Les salariés du site Philips de Dreux reprennent le travail

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Les salariés de Philips viennent de reprendre le travail. Le tribunal de grande instance de Chartres avait ordonné, vendredi, dans un jugement en référé, la reprise du travail sur le site de Dreux, fermé par la direction depuis lundi dernier, et la suspension du plan social en cours.

Les salariés de Philips de Dreux reprennent le travail ce lundi. Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, a déclaré qu'il faut "qu'il y ait une activité industrielle qui soit garantie à chaque salarié. Si ces garanties ne sont pas apportées, Philips ne peut pas fermer son activité".

Le site était fermé depuis une semaine. D'ailleurs, vendredi matin le président de Philips France, Joël Karecki, lors d'une conférence de presse à Paris avait affirmé : "Il n'y aura plus d'emplois Philips à Dreux prochainement" . Mais, coup de théâtre, le tribunal de grande instance de Chartres a ordonné, vendredi, la reprise du travail - sous peine d'une astreinte de 25.000 euros par jour - et la  "suspension du projet de licenciements collectifs" dans l'attente d'une meilleure consultation des représentants du personnel.

Les syndicats FO et CGT et les élus du comité d'entreprise avaient saisi le TGI de Chartres en référé lundi à la suite de la décision de Philips d'arrêter la production avant d'avoir notifié aux salariés leur licenciement. Les syndicats et les élus du personnels avaient également saisi la justice pour faire reconnaître "l'absence d'avis du comité d'établissement et du comité central d'entreprise" sur le plan social. Cet avis - qu'il soit favorable ou non - doit être rendu pour que la procédure d'information-consultation des instances représentatives du personnel soit considérée comme close.

"Brutalité" de la fermeture

Depuis octobre, le personnel sait que la direction veut fermer le site d'assemblage de téléviseurs à écran plasma, déjà touché par deux plans sociaux, l'un en 2005 (350 emplois supprimés) et l'autre en 2008 (279 emplois supprimés), en raison de pertes importantes, de 413 millions d'euros en 2008.  Les 212 salariés de l'usine avaient reçu samedi 13 février une simple lettre les invitant à ne plus se rendre à leur poste de travail, sans se voir notifier leur licenciement. Ils avaient trouvé les portes closes le lundi suivant.

Cette semaine, le ministre s'était déclaré "choqué" de la "brutalité" avec laquelle l'usine avait été fermée et la production arrêtée. Joël Karecki avait reconnu "un certain nombre de problèmes de communication" qui avaient été "difficiles à vivre par les salariés". "L'obligation que l'on a eu de proposer les jobs en Hongrie à 450 euros, qui est une obligation légale pour une entreprise internationale comme la nôtre, [a été] quelque chose de dramatique en termes d'impact", avait-il reconnu.

A l'ssue d'une réunion jeudi avec le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, la direction de Philips Dreux avait autorisé les salariés de l'usine à accéder au site, notamment pour venir chercher des effets personnels. Elle s'était également engagée à reprendre le dialogue avec les instances représentatives du personnel.

Le climat social est décidément tendu en France ces derniers jours avec, outre ce conflit chez Philips, celui chez Ikea pour les salaires ou chez Total sur les raffineries et la menace de fermeture du site de Dunkerque. L'annonce d'augmentation des dividendes par les entreprises cotées alors que les hausses de salaires restent limitées - sauf chez EDF où le nouveau PDG a conclu avec les syndicats un accord prévoyant une hausse des salaires de 4,4% cette année - ne risque pas de calmer les esprits.

Philips prévoit de nouvelles mesures économiques

Philips Electronic annoncé qu'il pourrait réduire ses coûts de 150 à 250 millions d'euros supplémentaires en 2010, a déclaré son directeur général, Gerard Kleisterlee, cité par le quotidien allemand Die Welt.

La mise en oeuvre de ces nouvelles mesures d'économies dépendra de la poursuite ou non du début de reprise observé actuellement et de la capacité des Etats et des institutions financières à stabiliser l'économie mondiale, a expliqué Gerard Kleisterlee, selon le journal.

Le directeur général du groupe néerlandais a porté l'objectif d'économies pour 2010 à plus de 700 millions d'euros, contre 600 millions évoqués fin janvier.

 

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