Nicolas Sarkozy "proche des Français" pour l'UMP, sans solutions selon l'opposition

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A moins de deux mois des élections régionales, le Président de la République s'est livré lundi soir à un exercice dans lequel il s'est montré à son aise mais sans faire beaucoup d'annonces. Les critiques de l'opposition se portent essentiellement sur la vacuité des réponses concrètes apportées aux problèmes des Français soulevés lors du débat.

A moins de deux mois des élections régionales, grand test de la mi-mandat, Nicolas Sarkozy s'est employé lundi soir sur TF1 à défendre ses réformes face à onze citoyens peu épargnés par la crise, l'occasion d'un dialogue courtois mais aussi tendu par moments. Retraites, identité nationale, chômage, régionales, Afghanistan, le double salaire de Proglio, immigration clandestine, délocalisations, les élections régionales : tous les sujets sont passés sur la table.

Tous les sujets ont été abordés

Nicolas Sarkozy a affirmé qu'Henri Proglio, patron d'EDF et président non-exécutif de Veolia, se consacrerait à «100% à EDF» une fois la «transition» faite à la tête de Veolia, qui doit durer «quelques mois». Concernant les retraites, le Président a indiqué que la réforme concernerait tout le monde, aussi bien les salariés du privé que du public.

Par ailleurs, concernant que l'affaire des clandestins débarqués en Corse en fin de semaine dernière, Nicolas Sarkozy a assuré que la situation a été «très bien gérée par les autorités» et que ceux qui n'auront pas obtenu le statut de réfugiés «seront raccompagnés chez eux». Il a également déclaré que le débat sur l'identité nationale, très contesté dans les rangs politiques comme dans l'opinion publique, se passe «tout à fait dignement» et «est profondément utile dans la situation de crise que nous avons connue».

Le chef de l'Etat a affirmé que «dans les semaines et les mois qui viennent», les Français verront «reculer le chômage».

Interrogé par un syndicaliste du constructeur français, le président de la République a vivement critiqué la stratégie mise en place par Renault dans le passé en terme de délocalisations et d' appel à des sous-traitants étrangers. «La stratégie de Renault ces dix dernières années je ne l'accepte pas», a-t-il déclaré.

Concernant les régionales et un éventuel remaniement, Nicolas Sarkozy a indiqué qu'il ne participerait pas à la campagne de sa majorité pour le scrutin régional. Le chef de l'Etat a précisé que le «moment n'est pas arrivé» d'en tirer les conséquences pour son gouvernement.

Enfin, le chef de l'Etat a indiqué que la France n'enverra pas de «soldats combattants» supplémentaires en Afghanistan, mais elle est ouverte à l'envoi de formateurs pour aider les forces afghanes.

Les réactions à cette intervention du Président ont été nombreuses dans la majorité comme dans l'opposition.

La majorité souligne un Président proche des français

Le Premier ministre François Fillon a affirmé que Nicolas Sarkozy avait "confirmé la force et le pragmatisme de son engagement au service de tous les Français", lors de son échange, lundi soir sur TF1, avec onze Français. "Le président de la République s'est montré une nouvelle fois à l'écoute des préoccupations des Français et soucieux d'assumer ses responsabilités au service de la France", a affirmé M. Fillon dans un communiqué. Selon lui, M. Sarkozy "a su expliquer que la réforme était la condition indispensable à notre redressement économique et au progrès social. Il s'est montré fidèle à ses convictions, mais aussi sensible aux interrogations et aux difficultés de nos concitoyens, auxquelles il a répondu avec franchise".
"Le chef de l'Etat a tracé les perspectives autour desquelles le pays doit se rassembler: le combat pour la croissance qui exige un effort de compétitivité et de responsabilité budgétaire, le renforcement de la solidarité qui réclame courage et dialogue social, l'attachement aux valeurs de la République", a-t-il ajouté. "Président en action et à l'écoute, Nicolas Sarkozy a confirmé la force et le pragmatisme de son engagement au service de tous les Français", a-t-il conclu.

Luc Chatel, le ministre de l'Education et porte-parole du gouvernement a évoqué "un président proche des Français, maîtrisant bien ses dossiers et redonnant de l'espoir, un président à la portée des Français. On a assisté à un exercice de démocratie moderne et apaisée, avec des échanges parfois vifs, toujours francs et directs mais toujours respectueux, c'est de bon ton dans notre démocratie".

Eric Woerth, le ministre du Budget a quant à lui déclaré que "le président avait vraiment les deux pieds sur le terrain. C'était un exercice qui était sans indulgence, qui était franc et direct, qui était extrêmement concret. Le président a montré qu'il connaissait évidemment bien ses dossiers et qu'il était investi à fond. Il y a eu une sorte de langage de vérité même si les Français qui étaient là avaient l'envie ou le besoin d'être convaincus sur des cas concrets".

Pour Jean-François Copé, président du groupe des députés UMP a indiqué dans un communiqué un président, "à l'écoute des Français et leurs préoccupations, a dit les choses en toute franchise et sans faux-semblants, sur la réalité économique et sociale, sur la crise et ses conséquences et sur les réformes à conduire".

Thierry Mariani, tête de liste UMP en Paca, a salué dans un communiqué "l'oeuvre de pédagogie et le langage de vérité dont le président de la République a fait preuve avec nos concitoyens". "Il a en effet répondu sans détour aux questions qui lui ont été posées, prenant le temps d'expliquer des choix que la situation de crise nous a parfois contraints à prendre rapidement pour qu'ils soient efficaces".

Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, a déclaré que "le capitaine tient le cap. En expliquant sa politique et celle de la majorité sans faux-fuyant, en assumant ses choix, Nicolas Sarkozy a sans doute rassuré les Français et en traçant des perspectives claires pour l'avenir, il les a engagés à ne pas avoir peur des lendemains d'après-crise".

Enfin, le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a estimé lundi soir que Nicolas Sarkozy avait montré lors de son débat face à onze Français sur TF1 que ses "priorités", notamment l'emploi, étaient "les mêmes que celles des Français". "L'emploi est la question prioritaire pour les Français" et "ce que le président de la République a montré ce soir c'est que ses priorités sont les mêmes priorités (que celles) des Français", a-t-il déclaré lors de l'émission "Mots Croisés" sur France 2. "Les réformes de l'année 2010, ce soir, ont été encore une fois précisées" par le président de la République, a ajouté le député de l'Aisne, citant notamment la "question fondamentale" des retraites, celle de la "dépendance" et "l'action en faveur des entreprises" qui est "une action en faveur de l'emploi". "Voilà le fil conducteur de notre action", a-t-il insisté.

L'opposition critique les effets de manche du Président

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a déclaré lundi que le discours de Nicolas Sarkozy était "démissionnaire" par rapport aux grands problèmes des Français comme l'emploi. "Il y a sans doute un effort louable du président de la République pour expliquer sa politique mais j'ai eu le sentiment surtout, à la fin de l'exercice, que la formule est épuisée, que ça ne marche plus", a-t-il dit sur Europe 1 après l'intervention du président sur TF1 face à un panel de Français. "Sur à peu près tous les sujets, on a eu le sentiment que le président se justifiait, tentait de faire un plaidoyer pro domo en faveur de sa politique et qu'au bout du compte, il avait en face de lui l'oreille lasse d'hommes et de femmes qui ne croient plus tellement dans cette formule, qui est une formule qui a échoué parce que les résultats ne sont absolument pas au rendez-vous", a-t-il ajouté. A propos du patron d'EDF Henri Proglio, Benoît Hamon a estimé que Nicolas Sarkozy avait reconnu qu'il avait eu tort d'accepter le cumul de sa rémunération et de cette fonction avec celles de président non exécutif de Veolia, pour ajouter : "C'est bien, mais c'est tard".

L'eurodéputé MoDem Robert Rochefort a jugé lundi "peu crédible" la prestation du président. "Le superprésident a voulu jouer tous les rôles: celui du président, du Premier ministre, des ministres et du chargé de la communication, le tout dans la compassion, mais sans tracer de perspective claire", a expliqué à l'AFP l'élu centriste, estimant qu'au final la prestation présidentielle n'était "pas crédible". Pour Robert Rochefort, le président a également fait preuve de "démagogie" lorsqu'il a dit ne pas accepter que les voitures de Renault ou Peugeot destinées au marché français soient fabriquées à l'étranger. "Je l'ai trouvé également bien hardi lorsqu'il a annoncé que le chômage allait baisser dans les prochaines semaines", a-t-il conclu.

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a dénoncé le "discours faussement paternaliste qui tourne à vide" de Nicolas Sarkozy, et critiqué "un président qui commente et qui s'agite" au lieu d'agir. "Précarité, chômage, délocalisations, pour Nicolas Sarkozy, une seule cause à tous les maux: les 35 heures et l'inaction des gouvernements précédents", écrit dans un communiqué la tête de liste d'Europe-Ecologie en Ile-de-France. "Un seul remède : le retour de la croissance et lui", ironise-t-elle. "Malgré quelques moments où il a paru en difficulté face aux problèmes d'un quotidien qui ressemble à travailler plus ou plus du tout, pour de toute façon gagner moins, Nicolas Sarkozy n'a pas fait autre chose qu'un diagnostic. Et de renvoyer les solutions à un avenir que lui seul connaît", fait-elle valoir. "Face à l'urgence sociale et écologique, nous avons un président qui commente et qui s'agite. On souhaiterait plutôt un président qui agit", conclut-elle.

Olivier Besancenot (NPA) a lancé "un appel à la résistance sociale et politique". "C'était la parole du président de la République plutôt que la parole des Français". "Des annonces en cascade de tous les mauvais coups qui nous attendent après les régionales: retraites, santé, services publics". M. Sarkozy "a raconté sa compassion à tous ceux qui sont victimes de sa politique".

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF a indiqué dans un communiqué que "Ce soir, dans une émission pourtant calibrée pour le relancer à mi-mandat", M. Sarkozy "a perdu tout crédit". "Aux affaires depuis 2002, comme l'un des principaux ministres puis comme chef de l'Etat, ce soir le roi était nu". "Que lui reste-t-il pour assouvir sa soif de médias : s'inscrire au prochain concours de l'Eurovision pour interpréter +paroles, paroles paroles+". (communiqué)

Pour Jean-Michel Baylet (PRG), M. Sarkozy "s'entête dans ses choix alors que les services publics se dégradent et que la crise sociale s'accentue". Le chef de l'Etat a "essayé d'endormir les Français à la veille des élections régionales en donnant l'impression qu'il mène la seule politique possible, et que les sacrifices qui doivent être consentis par les plus modestes sont indispensables".

Enfin, la vice-présidente du Front national, Marine Le Pen, a estimé que Nicolas Sarkozy avait tenu lundi soir un langage "schizophrénique" en dénonçant banquiers, constructeurs automobiles ou grande distribution à qui "il a donné des dizaines de milliards". Nicolas Sarkozy, qui répondait lundi soir aux questions de onze Français sur TF1, a été "un président qui perd pied", a estimé Marine Le Pen, interrogée par l'AFP, un président "jouant en fond de court". Le "plus intéressant, c'est ce qu'ont dit les Français de leurs préoccupations, sur les méfaits de l'Europe, la bureaucratie, le niveau des salaires, tout ce que dénonce le Front national", a-t-elle ajouté. Le "seul qui avait l'air content, c'est le jeune homme qui venait de banlieue. C'est normal, puisqu'elle bénéficie de l'attention exclusive du gouvernement", selon Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy a "rappelé que la banlieue va bénéficier exclusivement de la discrimination positive, au détriment des millions d'autres Français et jeunes français qui, eux, n'y auront pas droit", a-t-elle conclu.

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Commentaires
a écrit le 26/01/2010 à 21:58 :
proche des Français? c'est les rois du gag à l'ump
a écrit le 26/01/2010 à 16:20 :
Proche des français ? Manque pas d'air...
a écrit le 26/01/2010 à 15:36 :
Comme d'habitude Sarko fait son show, cela ne change rien, les riches resteront riches et les pauvres resteront encore plus pauvres. Depuis 2 ans aucune promesse n'est tenue. L'affaire Proglio comme tant d'autres est scandaleuse c'est indécent quand on sait que beaucoup de personnes ne percoivent même pas le smic. Espèrons que les français cette fois-ci ne seront pas dupes. Quand à la baisse du taux de chomage que Sarko aille expliquer aux ouvriers de Total Dunkerque que tout va bien, au mois de février je pense que le taux va plutôt augmenter. Quand on analyse sa prestation d'hier, TOUT VA BIEN ! Zorro est là pour protéger les gueux.
a écrit le 26/01/2010 à 13:27 :
Les téléspectateurs qui ont eu le courage d'aller jusqu'au bout de l'émission ont découvert un mauvais acteur, un comique pas drôle. Souhaitons pour la France, que le Président retrouve rapidement le sens de la responsabilité qui caractérise le chef de l'Etat de notre République.
http://gwadaboul.blogs.nouvelobs.com
a écrit le 26/01/2010 à 13:04 :
Que se passe-t-il si dans les semaines à venir on ne voit pas la baisse du chômage annoncée par le druide Sarkomix?..............RIEN, malheureusement et il le sait bien. Toute cette omelette qu'on veut nous faire avaler en ce moment comme les nouvelles taxes, l'identité nationale, la dette publique, l'inflation masquée, le chômage, ect...ect.., ça va finir par par leur retomber sur la tête. Vite...vite de la potion magique!
a écrit le 26/01/2010 à 12:07 :
C'est la PREMIERE FOIS qu'il as été lui-même, pas de journaliste pour le couper, l'entrecouper, je dirais même qu'il se rapproche de nos requetes..

J'ai aimé....
a écrit le 26/01/2010 à 11:36 :
Des milliards pour nous aussi.
Le président de l?UMP a eu hier soir un retour des français sur la politique économique qu?il mène.
Après avoir donner des milliards, à ceux qui ont la chance de faire des heures supplémentaires, des milliards à ceux qui peuvent s?acheter des voitures et de faire de l?année 2009, l?année ou il s?est vendu le plus de voiture en France en pleine crise, des milliards à ceux qui ont la chance d?hériter, des milliards à ceux qui ont la chance d?aller au restaurant, des milliards à ceux qui ont la chance de payer plus de 50% d?impôts, des milliards aux entreprises pharmaceutiques avec la crise de la grippe A, que reste-t-il aux autres ? D?autant plus que ces milliards ce sont aussi ceux qui n?ont pas la chance d?en profiter qui paient.
C?est pourquoi, les français sont venus lui dire hier soir qu?eux aussi en avaient besoin.
Malheureusement, les réformes jusqu?ici n?ont augmenté le pouvoir d?achat que de ceux qui ont la chance de ne pas en avoir besoin.
Des exemples de réformes juste pourtant il aurait pu en faire, par exemple lors de la réforme de l?audiovisuel, il aurait pu supprimer la redevance audiovisuel pour tous. Car chapeau, il avait réussi à taxer les chaines privées pour financer l?arrêt de la publicité, mais la redevance audiovisuel est un impôt injuste car il touche tout le monde, riche et pauvre et son montant est fixe.
Je ne dis pas que le président de l?UMP est mauvais mais sa politique économique injuste.
Bientôt, il faudra se réveiller, et malheureusement rembourser les milliards distribués.
a écrit le 26/01/2010 à 11:14 :
test
a écrit le 26/01/2010 à 10:38 :
après avoir reconnu tous les problèmes présentés par le pannel, lui n'y est pour rien !!!
c'est se moquer du monde.
a écrit le 26/01/2010 à 9:41 :
nous avons une chance immense d'avoir Nicolas Sarkozy comme Président de la République . QUE TOUS CEUX QUI CRITIQUENT S'ARRETENT : ce sont eux qu'on n'a plus envie d'entendre
a écrit le 26/01/2010 à 8:34 :
Je ne savais pas que l'on pouvait faire aussi démagogique dans le concept de l'émission. Je pensais que les souvenirs des "diners chez les français" de VGE avaient servi de leçon. Des discours creux et de la fausse compassion
a écrit le 26/01/2010 à 8:27 :
La vérité en face
Exercice difficile, comme tout ce qui incombe légitimement à un chef d'État, mais surtout illusoire, comme ne peut que l'être un dialogue entre la France d'en bas et celle d'en-haut, sous quelque régime que ce soit. Et c'est bien là que se manifeste les limites de la démocratie. Comment des citoyens pourraient-ils admettre, sinon comprendre, les raisons de celui qui agit au nom d'une raison d'État qui positionne chacun au rang infinitésimal qu'il y occupe, que ce soit humainement, socialement ou économiquement. Comment imaginer que ces citoyens puissent faire preuve de l'abnégation requise, ce qui reviendrait pour chacun d'entre eux à oublier, ne serait-ce qu'un instant, son propre cas ? Et ceci d'autant plus que nos m?urs politiques sont telles que les frustrations sont soigneusement entretenues et emphatisées par une opposition liguée, à laquelle l'occasion offerte est trop belle pour qu'elle n'en profite pas avec outrance, comme s'il était réaliste d'imaginer que l'un ou l'autre de ses représentants serait capable de faire mieux, tant au quotidien qu'à l'occasion de telles confrontations.
Il a fallu en tout cas beaucoup de courage au Président Sarkozy pour s'être embarqué dans une telle galère. Mais n'est-ce pas une manière de dire en face aux français une vérité qu'ils se refusent à voir, engoncés comme ils sont dans des bonheurs individuels ? même s'ils sont relatifs ? que le nombre et les circonstances grignotent chaque jour un peu plus ?

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