Echec des négociations sur le prix du lait

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Les discussions ont achoppé jeudi entre industriels et producteurs sur la hausse des prix du lait à partir 1er avril, laissant présager une énième crise dans un secteur en ébullition depuis des mois.

Industriels et producteurs devaient s'entendre hier sur la hausse des prix du lait prévue au 1er avril. Las, les négociations ont échoué, laissant planer la menace d'une énième crise dans ce secteur en ébullition depuis des mois.

Réunis au sein du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), organisations patronales et syndicat devaient entériner la progression des indicateurs dits de "tendance", qui servent de base pour fixer localement les prix de base du lait, chaque trimestre.  Un accord, signé le 3 juin par la filière sous la pression du gouvernement, servait de base aux discussions. Cet accord indique notamment que le lait doit augmenter de 5,5% à 5,8% à compter du 1er avril jusqu'au 30 juin, par rapport au deuxième trimestre 2009.

Mais coup de théâtre, la fédération nationale des industries laitières françaises (FNIL, patronat) a dénoncé le compromis, réclamant un alignement "immédiat" du prix du lait français sur celui de l'Allemagne, premier pays producteur en Europe et où le lait est moins cher.  "On ne cautionnera pas les indices de tendance des marchés laitiers au deuxième trimestre 2010", a-t-elle carrément affirmé.

Désormais, les négociations devraient être engagées localement entre industriels et producteurs de lait, qui ont une dizaine de jours pour parvenir à un arrangement.  En l'absence d'accord, les prix ne bougeront pas, affirment cependant  les syndicats de producteurs. " "Ca veut dire que la bataille pour le prix du lait va continuer [...]. On ne lâchera pas tant qu'on n'aura pas gagné", souscrit André Bouchut, secrétaire national de la Confédération paysanne.

Dérégulation en marche

Les producteurs de lait se battent depuis des mois pour obtenir un prix "correct" du lait , qui prendrait en compte les charges sociales. Ils réclament également une régulation du secteur au niveau européen pour éviter la volatilité des prix. Ces revendications ont donné lieu en 2009 à des grèves aussi bien sur le plan européen qu'en France. L'Union européenne n'a toutefois pas cédé sur l'un des sujets principaux de la grogne, à savoir la disparition programmée des quotas laitiers, qui assuraient un certain niveau de prix.

"Ce n'est plus tenable. Les gens n'ont plus de trésorerie pour ensemencer, ils ne parviennent plus à couvrir leurs frais. C'est chaud sur le terrain", déplore Nicolas Coudray de l'Organisation des Producteurs de Lait (OPL), branche de la Coordination rurale, qui a vu affluer de nouveaux membres, désenchantés par les prix du lait . Selon lui, "même avec une hausse de 5,7% du prix, soit 15 euros, on ne parviendra pas à subsister".

Interrogé par l'AFP (Agence France Presse), le ministère de l'Agriculture n'a pas souhaité réagir. Les revenus annuels des producteurs laitiers ont chuté de plus de la moitié en 2009 pour atteindre les 9.000 euros, bien en-dessous du Smic.

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