Tensions au Medef sur la rémunération des patrons

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Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic, a démissionné du comité d'éthique du Medef, qui travaille sur la question de la rémunération des patrons, annonce "Le Figaro" de ce jeudi.

Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic ("Entreprises de taille humaine, indépendantes et de croissance"), a démissionné du comité d'éthique du Medef, instance qui travaille essentiellement, depuis sa création en mars 2008, sur la question de la rémunération des patrons, a annoncé "Le Figaro" de ce jeudi.

"Si on veut éviter une loi qui encadre [la rémunération des patrons], on doit prendre les moyens nécessaires et non se contenter d'une position a minima", a affirmé au quotidien Sophie de Menthon.

"Seul un comité des sages, indépendant, siégeant ailleurs qu'au Medef, constitué de personnalités indiscutables et pouvant distribuer des blâmes, pourrait aider à réconcilier le monde entrepreneurial avec l'opinion", a-t-elle expliqué. Ce serait là, selon "Le Figaro", "une divergence de fond avec la majorité des membres du comité éthique et avec Laurent Parisot".

"Sophie de Menthon n'a pas totalement tort sur le fond, mais elle mène une opération de communication parce qu'elle a compris qu'elle se serait pas présidente du comité des sages", a assuré au "Figaro" Robert Leblanc, président du comité.

Le comité d'éthique du Medef a été lancé il y a un an par Laurence Parisot pour tenir "un rôle d'aiguillon", selon les termes de cette dernière. "Il aura une liberté de parole et de pensée totale", avait-elle affirmé lors de son lancement. "Des recommandations de bonne gouvernance ont été émises en janvier 2007 par le Medef et l?Afep (Association française des entreprises privées); il faut s?assurer maintenant de leur respect et dire ce qui ne va pas", expliquait le communiqué publié au moment de son lancement.

Le comité compte dans ses rangs des organisations d'entreprises, telles que Croissance Plus et CJD (Centre des jeunes dirigeants), des dirigeants d'entreprise (Philippe Crouzet pour Saint-Gobain, Geneviève Ferone pour Veolia Environnement, Gilles Denoyel pour HSBC France, Françoise Gri pour Manpower France, Maxime Holder pour Boulangeries Paul, Gilles de Margerie pour Crédit Agricole SA, ...) ou encore des journalistes tel Yves de Kerdrel, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire "Le Journal des Finances" (groupe Figaro).

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Commentaires
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
DISTRIBUER des BLâMES = LISTE NOIR DES PATRONS VOYOUS Sophie de Menthon A RAISON et il FAUT LA SOUTENIR - Les BANDITS de la FINANCE sont en liberté et IL FAUT POUVOIR LES METTES SUR UNE LISTE "NOIR PROFOND" ---
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le 18 février 2009, Nicolas Sarkozy a souhaité « que les dirigeants mandataires sociaux, dont l?entreprise met en ?uvre un plan social d?ampleur ou recourt massivement au chômage partiel, renoncent à la part variable de leurs rémunérations. »
Le 20 mars 2009, Nicolas Sarkozy a affirmé que « quand il y a un plan social, des aides publiques, les bonus, plans, stock options, rémunérations annexes ne sont pas admissibles. »

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les places financières et entreprises affirment ne pas pouvoir fonctionner sans latitude dans le système de compensation salariale des hauts salaires.
Mais les salariés de base doivent accepter de nombreuses concessions qui baissent leurs rémunérations voir le chômage du fait des effets de la crise déclenchée par les errements des lieux bénis de la finance.
Il est donc temps que les barons de la finance et les grands patrons du CAC 40 et des entreprises nationales acceptent de réaliser des efforts.
En 1999, la rémunération annuelle moyenne des patrons du CAC40 étaient de 588 000 euros, en 2007, elle était de 4,7 millions euros : il est temps de limiter les abus et la gloutonnerie des grands patrons et financiers.
Petit rappel : 5,3 millions d?euros perçus en 2005 comme indemnités de départ par Serge Weinberg, président de PPR, 5,6 millions d?euros perçus en 2006 par Serge Tchuruk, président d?Alcatel, 6 millions en 2006 pour Noël Forgeard, président exécutif d?EADS, 9 millions en 2005 pour Daniel Bernard PDG de Carrefour et 13 millions en 2006 pour Antoine Zacharias, président de Vinci.
Est-il normale que de telles inégalités salariales existent ?

a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Lorsque des millions de personnes sont frappées par le chômage, est-il normal que des patrons se paient démesurément sur leur entreprise, que se développent (ou dérapent) chez eux cet appât du gain et cette avidité ?


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