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ÉconomieInternational

La Syrie craint une frappe occidentale imminente

Photo de Mathias Thépot

latribune.fr

Publié le 31 août 2013 à 12:16 - Mis à jour le 31 août 2013 à 12:46

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Après le départ ce samedi des experts de l'ONU, le pouvoir en Syrie s'attend à une frappe occidentale à tout moment car Paris et Washington se montrent déterminés à agir.

Le pouvoir en Syrie s'attend à une frappe occidentale à tout moment. Paris et Washington se montrant en effet déterminés à agir contre le régime accusé d'avoir tué des centaines de personnes dans une attaque chimique. Malgré l'opposition des autres grandes puissances -Londres, Moscou, Pékin- à une intervention militaire dans la guerre civile en Syrie, les présidents américain Barack Obama et français François Hollande veulent adresser un "message fort" au régime de Bachar el-Assad qu'ils tiennent pour "responsable" de l'attaque du 21 août près de Damas.

L'attaque chimique aurait fait 1.429 morts, font 426 enfants

Le pouvoir syrien, qui a nié tout recours aux armes chimiques et retourné l'accusation contre les rebelles, a rejeté comme "des mensonges" le rapport des renseignements américains sur l'implication de l'armée dans cette attaque qui a fait, selon Washington, 1.429 morts, dont 426 enfants. Après le départ le matin des experts de l'ONU de Damas pour le Liban, une fenêtre d'opportunité pour d'éventuelles frappes s'est ouverte selon les experts, alors que M. Obama doit participer les 4 et 5 septembre au sommet du G20 à Saint-Petersbourg.

L'attaque occidentale générerait une riposte

Un haut responsable des services syriens de sécurité a affirmé à l'AFP s'attendre désormais "à une agression à tout moment" et répété que son pays était "prêt à riposter également à tout moment". "Cette agression (occidentale) non justifiée ne passerait pas sans une riposte", a-t-il ajouté. Les partisans de frappes défendent "une mauvaise cause, qui n'a rien à voir ni avec la morale, ni le droit international". Le président Bachar al-Assad avait lui aussi prévenu jeudi que son armée se défendrait face à toute frappe étrangère et a réaffirmé sa détermination à en finir avec les rebelles, les premiers à l'accuser d'avoir eu recours à des armes prohibées.

Obama condamne l'impuissance de l'ONU

Durant quatre journées d'enquête, les experts de l'ONU se sont rendus sur les sites de l'offensive et dans des hôpitaux, effectuant de nombreux prélèvements, en particulier sanguins, d'urine et de cheveux sur des victimes. Même si l'analyse des échantillons pourrait prendre des semaines, les experts doivent faire un rapport préliminaire au patron de l'ONU Ban Ki-moon à New York. Mais les États-Unis ont expliqué qu'ils n'attendaient pas grand-chose du rapport onusien en assurant avoir déjà toutes les données en main. Barack Obama a même condamné "l'impuissance" du Conseil de sécurité de l'ONU qui n'a pas réussi à parler d'une seule voix depuis le début en mars 2011 du conflit en Syrie, déclenché par la répression d'une contestation pacifique et ayant fait plus de 100.000 morts.

La France, la Ligue arabe et l'Australie, avec les États-Unis

Pourtant, et malgré le coup de théâtre jeudi du refus du Parlement britannique d'une intervention militaire, Washington a dit pouvoir compter sur des alliés comme la France, la Ligue arabe et l'Australie. Même s'il a affirmé n'avoir pas encore pris de "décision finale", Barack Obama a évoqué une action "limitée" en Syrie, disant ne pas "pouvoir accepter un monde dans lequel des femmes, des enfants et des civils innocents sont gazés". "Quoi qu'il arrive, nous n'envisageons pas une action militaire comprenant des soldats au sol et une longue campagne".

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La Russie demande des preuves

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Dans le camp adverse, la Russie et l'Iran ont mis en garde contre une action armée contre leur allié syrien, et Moscou a envoyé deux nouveaux bateaux de guerre en Méditerranée.
Le président russe Vladimir Poutine a d'ailleurs qualifié samedi d'"absurdité totale" les accusations d'utilisation d'armes chimiques par la Syrie, en demandant aux États-Unis de fournir les preuves d'une éventuelle implication du régime syrien.
"Les forces syriennes sont à l'offensive et cernent l'opposition dans plusieurs régions. Dans ces conditions, fournir un tel prétexte à ceux qui appellent à une intervention armée serait une absurdité totale", a déclaré M. Poutine aux journalistes à Vladivostok, en répondant à une question sur l'utilisation présumée d'armes chimique par le régime syrien. "Concernant la position de nos amis américains, qui affirment que les troupes gouvernementales (syriennes) ont utilisé (...) des armes chimiques et disent avoir des preuves, hé bien, qu'ils les montrent aux enquêteurs des Nations unies et au Conseil de sécurité", a-t-il demandé. "S'ils ne le font pas, cela veut dire qu'il n'y en a pas", a-t-il assuré.________

Lire aussi : US report on Syrian chemical weapons

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