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Syrie : John Kerry poursuit son offensive diplomatique en Europe

Photo de Christine Lejoux

latribune.fr

Publié le 08 septembre 2013 à 15:29 - Mis à jour le 08 septembre 2013 à 15:47

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Après avoir obtenu samedi le "soutien politique" des Européens à une "réponse claire et forte" à l'attaque chimique en question, John Kerry a rencontré à Paris ses homologues de plusieurs pays arabes, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a poursuivi dimanche en Europe son offensive diplomatique, afin de justifier des frappes contre la Syrie, accusée d'avoir perpétré un massacre chimique le 21 août, près de Damas. Une allégation une nouvelle fois démentie par le président Assad, qui a "nié avoir quelque à voir dans cette attaque", selon la chaine CBS. Après avoir obtenu samedi le "soutien politique" des Européens à une "réponse claire et forte" à l'attaque chimique en question, John Kerry a rencontré à Paris ses homologues de plusieurs pays arabes, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi.

"Nous étions unanimes à dire que le recours odieux par Assad aux armes chimiques (...) a franchi une ligne rouge internationale", s'est félicité le secrétaire d'Etat américain, à l'issue de cette rencontre. "Un certain nombre de pays ont immédiatement signé le communiqué (endossé par douze pays) du G20" appelant à une "réponse forte" à la Syrie, a-t-il ajouté. Parmi ceux-ci figurent l'Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent l'opposition syrienne. Pour les autres, "chacun fera sa propre annonce dans les 24 heures", a précisé John Kerry, alors que le Congrès américain doit se prononcer dans les prochains jours sur une action militaire en Syrie.

L'Iran et l'Irak prônent une solution pacifique

Principal soutien régional de Damas, l'Iran a de son côté réaffirmé dimanche son hostilité à toute intervention étrangère en Syrie, intervention qui serait "illégale" selon la charte de l'ONU, a affirmé le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, en visite à Bagdad. "Nous appelons tous les pays à s'asseoir à la table des négociations pour résoudre pacifiquement la crise syrienne", a déclaré M. Zarif. Son homologue irakien Hoshyar Zebari a lui aussi appelé à une solution pacifique à la crise, affirmant qu'"une frappe militaire nuirait aux efforts politiques en cours".

Paris et Washington sont favorables à une sanction militaire

Au contraire, pendant tout le week-end, Paris et Washington ont affiché leur détermination à "sanctionner" militairement le régime syrien, se targuant d'un soutien international "large et grandissant" à une action militaire. "C'est notre Munich à nous!", avait lancé samedi soir à Paris M. Kerry, dans l'espoir de convaincre des opinions publiques réticentes, voire hostiles, en France et aux Etats-Unis. La France et les Etats-Unis, qui s'étaient durement opposés en 2003 sur l'Irak, affirment d'une même voix qu'une action armée contre la Syrie ne ressemblera en rien aux interventions en Irak, en Afghanistan ou même au Kosovo ou en Libye.

Evoquant le "soutien politique" apporté la veille par les 28 de l'Union européenne, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a précisé dimanche que la France et les Etats-Unis n'avaient "pas besoin matériellement, militairement, que tous ces pays s'engagent. La plupart d'entre eux n'ont pas les moyens de le faire", a-t-il relevé.

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L'issue du vote du Congrès américain est très incertaine

Le secrétaire d'Etat américain regagnera Washington lundi, après avoir rencontré à Londres, dimanche soir, le président palestinien Mahmoud Abbas, et, lundi matin, le chef de la diplomatie britannique, William Hague, dont le gouvernement a dû renoncer à s'associer à une intervention militaire en Syrie après un véto du parlement. La situation serait "alarmante si les différents Parlements du monde" décidaient eux aussi qu'il ne faut pas intervenir, a estimé dimanche M. Hague, pour qui "le risque de ne rien faire est plus grand que celui d'agir".

Le Congrès américain doit donner ou non dans les prochains jours son feu vert aux frappes, comme l'avait décidé le week-end dernier le président Obama. L'issue du vote est très incertaine, notamment à la Chambre des représentants. Alors que les télévisions américaines diffusaient en boucle ce week-end des images de victimes des attaques à l'arme chimique du 21 août, le président américain a prévu d'enregistrer lundi une interview avec les grandes chaînes américaines. Diffusée dans la soirée, l'interview précédera le message à la Nation d'Obama mardi, avant le vote du Congrès.

Le rapport des inspecteurs de l'ONU est très attendu

Son homologue français François Hollande a aussi promis de s'adresser à son opinion, mais après le vote du Congrès et la remise du "rapport des inspecteurs" de l'ONU qui ont enquêté fin août. Aux yeux de la plupart des Etats de l'Union européenne, ce rapport attendu dans les jours à venir est une étape essentielle, susceptible de confirmer de manière indépendante les accusations d'attaques aux gaz toxiques. M. Hollande s'est engagé à attendre ce document avant d'agir éventuellement militairement. Pour M. Kerry en revanche, les Etats-Unis n'attendront pas s'ils doivent frapper.

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  • Cameron renonce à l'intervention militaire en Syrie après le vote négatif des députés

Selon le Los Angeles Times, le Pentagone prépare des frappes plus longues et plus intenses qu'initialement prévu, pendant trois jours. Les stratèges américains optent pour un barrage massif de tirs de missiles, suivi de frappes supplémentaires contre les cibles manquées, selon des responsables du Pentagone cités par le quotidien. Sur le terrain, les combats se poursuivaient entre rebelles et fidèles du régime de Bachar al-Assad. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les rebelles, constitués notamment de jihadistes du Front Al-Nosra lié à Al-Qaïda, ont pris dans la nuit le contrôle du village chrétien de Maaloula au nord de Damas après de violents affrontements.

latribune.fr

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