France : l'inflation s'est stabilisée à 1,6% en novembre

 |   |  686  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
L' inflation est restée contenue en France en novembre, les prix à la consommation ayant augmenté de 0,1% par rapport au mois précédent et de 1,6% sur un an.

Les prix à la consommation ont progressé de 0,1% en novembre et de 1,6% sur douze mois, selon l'Insee.  Cette évolution en rythme annuel est inchangée par rapport au mois précédent. L'indice des prix harmonisé IPCH, qui permet une comparaison au niveau européen, ressort, lui, en hausse de 0,1% en novembre et de 1,8% sur un an.

Cet indice harmonisé est inférieur, en rythme annuel, d'un dixième de point au chiffre provisoire de l' inflation dans l'ensemble de la zone euro. Les chiffres définitifs d'Eurostat pour le mois dernier sont attendus jeudi.

Corrigé des variations saisonnières, l'indice des prix à la consommation (IPC) français augmente de 0,2% en novembre et de 1,6% sur un an. "Cette légère hausse des prix du mois de novembre provient à la fois de l'accroissement des prix des produits pétroliers et de l'augmentation, en partie saisonnière, des prix des produits alimentaires", explique l'Insee dans un communiqué. Les prix de l'énergie ont en effet augmenté de 0,9% sur un mois et de 10% sur un an. Pour les produits alimentaires, la hausse est de 0,5% par rapport à octobre et de 0,9% par rapport à novembre 2009, notamment en raison de la hausse saisonnière des prix des légumes frais (5,2% sur un mois, 9,9% sur un an).

Parmi les baisses de prix notables de novembre figurent les services (-0,1% d'un mois sur l'autre), grâce à des diminutions de tarifs dans le tourisme (-7,7% pour les voyages tout compris) et dans les télécommunications (-1%), avec le lancement de nouveaux forfaits. Les prix des produits manufacturés sont eux aussi orientés à la baisse (-0,2% par rapport à octobre, -0,1% sur un an), un repli lié entre autres aux promotions dans l'habillement et la chaussure d'une part, à celle de l'automobile d'autre part (-0,7% sur un mois, +0,4% annuel) à l'approche de la fin de la prime à la casse.

Enfin, les prix des produits phares de la saison des cadeaux de Noël reculent eux aussi: la baisse atteint 3,1% sur un mois pour les jeux et jouets, 1,6% pour les équipements audiovisuels et 0,9% pour le matériel informatique.

"Le risque inflationniste est aujourd'hui quasi-nul dans l'Hexagone", commente Alexander Law, chef économiste de Xerfi, ajoutant que "notre principale préoccupation aujourd'hui est plutôt d'ordre déflationniste". Notant que l'indice sous-jacent (hors tarifs et produits à prix volatils) n'augmente que de 0,7% sur un mois, il estime que "la demande intérieure est tellement déprimée qu'elle empêche les distributeurs de relever sensiblement leurs prix".

Le ministère du Travail a fait état ce lundi d'une hausse de 0,3% du salaire mensuel de base au troisième trimestre. En rythme annuel, la progression du salaire de base a ainsi été ramenée à 1,7% fin septembre, contre 1,9% trois mois plus tôt, son plus bas niveau depuis 2000. Le chiffre du troisième trimestre "représente un gain de salaire en euros constants de 0,2 point", a précisé la Dares, division de la recherche et des statistiques du ministère.

Scénario déflationniste ?

En octobre, l'inflation avait gagné 0,1% à peine sur le mois, pour s'établir en glissement annuel à 1,6%. Cette hausse était liée essentiellement à la hausse des produits les plus volatils et dépendant de facteurs saisonniers comme les produits pétroliers (14,1% sur le mois, 11,1% pour l'énergie dans sa globalité) et l'alimentaire (0,5% sur le mois, 6,5% pour les seuls produits frais). 

L'inflation annuelle oscille depuis mars entre 1,3% et 1,7%, à un niveau largement en dessous de la valeur ciblée par la Banque centrale européenne, qui est de 2%. En revanche, l'inflation sous-jacente, c'est-à-dire calculée hors éléments volatils, s'établie à un niveau bas : 0,8% en octobre en variation annuelle.

Cette faiblesse de l'inflation sous-jacente fait craindre à certains économistes, de l'OFCE  ou de Xerfi, un scénario de déflation pour la France. Dans ce scénario, les prix baissent en raison d'une demande somme toute modérée et des surcapacités de production, entraînant une modération des salaires et, par voie de conséquence, une pression plus forte encore sur la demande. Pour d'autres analystes en revanche, à l'instar de Marc Fiorentino d'Allofinance, l'inflation est - "bonne nouvelle !"- de retour.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/12/2010 à 22:15 :
Curieux vu les augmentations annoncées de faire si peu. Certaines n'ont encore eu lieu. Les autres sont sorties des indices ou comptées autrement. Il va falloir songer à augmenter les revenus aussi.
a écrit le 14/12/2010 à 21:15 :
Les prix immobiliers flambent de 20% en un an, et on nous parle de déflation ? Décidément on se moque de nous, c'est un mensonge absolument ridicule et tout autant scandaleux. Tout cela à cause de taux trop bas et d'injections de liquidités, parce qu'il y a soit disant de l'inflation. Ceci est un énorme mensonge pour aider les banques à se refaire une santé gràce aux taux bas, ceci, bien-sûr, au détriment des populations, qui ne peuvent plus se loger.
a écrit le 14/12/2010 à 12:44 :
L'inflation, c'est bien celle de la masse monétaire? Se traduit-elle obligatoirement par une hausse des prix?
a écrit le 14/12/2010 à 11:45 :
C'est normal, les discussions sur les augmentations de salaire dans les entreprises viennent de commencer. L'inflation, on verra ça plus tard

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :