François Fillon ne renonce pas aux réformes

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A l'occasion de son discours de politique générale, largement approuvé par les députés, le Premier ministre a assuré que, pour son gouvernement, "l'élan de réforme" était "intact". François Fillon a promis aux députés qu'ils auront à débattre avant l'été de la fiscalité du patrimoine et aux acteurs de la protection sociale qu'une grande concertation sur le sujet serait organisée l'an prochain.

François Fillon l'a promis ce mercredi aux députés invités à lui accorder à nouveau sa confiance. Les dix-huit derniers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy ne donneront lieu à aucun relâchement sur le front des réformes. "Rompre avec le mouvement ? Il ne peut en être question car notre indécision serait une revanche de la peur" a observé le Premier ministre dans son discours de politique générale avant d'ajouter : "contre vents et marées, dans le calme et la tempête, contre les conservatismes et pour vaincre les peurs, l'élan de la réforme est intact."

François Fillon a réaffirmé que l'heure de la bataille de la croissance avait sonné. Mais à défaut de mesures concrètes - l'ampleur des déficits n'offre aucune marge de manoeuvre sur le plan budgétaire - le chef du gouvernement a choisi de dramatiser les enjeux pour galvaniser ses troupes : "L'Europe est menacée de stagnation" et la crise du surendettement, illustrée par les difficultés de l'Irlande, n'y est pas encore jugulée, a-t-il averti avant de souligner la montée en puissance des économies émergentes : "ce sont des continents entiers qui se dressent et nous défient (...) Dans ce contexte, notre but c'est la maîtrise de notre souveraineté (...) La liberté face à une compétition qui dépossède de leur destin les pays insouciants."

Déficits maîtrisés sans hausse des impôts

Pour François Fillon il n'est donc pas question de laisser filer les déficits en engageant de nouvelles dépenses publiques pour relancer la croissance. Le Premier minsitre suggère en revanche une autre piste : réorienter l'épargne vers l'investissement à long terme. Pas question non plus d'augmenter les impôts. Le gouvernement souhaite en revanche mettre en place une nouvelle fiscalité du patrimoine pour remplacer le "bouclier fiscal" et l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF).
Cette grande réforme fiscale qui devrait être votée avant l'été 2011 devra se faire à produit constant pour l'Etat, a prévenu le chef du gouvernement. Dans un signal adressé à la Commission européenne et aux partenaires européens de la France, qui gardent celle-ci sous surveillance, il a également réactivé l'idée de l'inscription dans la Constitution de principes garantissant la maîtrise des finances publiques, un peu à l'image de l'Allemagne.

Une grande concertation sur la protection sociale

"Avec le président de la République, nous n'opposons pas l'efficacité économique, la rigueur budgétaire à la cohésion sociale", a par ailleurs insisté le Premier ministre. Il a ainsi fait de l'emploi une priorité de l'action de son gouvernement d'ici l'élection présidentielle de 2012 et promis le doublement de la formation en alternance pour les jeunes - ils sont actuellement 600.000 concernés.

François Fillon a ensuite confirmé le lancement en 2011 d'une consultation nationale sur une cinquième branche de la Sécurité sociale pour financer l'aide aux personnes âgées dépendantes - une dépendance dont il a évalué le coût à 22 milliards d'euros par an dans un premier temps, 30 milliards plus tard. Cette concertation devrait d'ailleurs donner lieu à une réflexion élargie à l'ensemble de la protection sociale.

Un discours de campagne

A l'orée de ce qui promet d'être une campagne électorale de près de 18 mois, François Fillon s'en est vivement pris à ceux qui "sèment des illusions" et à une opposition de gauche qu'il a accusée de défendre des "mirages désastreux".  "Renoncer, douter, serait se parjurer devant l'Histoire", a-t-il lancé à ses propres troupes. "Ce serait laisser le terrain libre à tous ceux qui avancent des idées fausses et des fausses pistes, ces mirages désastreux que sont le partage du travail, la retraite le plus tôt possible, l'endettement sans fin, la diabolisation du capital, le protectionnisme."

A l'issue de son discours, François Fillon a demandé aux députés de lui voter la confiance - une simple formalité compte tenu de la majorité écrasante de l'UMP, le parti présidentiel. De fait, peu après, l'Assemblée nationale a accordé la confiance par 326 voix contre 226.

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