Royaume-Uni : les eurosceptiques volent de succès en succès

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DR Nigel Farage dirige le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni
L'effondrement des libéraux-démocrates et des conservateurs a engendré une forte poussée du très eurosceptique Parti de l'indépendance du Royaume-Uni dirigé par Nigel Farage.

Le turbulent Nigel Farage est sur un nuage. Les conservateurs à la peine suite aux difficultés économiques du pays et la lourdeur de leurs mesures d'austérité, les libéraux-démocrates décrédibilisés depuis leur entrée dans la coalition gouvernementale, son parti grimpe vole de succès en succès. Lors de trois élections parlementaires partielles fin novembre, le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni est ainsi arrivé deux fois en seconde position derrière le parti travailliste, une fois troisième. « Il apparaît incontournable que le parti devient la troisième force de la politique britannique, » s'est alors réjoui son chef de file.

Jusqu'alors, ses troupes s'étaient principalement illustrées sur la scène européenne. Leur cible : les représentants bruxellois et les institutions européennes. Une stratégie nationalement gagnante tant ces derniers sont exécrés par la majorité des Britanniques. Avec ses positions eurosceptiques et anti-immigration, il remporte en 2009 treize sièges au Parlement européen après avoir recueilli 16,5% des votes. Au niveau local, il a certes remporté des sièges aux conseils municipaux de la plupart des grandes villes d'Angleterre mais ses 3,1% des votes lors de l'élection générale de 2010 ne lui ont pas permis d'entrer au Parlement.

"La haine de l'Europe" 

Membre du parti conservateur depuis son adolescence, une institution sans doute un peu trop proprète pour lui, Nigel Farage rend sa carte en 1992 lors de la signature du mécanisme de taux de change européen par la Grande-Bretagne. « J'enrageais contre cette idiotie économique, » expliquera-t-il. Cette haine de l'Europe est déjà bien ancrée chez lui. Elle ne le quittera pas, malgré son mariage quelques années plus tard avec une Allemande, avec qui il a aujourd'hui eu quatre enfants. Par hasard, il tombe au même moment sur l'annonce d'une réunion menée par le groupe d'une Campagne pour un Royaume-Uni indépendant. En moins d'un an, il devient l'un des membres fondateurs de la Ligue anti-fédéraliste qui prendra le nom de Parti de l'indépendance du Royaume-Uni en 1993. Après deux échecs à l'élection européenne de 1994 et à l'élection générale de 1997, il entre au Parlement européen en 1999. Il prend en 2006 la tête de son parti, poste auquel il a été réélu en novembre 2010.

" Un référendum ne convaincrait sans doute pas les irréconciliables et ne permettrait pas de répondre aux préoccupations des hésitants "

Selon une enquête menée auprès de plus de vingt mille partisans du parti de l'indépendance du Royaume-Uni par le vice-président du parti conservateur Michael Ashcroft, 12% des votants conservateurs de 2010, soit près 1,3 million d'électeurs, ont désormais choisi de voter plus à droite. Une trouvaille qui n'est pas pour rien dans le choix de David Cameron de mener une politique bien plus eurosceptique. Pourtant, selon l'étude dévoilée par Michael Ashcroft, le leader conservateur fait fausse route. « Il y a de nombreuses bonnes raisons pour la Grande-Bretagne de reconsidérer sa relation avec l'Europe mais si le Premier Ministre décide d'organiser un référendum, il ne doit pas le faire dans le but de saborder le Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (..) L'Europe est plus une préoccupation pour son noyau dur que pour ses convertis potentiels. Un référendum ne convaincrait sans doute pas les irréconciliables et ne permettrait pas de répondre aux préoccupations des hésitants. » D'après le responsable conservateur, les nouveaux sympathisants du parti de Nigel Farage ont plus tourné leur veste pour des raisons psychologiques que pour des motifs de stratégies politiques pures. Ils sont bien plus concernés par leur avenir, par les thèmes de l'immigration et des aides sociales.
 

 

 

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a écrit le 24/02/2013 à 13:22 :
Il faut sortir de l'europe des courgettes calibrees et de sa monaie d'escroc.
a écrit le 23/02/2013 à 6:54 :
... une photo tendancieuse ! Indigne d'un journalisme qui doit rester mesuré et le plus neutre possible. Quant au fond, il est clair que l'Europe hyper bureaucrate et dispendieuse pour les nations quémandeuses ne peut pas plaire à une groupement de nations historiquement obnubilées par l'effort et la rentabilité des investissements.
Réponse de le 24/02/2013 à 13:46 :
D'accord ce vous. Pour quant lorsqu la pho dénigre un homme u gouvernement actuel française, je ne lis que s posts amusés...deux poids deux mesures de la part des lecteurs....
a écrit le 24/01/2013 à 1:01 :
Tout comme pour Enoch Powell les anglais diront: "Nigel was right"

a écrit le 23/01/2013 à 21:12 :
Qu'ils dégagent !
a écrit le 23/01/2013 à 19:40 :
Nigel est tout sauf turbulent et il a du courage, c'est sans doute ce qui choque dans une union européenne où n'ont de grâce que ceux dont l'apparent apparat n'est que celui du voisin de derrière. De plus, c'est un fervent européen mais un ennemi des tyrannies, voilà pourquoi il déteste l'UE dans sa forme actuelle. Enfin, il n'est guère aimable de votre part d'avoir pris une photo de lui en gros plan, cela donne le ton de l'article mais ce n'est pas très professionnel et c'est une litote de l'écrire !
Réponse de le 23/01/2013 à 20:04 :
100% d'accord avec vous
Réponse de le 24/01/2013 à 1:32 :
Farage n'est pas anti Européen, il est anti cette Europe là (comme une part grandissante des diverses populations européennes), la nuance est importante. Et cette photo, mon Dieu, vous souhaitez à ce point rendre ce personnage antipathique, ce qu'il n'est au demeurant pas.
a écrit le 23/01/2013 à 18:58 :
On devrait aussi sortir de cette europe...
a écrit le 23/01/2013 à 18:49 :
Quelque chose m'a toujours paru choquant.
On fait revoter plusieurs fois les pays qui ont voter non à l'Europe jusqu'à ce que ils votent oui.
Mais au vu du scepticisme de plus en plus grand d'européens on ne leur propose pas un nouveau vote pour savoir si ces pays veulent rester dans l'Europe.
Pourquoi?
a écrit le 23/01/2013 à 18:03 :
fait très propagande.
a écrit le 23/01/2013 à 18:00 :
La Grande Bretagne veut avant tout de l'Europe l'ouverture à ses entrepreneurs d'un marché dynamique, elle n'a jamais accepté l'idée d'un soutien au développement des zones européennes les moins bien pourvues sans cette première condition. La nation de boutiquiers veut un business bien géré et ce n'est pas une mauvaise idée quand on voit la gabegie de Bruxelles et Strasbourg.
Il n'est pas mauvais que quelqu'un mette de temps en temps un coup de pied dans la fourmilière et demande une obligation de résultat.
Aux autres pays d'y ajouter une dimension plus sociale si tant est qu'il ne s'agisse pas de répandre dans toute l'Europe le mauvais exemple français du dépenser plus pour investir moins.
Il faut redonner à l'Europe un potentiel de croissance et donc d'augmentation de la richesse comparable à celui des autres continents ce qui impose de créer un environnement porteur avant de songer à le réguler.
Les anglais peuvent nous aider en la matière par leur pragmatisme légendaire.
"I want my growth potential back" aurait dit l'autre.
a écrit le 23/01/2013 à 17:44 :
Les eurosceptiques vont tomber dans la fosse du même nom, et personne ne les y aura poussé.
Réponse de le 23/01/2013 à 19:44 :
La profondeur de votre commentaire démontre clairement que vous n'avez pas encore atteint son sommet.
Réponse de le 23/01/2013 à 20:55 :
Effectivement, ce serait plutôt le fond (de la fosse)

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