Xynthia : pas d'impôt départemental spécial mais la grogne des sinistrés monte

Selon le président du Conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau (UMP), plusieurs arbitrages gouvernementaux vont permettre d'éviter la hausse des impôts de 6% dans le département pour financer les dépenses engendrées par la tempête Xynthia, avec une dépense départementale estimée à 27 millions d'euros. La colère gronde toutefois dans la région alors que 1500 maisons sinistrées ou en zone inondable vont devoir être détruites. Le ministre de l'Intérieur a tenté de calmer le jeu.
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

Le président du Conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau (UMP) a annoncé renoncer à son projet d'augmenter les impôts de 6% dans son département pour financer les dépenses engendrées par la tempête Xynthia. Ce projet devait être soumis au vote des conseillers généraux le 16 avril.

Selon Dominique Bussereau, le département devra dépenser environ 27 millions d'euros pour faire face aux coûts de la tempête, qui a ravagé le littoral vendéen le 28 février. "Nous avons la possibilité de ne pas augmenter l'impôt", a déclaré Dominique Bussereau à Reuters lors d'un entretien téléphonique. Il a précisé avoir pris en compte trois éléments pour changer d'avis, dont l'aspect "anxiogène" d'un nouvel impôt "au moment où les gens sont dans une grande détresse dans le département".

De plus, a-t-il expliqué, "le Premier ministre a rendu un arbitrage permettant au conseil général de percevoir dès cette année au lieu de 2011 la TVA sur les travaux liés aux destructions dues à la tempête, soit 3,4 millions d'euros que je n'avais pas prévus". Il a également précisé que les services du conseil général avaient pu faire un état de travaux prévus en 2010 qui pouvaient être redéployés en 2011.

Dominique Bussereau est également revenu sur le découpage des "zones noires" dans lesquelles près de 600 maisons devraient être détruites pour le seul département de la Charente-Maritime et 1500 au total ce qui provoque la colère grandissante des personnes concernées. D'autant que l'indemnisation moyenne de 250.000 euros évoquée par les assureurs pour les maisons et leur terrain parait bien insuffisante à beaucoup.

Certains riverains ont manifesté samedi et dimanche, promettant de poursuivre l'Etat en justice devant le tribunal administratif pour contester la destruction de leurs maisons. "Je suis solidaire des décisions du gouvernement visant à protéger la population du danger", a dit Dominique Bussereau qui souhaite cependant qu'un "dialogue soit établi pour voir si on peut améliorer la copie". "Mon rôle en tant que membre du gouvernement est d'être solidaire du préfet, et je le suis, mais en tant qu'élu local, je pense pouvoir jouer un rôle de facilitateur. Je suis donc à la disposition de tous", a-t-il assuré.

Face à cette colère des sinistrés qui montent, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a essayé de calmer le jeu. Il a déclaré ce dimanche qu'il serait possible de réexaminer certains cas individuels très précis de maisons vouées à la destruction après la tempête Xynthia.

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