance de vie, assez élevée du reste : 82 ans en moyenne.
 

Evolution de la monnaie face au dollar sur un an : Espagne 5 - Italie 3

Là encore, impossible de départager ces deux pays membres, encore, de la zone euro.
 

Classement UEFA des Clubs : Espagne 6 - Italie 3

L'Espagne est un des grands pays européens pour ces clubs. La Liga est un des meilleurs championnats d'Europe. C'est non seulement le Real Madrid et Barcelone, mais aussi Séville, l'Atletico Madrid (vainqueur de la Ligue Europa cette année) et Valence qui jouent les premiers rôles en Europe. L'Espagne est deuxième, derrière l'Angleterre, au classement UEFA des clubs. En Italie, la puissance européenne des clubs n'est plus qu'un souvenir. Le championnat est frappé par les scandales et la désaffection des stades et les clubs ne sont plus aussi performants. L'Italie est 4ème au classement UEFA.
 

RESULTAT : 
Victoire espagnole dans un match très serré entre deux pays qui ont beaucoup de similarités.

(Sources : Banque mondiale, Bloomberg, UEFA, Nations Unies)
 

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Commentaires
a écrit le 29/06/2012 à 19:28 :
Quelle imbécilité cette comparaison, je fais remarquer que les ménages italiens sont celles qui possèdent le plus de patrimoine et font partie des plus riches alors que la dette privée espagnole a explosé avec la bulle immobilière, la Lombardie est la région la plus riche d'Europe, l'Espagne n'a aucune entreprise digne de ce nom. l'Espagne perd de la population chaque année, chômage à 50% chez les moins de 30 ans....et surtout les prix immobiliers espagnols vont encore baisser de plus de 25 % voire plus. La Tribune est une caricature anti-italienne. Pas sérieux tout ça.
Réponse de le 01/07/2012 à 21:27 :
La Tribune est noyautée par les hidalgos ...
a écrit le 10/06/2012 à 21:39 :
tiens un verdict pour le moins étonnant et sidérant compte tenu de la réalité de ces deux économies et de la conjoncture, il faut dire votre choix d'indicateurs (et des résultats) est pour le moins farfelu à moins que votre article n'a qu'un but grandguignolesque...

Donc au moment où l'Espagne bénéficie d'un plan de sauvetage de son économie et de son secteur bancaire (pas l'Italie), qu'elle est plombée par sa bulle immobilière (pas l'Italie) son endettement privé (pas l'Italie), un taux de financement de sa dette plus élevé que l'Italie, un taux de chômage de 22 % (excusez de peu) contre moins 10% à l'Italie, que le déficit espagnol est de plus 8% du PIB contre moins de 4%, que l'Italie redégage des excédents commerciaux pas comme l'Espagne...l'Espagne gagnerait 6-3...c'est très sérieux.

On pourrait rappeler aussi que l'Italie est tout simplement une bien plus grande puissance économique que l'Espagne, en PIB, et que le poids de son industrie et de ses exportations doivent représenter près du double.

J'ai remarqué que la presse française aimait reléguer à l'Italie à sa condition de nation "du sud" désormais synonyme de nation inférieure (une Europe qui devrait être dominée par la France et l'Allemagne pourquoi se gêner après tout) et non pas tout simplement à ce qu'elle est réellement, une grande nation européenne, la troisième économie et la seconde industrie.

Comme vous aimez choisir aussi ce que vous arrange (données brutes ou progression), on pourrait dire aussi que la dette publique italienne progresse beaucoup beaucoup moins vite que la dette publique espagnole et que vos choix sur les taux de fécondité et le PIB prêtent à discussion.

pour le FMI par exemple, le PIB/hab italien est largement devant son équivalent espagnol.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_PIB_%28nominal%29_par_habitant#cite_note-1

voilà merci et je ne souhaite aucun malheur à l'Espagne.
Réponse de le 29/06/2012 à 22:39 :
On verra qui redemarera sa croissance en premier, mais ca fait pas de doute que l'Espagne va se redresser bien plus rapidement que l Espagne. Donc le 6-3 est merite. Vous voyez ce que votre ideologie vous laisse entrevoir.
a écrit le 10/06/2012 à 17:58 :
FORZA ITALIA !
a écrit le 10/06/2012 à 17:16 :
la politique a quoi a voir avec le foot 11 joueurs très bien payer et 50 politicard qui baisse la gueule a toutes la société
votre article serait 6 pour les politicard et 3 pour nous qui travaillons pour leur donner a bouffe et qu`il puisse faire la belle vie
a écrit le 10/06/2012 à 15:02 :
Clownesque de bout en bout
6 a trois est loin d un match tres serré

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