Sarkozy veut tailler dans les niches fiscales pour réduire le déficit

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
A l'occasion de la conférence sur le déficit, le chef de l'Etat a annoncé pour avril un plan d'action complet qui comprendra une réduction des niches fiscales.

Nicolas Sarkozy se donne quelques semaines pour définir un "plan d'actions complet" contre les déficits de l'Etat. Mais d'ores et déjà, il annonce que les mesures que le gouvernement annoncera en avril comprendront une réduction des niches fiscales et sociales. Et même la suppression pure et simple de certaines d'entre elles.  "Nous prendrons des décisions extrêmement précises pour que la spirale des déficits ne porte pas atteinte à la crédibilité de notre pays", a-t-il dit en conclusion de la première partie d'une "Conférence sur le déficit".

Nicolas Sarkozy a aussi souhaité que la France se dote d'une règle d'équilibre des comptes de l'ensemble de ses administrations publiques à l'image de l'Allemagne, en espérant qu'un "accord transpartisan" serait possible sur le sujet. Ce jeudi, les élus locaux de gauche ont cependant boycotté cette conférence, dénonçant une manoeuvre électorale à l'approche des régionales.

L'objectif de l'Elysée est de parvenir à un "diagnostic partagé" sur l'état des finances de la France, dont le déficit chronique a été aggravé par la crise - il devrait culminer à 8,2% de la richesse nationale en 2010 -, pour qu'il débouche sur une stratégie de redressement de celles-ci une fois le retour à la croissance économique consolidé.
"Nous dépensons trop et nous dépensons mal", a déclaré Nicolas Sarkozy en ouvrant les travaux de la conférence. Il a dénoncé à la fois le niveau des prélèvements obligatoires, qui interdit selon lui toute nouvelle hausse d'impôt, et celui des dépenses publiques de la France. A 55% de la richesse nationale, ce dernier se situe au premier rang de la zone euro.


Le chef de l'Etat a ajouté que l'enjeu allait bien au-delà des engagements européens : Paris doit ramener ses déficits publics sous la barre des 3% du PIB à l'horizon 2013, ce qui représente un effort de 100 milliards d'euros. Le ministre du Budget Eric Woerth a estimé que la moitié devrait provenir d'une baisse des dépenses si la croissance économique est au rendez-vous.

"Financer nos dépenses courantes par l'emprunt n'est pas raisonnable, handicape notre avenir au lieu de le préparer et menace notre contrat social", a martelé Nicolas Sarkozy, qui a annoncé la constitution de plusieurs groupes de travail en prévision de la réunion d'avril. Le premier sera dirigé par le directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, et un de ses prédécesseurs, Paul Champsaur, avec pour mission d'analyser l'évolution des finances publiques depuis 30 ans et leurs perspectives sur la prochaine décennie.

Leur rapport, qui sera rendu public, doit servir "de point de départ incontestable" à la deuxième partie de la conférence. Les autres groupes de travail porteront sur la sécurité sociale et les collectivités locales. Le gouvernement reproche à ces dernières, qui ont représenté un peu plus de 20% de la dépense publique en 2008, d'avoir augmenté les leurs de 6% par an en moyenne sur la période 2003-2007 hors transferts liés à la décentralisation.

Accusant en retour l'Etat de vouloir faire porter aux collectivités la responsabilité de la dérive des déficits, les associations d'élus (régions et départements) présidées par des socialistes ont boycotté la réunion de jeudi. Seule était représentée l'Association des maires de France dont le président est l'UMP Jacques Pélissard.
Eric Woerth a été invité par ailleurs à présenter en avril un plan d'actions pour réduire les dépenses de l'Etat, où "toutes les options seront mises sur la table, notamment les niches sociales et fiscales, leur démantèlement ou leur réduction". Ces niches devraient représenter 114 milliards d'euros en 2010.

Le chef de l'Etat a chargé enfin Michel Camdessus, ancien directeur général du FMI et ex-gouverneur de la Banque de France, de plancher sur l'introduction d'une règle d'équilibre pour les finances des administrations publiques. "Les Allemands sont parvenus a un accord transpartisan, c'est ce que nous allons essayer de faire", a-t-il dit, ajoutant que ce groupe de travail devrait se demander si "l'objectif doit être 2020 comme les Allemands l'ont fixé et quelles sont les modalités pour y arriver".

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a écrit le 30/01/2010 à 10:52 :
En résumé, personne (D+G) n'est et ne sera capable d'endiguer les dépenses publiques, les trois couches superposées de fonction publiques, les dépenses pharaoniques (grand Paris...), faire contribuer les plus riches (légitimes ou pas), de stopper d'appauvrir la classe moyenne et de socialiser tous les autres. Dans 20 ans nous aurons une France de retraités fonctionnaires, des riches Français expatriés, des travailleurs du privé du 4ème âge et des jeunes pauvres sans avenir... et des journalistes pour commenter les faits divers et vanter le partage (de quoi ?)
a écrit le 29/01/2010 à 21:00 :
Cela doit être difficile à ceux qui nous gouvernent de réduire leur train de vie payer par le contribuable... quel effort surhumain... c'est tellement mieux que cela soient les gueux ou les serfs qui trinquent...
a écrit le 29/01/2010 à 20:53 :
D'après cet article, le Président NS trouve que "nous dépensons trop et nous dépensons mal" eh bien, sauf le respect que je lui dois, pourquoi n'applique-t-il pas au budget de l'Elysée cette formule ? si l'exemple et la rigueur venaient du haut, il y aurait une forme de mimétisme qui s'installerait, on peut consommer mieux en qualité et non en quantité...
a écrit le 29/01/2010 à 17:33 :
mais bien sûr , réduire les niches fiscales ce n'est pas une augmentation des impots..... à quand les mesures pour réduire le train de vie de l'état ???
a écrit le 29/01/2010 à 13:37 :
Il s'agit de savoir à quoi servent ces niches fiscales. S'agit'-il d'inciter des investisseurs à investir dans des secteurs où la rentabilité n'est pas assurée et où ils nauraient jamais investi? S'agit-il de faire passer la pipule d'une fiscalité trop lourde à une population avisée ou à l'inverse de réduire l'impôt de classes moins favorisées? Dans ce maquis il me parrait sain de tout remettre à plat.
Quand à la sécurité sociale, ne serait-il pas temps d'associer les patients et de leur faire confiance? Enregistrements sur internet d'examen peu complexes faits par le patient et suivis par un médecin permettant une aotomédication dans les cas bénins. Médecins réglés à l'abonnement et non plus à l'acte, définissant la stratégie de santé, les visites, anlyses...
Pour les retraites, on va devoir travailler plus, mais que d'années de cotisations perdues par un système qui fait que nos jeunes rentrent tard dans la vie active et cotisent tard
a écrit le 29/01/2010 à 13:18 :
BONJOUR
en fait de niches, elles ne protègent pas du froid ceux qui vivent dans des taudis....
comment expliquer qu'on paie de plus en plus de charges et d'impôts et qu'il y aît toujours autant de pauvres, de mal soignés ou mal logés et de malades?
bienvenue au XXIème siècle
c'est le temps des tonneaux perçés!
a écrit le 29/01/2010 à 9:33 :
Au fait, NS en est à son combien-tième "Grand Plan" ??

- 1 plan pour l'emploi des séniors
- 1 pour celui des jeunes
- 1 pour l'industrie
- 1 pour l'écologie
- 1 pour l'automobile
- 1 pour les déficits

...

Je suis sur d'en oublier au moins autant.

Et pour quels résultats ?

http://nouvellegauche.fr
a écrit le 29/01/2010 à 8:59 :
et allez ! on va reprendre d'une main ce qui a été donné de l'autre ! à QUAND la FISCALITE EUROPEENNE ?
a écrit le 29/01/2010 à 8:52 :
Je suis ravis de lire le démantèlement des niches fiscales qui rapporter à l'Etat
114 milliards d'euros en2010.(ALLEZ CHICHE AU TRAVAIL ET PLUS D'ANNONCES .) Signé un partisant.
a écrit le 29/01/2010 à 8:50 :
Certaines niches sont indispensables pour doper l'économie du pays... La plus grosse niche fiscale c'est celle du quotient familial SYSTEME COMPLETEMENT INJUSTE envers tous les contribuables... C'est ainsi que. le poids des charges croulent pour les personnes seules. La deuxième niche c'est l'impôt progressif supprimé pour les hauts revenus. Ajouté à ça le paquet fiscal ...PLUS ON GAGNE MOINS ON PAIE... DONC LA PREMIERE DES SOLUTIONS SERAIT de réformer les impôts sur les revenus avec des quotients justes et équilibrés de façon progressive en tenant compte du poids des charges incombant pour vivre décemment. C'est la première des choses à faire...

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