Les Français gagnés par le sentiment du "tous pourris"

Selon l'enquête BVA-La Tribune-BFM, 54% des Français estiment que les hommes politiques sont "le plus souvent corrompus".
Stéphanie Tisserond
Stéphanie Tisserond (Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

Les affaires en cours causent de réels dégâts dans l'opinion publique. Et pas seulement chez les Français traditionnellement les plus sensibles aux thèmes poujadistes. Selon le sondage BVA-La Tribune-BFM, 54% des personnes interrogées estiment que les récentes "affaires" sont le "signe que les hommes politiques sont le plus souvent corrompus". Une réponse que Gaël Sliman, directeur de BVA Opinion, qualifie de "très violente" pour la classe politique. Le sentiment du "tous pourris" semble s'être diffusé dans toutes les strates sociales. Les "CSP +" sont ainsi 55% à estimer les politiques "le plus souvent corrompus". Ils sont certes moins nombreux que les "CSP -" (61%), mais constituent tout de même une majorité.

Ce résultat est à relier à une autre enquête de CSA, dans laquelle 55% des personnes interrogées estiment que "les affaires se sont développées" sous l'ère Sarkozy. "C'est très fâcheux pour le président. Les affaires viennent réactiver le Sarkozy bling-bling qui valorise la réussite par l'argent", analyse Gaël Sliman, qui rappelle que si les Français ne reconnaissaient guère d'intégrité à Jacques Chirac, du moins celui-ci ne semblait pas "obsédé par l'argent". Les affaires entachent évidemment la popularité du chef de l'Etat. Mais elles "éclaboussent aussi toute la classe politique et réactive les affaires passées", souligne Gaël Sliman, qui note la progression de 7 points (depuis février) de Marine Le Pen dans le baromètre politique de CSA publié mardi, tandis que Nicolas Sarkozy égale son record d'impopularité d'avril 2008, avec 64% de mauvaises opinions.

Cette défiance à l'égard des politiques s'accompagne d'une défiance générale quant à la situation économique de la France. 76% des personnes interrogées sont "plutôt moins confiantes".

Pessimisme

Le contexte économique et financier mondial, la réforme des retraites, les affaires... tout cela pèse sur le moral des Français, en baisse de quatre points par rapport à juin et au plus bas depuis deux ans. Conséquence : les Français abordent leurs vacances avec morosité. 45% des personnes interrogées (52% des 25-34 ans et des catégories populaires) estiment qu'ils dépenseront moins pour leurs vacances d'été cette année que l'an dernier (qui était pourtant une année de crise). Si l'été s'annonce beau et chaud, le climat social semble lui bien gris.

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Commentaires 4
à écrit le 07/02/2012 à 10:31
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Puisqu'il semble que la majorité soit d'accord pour constater que les deux majors ne proposent rien de neuf et dans l'hypothèse où M L Pen ne serait pas présente.... Il est curieux de constater que les "sondages" ne fassent pas apparaître les seules ...

à écrit le 16/12/2011 à 14:10
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Les salaires extravagants ne sont plus tolérables car ils cassent la cohésion sociale. Que M. Henri Proglio, copain de Sarko qui l'a nommé à ce poste gagne 100 fois le salaire d'un smicard est un vrai scandale. Que M. Carlos Ghosn, gagne 700 fois le ...

à écrit le 02/09/2011 à 7:30
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Le libéralisme qui enrichit les riches arrive à bout de souffle, les profiteurs politiques et financiers en réseaux sont cernés par l'opinion publique. La campagne présidentielle risque bien d'être le chant du cygne d'une philosophie de l'avidité et ...

le 17/12/2011 à 10:55
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vous revez ...ce n est ni la faute du libéralisme, qui a la base permet a tous d entreprendre, ni du communisme ni du capitalisme, pas même des banques ou du systême financier ni d aucun courant de pensé quelconque le fond du probleme c est la nature...

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