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Royaume-Uni : les eurosceptiques volent de succès en succès

Tristan de Bourbon, à Londres

Publié le 23 janvier 2013 à 15:21 - Mis à jour le 23 janvier 2013 à 15:33

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L'effondrement des libéraux-démocrates et des conservateurs a engendré une forte poussée du très eurosceptique Parti de l'indépendance du Royaume-Uni dirigé par Nigel Farage.

Le turbulent Nigel Farage est sur un nuage. Les conservateurs à la peine suite aux difficultés économiques du pays et la lourdeur de leurs mesures d'austérité, les libéraux-démocrates décrédibilisés depuis leur entrée dans la coalition gouvernementale, son parti grimpe vole de succès en succès. Lors de trois élections parlementaires partielles fin novembre, le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni est ainsi arrivé deux fois en seconde position derrière le parti travailliste, une fois troisième. « Il apparaît incontournable que le parti devient la troisième force de la politique britannique, » s'est alors réjoui son chef de file.

Jusqu'alors, ses troupes s'étaient principalement illustrées sur la scène européenne. Leur cible : les représentants bruxellois et les institutions européennes. Une stratégie nationalement gagnante tant ces derniers sont exécrés par la majorité des Britanniques. Avec ses positions eurosceptiques et anti-immigration, il remporte en 2009 treize sièges au Parlement européen après avoir recueilli 16,5% des votes. Au niveau local, il a certes remporté des sièges aux conseils municipaux de la plupart des grandes villes d'Angleterre mais ses 3,1% des votes lors de l'élection générale de 2010 ne lui ont pas permis d'entrer au Parlement.

"La haine de l'Europe" 

Membre du parti conservateur depuis son adolescence, une institution sans doute un peu trop proprète pour lui, Nigel Farage rend sa carte en 1992 lors de la signature du mécanisme de taux de change européen par la Grande-Bretagne. « J'enrageais contre cette idiotie économique, » expliquera-t-il. Cette haine de l'Europe est déjà bien ancrée chez lui. Elle ne le quittera pas, malgré son mariage quelques années plus tard avec une Allemande, avec qui il a aujourd'hui eu quatre enfants. Par hasard, il tombe au même moment sur l'annonce d'une réunion menée par le groupe d'une Campagne pour un Royaume-Uni indépendant. En moins d'un an, il devient l'un des membres fondateurs de la Ligue anti-fédéraliste qui prendra le nom de Parti de l'indépendance du Royaume-Uni en 1993. Après deux échecs à l'élection européenne de 1994 et à l'élection générale de 1997, il entre au Parlement européen en 1999. Il prend en 2006 la tête de son parti, poste auquel il a été réélu en novembre 2010.

" Un référendum ne convaincrait sans doute pas les irréconciliables et ne permettrait pas de répondre aux préoccupations des hésitants "

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Selon une enquête menée auprès de plus de vingt mille partisans du parti de l'indépendance du Royaume-Uni par le vice-président du parti conservateur Michael Ashcroft, 12% des votants conservateurs de 2010, soit près 1,3 million d'électeurs, ont désormais choisi de voter plus à droite. Une trouvaille qui n'est pas pour rien dans le choix de David Cameron de mener une politique bien plus eurosceptique. Pourtant, selon l'étude dévoilée par Michael Ashcroft, le leader conservateur fait fausse route. « Il y a de nombreuses bonnes raisons pour la Grande-Bretagne de reconsidérer sa relation avec l'Europe mais si le Premier Ministre décide d'organiser un référendum, il ne doit pas le faire dans le but de saborder le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (..) L'Europe est plus une préoccupation pour son noyau dur que pour ses convertis potentiels. Un référendum ne convaincrait sans doute pas les irréconciliables et ne permettrait pas de répondre aux préoccupations des hésitants. » D'après le responsable conservateur, les nouveaux sympathisants du parti de Nigel Farage ont plus tourné leur veste pour des raisons psychologiques que pour des motifs de stratégies politiques pures. Ils sont bien plus concernés par leur avenir, par les thèmes de l'immigration et des aides sociales.

Tristan de Bourbon, à Londres

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