Grenelle de l'environnement : un impact négatif à long terme ?

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Selon une étude de six économistes du Trésor, l'impact du Grenelle de l'environnement sur l'économie serait positif en termes de croissance et d'emplois jusqu'à 2020, avant de se révéler... négatif.

Une petite bombe vient de tomber alors que se déroule jusqu'à vendredi le sommet de Cancun (Mexique) sur le réchauffement climatique. Selon une étude publiée mercredi par six économistes du Trésor, les investissements générés en France par les mesures du Grenelle de l'environnement dans les domaines de l'énergie, des transports et du bâtiment, auront un impact… négatif sur la croissance et l'emploi à partir de 2020.

Une conclusion détonante pour ce travail, qui, s'il est publié par la direction générale du Trésor, "n'engage que ses auteurs" et vise essentiellement à "susciter le débat".

Une première phase de croissance

Selon ces économistes, la croissance et l'emploi seront dans une première phase, qui court de 2009 à 2020, "stimulés" par le surcroît d'investissements et de dépenses découlant du Grenelle. Ces derniers, estimés à 450 milliards d'euros, seraient effectués à proportion égale par les ménages, les entreprises et les administrations, et sans pour autant se substituer à d'autres, selon l'hypothèse très optimiste qu'émettent les auteurs de l'étude.

Ainsi, le "surcroît d'activité attendu" serait "compris entre 0,4% et 0,5% la première année". Il atteindra ensuite son "maximum en 2014", avec un apport à la richesse national compris "entre 1,6% et 1,9%".

Selon l'ensemble des scénarios envisagés, les dix premières années du Grenelle permettrait à l'économie d'engranger entre 200.000 et 250.000 emplois supplémentaires par rapport à "un monde dans lequel ces mesures n'auraient pas été mises en œuvre", selon les termes de l'étude.

Gains "annulés"

Ensuite, à partir de 2020, le "net ralentissement puis l'arrêt des investissement, la hausse des prix et celle des prélèvements obligatoires nécessaires au financement des investissements annulent les gains économiques du Grenelle", estime l'étude. Un point bas serait atteint en 2023, avec un PIB qui perdrait de 0,5 à 0,7 point, "ce qui correspond à la suppression de 140.000 à 180.000 emplois".

La modulation des scénarios en fonction des prix de l'énergie ne change que très peu les conclusions de l'étude, soulignent ses auteurs. Par ailleurs, au-delà de 2050, l'impact du Grenelle redeviendrait neutre, l'économie retrouvant son "sentier de référence".

Il reste un impact "positif et durable" que l'étude ne peut vraiment quantifier, ce qu'elle précise bien. Le Grenelle apporterait "un surcroît d'innovation par rapport à nos partenaires commerciaux, qui améliorerait notre compétitivité hors prix".

 

Les objectifs français de réduction des gaz à effet de serre
La France s'est engagée à participer à l'objectif européen de réduction des gaz à effet de serre, c'est-à-dire à en réduire la quantité produite de 20% d'ici à 2020 (par rapport aux niveaux de 1990). Elle s'est engagée par ailleurs à porter à 23% la part d'énergie produite à partir de sources renouvelables dans sa consommation finale brute d'énergie à l'horizon 2020 et à utiliser 10% d'énergie d'origine renouvelable dans le secteur des transports. Les lois dites Grenelle 1 et 2 composent le cadre législatif de son programme ambitieux d'investissements destiné à atteindre ces objectifs.

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a écrit le 10/12/2010 à 12:07 :
Merci aux experts de Bercy. Ils démontrent que les Grenelle de l?environnement est rentable à court terme et qu?il nous donne une avance (difficile à chiffrer aujourd?hui avec nos actuels outils de mesure, mais avance quand même). Pour l?après 2020, pas de problème. Si fonctionnons toujours sur la seule base du PIB, nous serons des imbéciles, car le PIB est un thermomètre tout à fait incomplet (dixit on inventeur en 1934 et plus récemment le Président de la République française). En 2020, le PIB sera couplé aux indicateurs suggérés par le rapport STIGLITZ, et mon petit doigt me dit que le Grenelle sera ultra rentable car on cessera de mesurer l?immédiateté pour s?intéresse au long terme. (Et je ne parle mêrme pas du prix du pétrole en 2020)
a écrit le 10/12/2010 à 11:49 :
Cet effet de mode environnementale est uniquement lié au intérêts de quelques politiciens. Au lieu de nous proposer une politique de respect liée à notre mode de vie, on nous fait une écologie de paperasse : en échange du bon papier qui atteste que .... on vous verse une aide fiscale.
Résultat, le prix des logements va exploser ce qui va aggraver les conditions de logements déjà problématiques, les panneaux photovoltaïques sont pour la plupart fabriqués en Chine, donc bilan carbone catastrophique, sans compter la perte de rendement due à l"usure" et surtout le prix pour les recycler quand ils arriveront en fin de vie.
Les maisons en bois, merveilleux, et les produits de traitement qu'il faudra appliquer toutes les années, qui les paiera ? sont ils si inoffensifs pour l'environnement
etc etc ....
Il serait vraiment bon d'obtenir un consensus des scientifiques sur le sujet avant de donner la parole aux politiciens
a écrit le 10/12/2010 à 7:45 :
Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Ces mêmes économistes n'ayant pas vu la crise venir.
a écrit le 10/12/2010 à 7:27 :
Et moi croyait que le but du Grenelle de l'Environnement était d'obtenir un impact positif sur... l'Environnement !
a écrit le 09/12/2010 à 21:37 :
La France n'est pas engagée dans le projet industriel "désertec", pourtant, c'est un projet ambitieux et qui utilise le soleil de la meilleure facon possible... à voir sur le Web... Le rendement des éoliennes et des panneaux solaires fait office de gadget à coté!!
a écrit le 09/12/2010 à 21:35 :
J'ai eu exactement la même réaction que ivan ; prendre comme hypothèse de base le principe que le pétrolei ne montera jamais au dessus de 62$ pendant les 10 prochaines années c'est quand même d'une mauvaise foi (ou d'une incompétence!) incroyable... Quand je pense qu'on est obligé de virer des policiers et des infirmières pour payer grassement ces hauts fonctionnaires...
a écrit le 09/12/2010 à 20:44 :
On sent déjà le ministère des Finances voulant couler celui de l'Ecologie.
Ce rapport du Trésor part d'hypothèses fausses, le pétrole à 62$, 80$ ou 130$, aujourd'hui il est à 89$ le baril.. En 2020, que faire si il n'y a pratiquement plus de pétrole? Quelle conséquence sur l'économie d'un pétrole à 500$ ? Comment rentrer chez soit, non pas quant il neige, mais quant un plein coûte 200euro ?

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