Sarkozy suggère à Eric Woerth de quitter ses fonctions de trésorier de l'UMP

Réagissant ce lundi soir sur France 2 aux divers rebondissements de l'affaire Bettencourt-Woerth, le chef de l'Etat a expliqué avoir conseillé à son ministre du Travail d'abandonner ses fonctions de trésorier du parti présidentiel pour se consacrer "uniquement" à la réforme des retraites. Sur ce sujet, il assure qu'il restera ferme sur les 62 ans mais qu'il reste ouvert sur d'autres points. Enfin, sur la question des niches fiscales, le chef de l'Etat a promis que les aides à l'emploi à domicile seraient préservées. L'opposition a réagi, Martine Aubry a notamment déclaré que ce discours n'apportait aucune clarification.
(Crédits : Reuters)

Nicolas Sarkozy a renouvelé lundi soir sa confiance à son ministre du Travail, Eric Woerth mais il lui a "conseillé" de renoncer à ses fonctions de trésorier de l'UMP. "Eric Woerth est un homme honnête, compétent qui a toute ma confiance et toute celle du Premier ministre" et il défendra la réforme des retraites "selon le calendrier prévu", a déclaré le président de la République lors d'une émission spéciale sur France 2.

Le Président de la République a ajouté qu'il souhaitait voir son ministre du Travail, attaqué pour les liens qui lui sont prêtés avec Liliane Bettencourt, se consacrer désormais "exclusivement" à cette réforme. Interrogé plus précisément sur les soupçons de conflit d'intérêt pesant sur Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt, le chef de de l'Etat a expliqué en avoir parlé à son ministre. "Mon conseil serait plutôt qu'il n'exerce plus ces fonctions" (de trésorier de l'UMP, ndlr).

Au delà du cas personnel d'Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a souhaité élargir le débat sur la question des conflits d'intérêts. "J'ai entendu qu'il y avait des propositions des uns ou des autres sur le sujet et je suis très attentif à ces propositions. (...) Je demanderai à une commission représentant toutes les familles politiques de réfléchir dès la semaine prochaine à la façon dont on doit ou non compléter ou modifier la loi pour éviter dans l'avenir toute forme qui pourrait intervenir de conflit d'intérêts" a ainsi annoncé le Président avant de préciser que "ça ne concernera pas que les ministres" mais "aussi les parlementaires, et pourquoi pas telle ou telle personne qui exerce une responsabilité."

Abordant le thème de la corruption, Nicolas Sarkozy a convenu qu'"il y avait, dans notre pays, des habitudes, c'est incontestable, un certain laisser-aller, trop d'appartements de fonction, trop de voitures de fonction, trop de mauvaises habitudes." "Ces mauvaises habitudes, il faut y mettre un terme" a ajouté le Président de la République.

Pas de remaniement avant octobre

En revanche, Nicolas Sarkozy exclut toute accélération dans son calendrier politique : "Je suis président de la République, chef de l'Etat d'un pays de 65 millions d'habitants. Je n'ai pas le droit de céder à l'agitation du milieu, je n'ai pas le droit de céder à la fébrilité du commentateur" a-t-il rétorqué à ceux qui réclament un remaniement immédiat. Et d'ajouter : "Si je devais écouter tous les conseils qui me sont donnés, j'aurais fait un premier remaniement après les régionales et j'aurais fait un deuxième remaniement maintenant. Et sans doute les mêmes auraient recommandé un troisième remaniement après la réforme des retraites. Cela donne la valse des ministres et des ministères et une image ridicule de notre pays. Il y aura donc une nouvelle étape de l'action politique que je conduirai après la réforme des retraites à la fin du mois d'octobre. Je l'ai toujours indiqué. Cette étape-là marquera le dernier tiers de mon quinquennat"

A propos des retraites, Nicolas Sarkozy a souhaité mettre les points sur le i : "Je dis : les 62 ans, nous n'y toucherons pas. Je dis : l'équilibre des cotisations public/privé, c'est une question de justice. On ne peut pas y toucher. Sur le reste, nous serons très à l'écoute de ce que nous diront nos interlocuteurs."
L'Elysée est prêt à en discuter pendant l'été avec les partenaires sociaux.

Les aides à l'emploi à domicile préservées

Le Président a également apporté des précisions sur la question des niches fiscales que le gouvernement entend raboter. "Avec le Premier ministre, nous avons décidé de trouver (...) entre sept, huit, neuf milliards d'économies" sur les niches fiscales. Nicolas Sarkozy a reconnu que certaines d'entre elles "seront supprimées" tout en insistant sur le fait que les aides à l'emploi à domicile seront préservées, "moyennant quelques modifications techniques".

Réactions de l'opposition

La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry , a estimé qu'il n'avait apporté aucune clarification. "On a presque l'impression qu'il est au coeur d'un complot", a-t-elle déclaré sur France 3. Elle a également précisé que l'intervention de Nicolas Sarkozy se résumait à de "l'auto-persuasion" et de "l'auto-satisfaction".  Elle a ajouté "je l'ai trouvé vivant dans un autre monde, très loin des Français et aussi très loin de la vérité, sur le chômage, les retraites, la sécurité".

 

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