Nicolas Sarkozy donne des gages aux universités

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(Crédits : Reuters)
Lors d'un déjeuner ce mercredi avec les présidents d'université, le président de la république s'est engagé à poursuivre l'effort financier de l'Etat à long terme. Concernant le grand emprunt, il a assuré que le volet formation et les inégalités territoriales seraient mieux pris en compte lors des prochains appels à projets.

Satisfaits. Les membres du nouveau bureau de la conférence des présidents d'université (CPU), sont sortis n'ont pas caché leur satisfaction ce mercredi à l'Elysée à l'issue de leur déjeuner avec le chef de l'Etat et la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elus en décembre dernier, le président de la CPU Louis Vogel (président de l'université Paris 2 Panthéon-Assas) et les vice-présidents Yvon Berland (Aix-Marseille 2 Méditerranée) et Anne Fraïsse (Montpellier 3 Paul-Valéry) ont profité de ce déjeuner "symbolique" consacré à la mise en place de l'autonomie (loi LRU d'août 2007) et au grand emprunt, pour présenter leurs doléances à Nicolas Sarkozy. Celui-ci a cherché à les rassurer en s'engageant à "maintenir l'effort financier de l'Etat à long terme" et à étudier les points d'amélioration possibles des appels à projet du grand emprunt, a rapporté Louis Vogel.

Stratagème budgétaire

Car si en ces temps de rigueur budgétaire, l'enseignement supérieur et la recherche jouissent d'un traitement de faveur avec un gel des suppressions de postes de fonctionnaires de 2010 à 2013, une augmentation programmée des moyens de 9 milliards d'euros de 2007 à 2012 ainsi que des plans d'investissements extrabudgétaires (5 milliards d'euros pour l'opération campus, 22 milliards dans le cadre du grand emprunt, sans compter les 731 millions d'euros du plan de relance en 2009), les universités restent inquiètes et vigilantes. Tout d'abord, la publicité faite par le gouvernement autour des financements extrabudgétaires tels le grand emprunt ou l'opération campus font craindre à la communauté universitaire un effet de débudgétisation à long terme néfaste, ces plans risquant de n'être finalement qu'un stratagème pour compenser des moyens tout juste stables voire en baisse.

En début d'année, nombre d'universités se sont plaint de voir leurs crédits de fonctionnement n'augmenter que de 1,5%. Ensuite, ces financements prennent souvent la forme de dotations en capital non consommables : seuls les revenus annuels (3,4% l'an) de ces dotations sont effectivement encaissés par les universités, soit des montants nettement inférieurs à ceux affichés par le gouvernement. Ainsi, si à la fin 2011, 20 à 21 milliards d'euros du grand emprunt auront été engagés, selon le commissaire général à l'investissement René Ricol, les lauréats des appels à projets des investissements d'avenir (grand emprunt), dont les résultats se succèdent depuis le début de l'année (équipements d'excellence, laboratoires d'excellence, instituts hospitalo-universitaires, initiatives d'excellence...), ne recevront cette année "que" 3,6 milliards d'euros de crédits frais. Idem pour l'opération campus, qui doit se traduire cette année par un "plus" de 508 millions d'euros.

Bref, tout compris, l'enseignement supérieur et la recherche devraient voir leur budget abondé de 4,7 milliards d'euros de moyens en sus en 2011. Enfin, toutes les universités ne sont pas à la fête. Qu'il s'agissent de l'opération campus ou du grand emprunt, ce sont souvent les grandes structures de recherche qui emportent les gros lots. D'où la crainte des universités moyennes ou petites de province, plus axées sur la formation, de se voir reléguées au second plan et les nombreuses critiques exprimées ces derniers temps sur les modalités de sélection des appels à projet. Malgré les assurances de René Ricol, qui indiquait récemment à La Tribune qu'un point serait fait fin juin à l'issue de la première vague d'appels à projet et qu'il procèderait "le cas échéant à des ajustements", les présidents d'université ont tenu à alerter le chef de l'Etat et cherché à obtenir de sa part des garanties.

Pas de ralentissement

Ils ont été apparemment entendus puisque Nicolas Sarkozy leur a assuré vouloir maintenir "à long terme" les efforts financiers de l'Etat. "Il n'y aura pas de ralentissement", s'est félicité Louis Vogel qui estime que le rattrapage avec les autres pays n'est pas achevé. "Il y a une volonté profonde de maintenir ce qui a été lancé", a analysé Yvon Berland. Quant au grand emprunt, le chef de l'Etat a paru réceptif aux critiques. Afin de prendre en considération les "disciplines oubliées" et le volet formation, il a estimé qu'il fallait réfléchir à un programme récompensant l'innovation pédagogique et la professionnalisation. "La question de la formation doit aussi être abordée dans le cadre des investissements d'avenir. C'est un vrai défi dont il faut préciser les contours avec la CPU. Je souhaite que l'on y réfléchisse. La modernisation des diplômes signifie plus d'emplois pour les jeunes", a approuvé Valérie Pécresse, insistant également sur la formation continue.

Quant à la répartition territoriale, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que "l'excellence est partout" et qu'il convenait de combiner les pôles à visibilité internationales avec les autres, plus modestes. Les deuxièmes et éventuelles troisièmes vagues des appels à projets du grand emprunt devraient donc se traduire par des ajustements. Le commissariat général aux investissements, pour qui les jurys internationaux indépendants restent maîtres du jeu et qui estime que le volet formation est déjà complètement intégré aux cahiers des charges des appels à projets, devra donc se montrer souple. Enfin, Nicolas Sarkozy n'a pas fermé la porte à des ajustements de la loi LRU sur l'autonomie. Mais une "réforme de la réforme" paraît peu envisageable d'ici à mai 2012.

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Commentaires
a écrit le 28/04/2011 à 12:31 :
il peut promettre ce qu'il veut, vu qu'il ne sera plus président en 2012!
les budgets actuels ne compensent même pas le manque de budget organisé par la droite depuis cette dernière dizaine d'année!
Réponse de le 29/04/2011 à 13:03 :
encore du bla bla post élétoral,de belles promesse non tenue ont a l'habitude,il ne fait que sa,mais la fin et proche pour lui bey bey sarko en 2012
Réponse de le 03/05/2011 à 12:41 :
Je ne suis malheureusement pas si sur que cela de son départ en 2012. N'oublions pas que les français ont une mémoire électorale de 6 mois. Donc d'ici à Avril 2012 il peut s'en passer des choses.

Au vu de l'état actuel des universités françaises, on peut quand même espérer qu'il tiendra -en cas de réélections- ces promesses là!
a écrit le 27/04/2011 à 18:34 :
Évolution du lanagge: dans le temps on disait "faire des promesses d'ivrogne", maintenant on dit "donner des gages" :-)

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