La récession arrive en France

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Cette récession pourrait durer six mois entre le quatrième trimestre 2011 et le premier trimestre 2012. Le chômage pourrait atteindre la barre symbolique des 10%

 L'Insee anticipe une stagnation de l'économie française au moins jusqu'en juin prochain, une prévision qui fragilise le scénario du gouvernement pour 2012 à quelques mois de l'élection présidentielle. Le PIB pourrait se contracter au quatrième trimestre 2011 de 0,2% et au premier trimestre 2012 de 0,1%. Il s'agirait donc bien d'une "récession" puisque ce terme est défini (en France) par la baisse du PIB pendant deux trimestres consécutifs.

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi soir, l'institut de la statistique estime en outre que le chômage, à 9,3% de la population active en métropole, pourrait atteindre 9,6% à cette date et franchir le seuil de 10% sur la totalité du territoire.

"A l'automne, les tensions sur les dettes souveraines se sont étendues au secteur financier dans la zone euro et des indices sont apparus récemment d'un durcissement des conditions de financement des agents privés", résume Sandrine Duchêne, chef du département de la conjoncture de l'Insee.

Plusieurs experts ont mis en garde ces dernières semaines contre un éventuel retour d'un "credit crunch" (resserrement du crédit) susceptible de paralyser l'économie comme en 2008.

La Banque centrale européenne a promis de fournir des liquidités aux banques de la zone euro mais pas aux Etats et les tensions sur le marché interbancaire ne sont pas retombées, alimentant un durcissement des conditions de crédit et la contraction de l'activité.

Conséquence de la propagation de la crise de la dette à l'économie réelle, les économistes de l'Insee s'attendent à ce que la zone euro "marque le pas" cet hiver dans le cadre d'un "court épisode récessif" marqué par la faiblesse de la demande intérieure.

Un rebond pourrait intervenir à partir du deuxième semestre 2012 grâce au dynamisme des autres grands pôles économiques mondiaux, Etats-Unis et Chine en tête, mais reste à confirmer. L'Insee souligne que le produit intérieur brut français devrait reculer de 0,1% au premier trimestre avant de progresser de 0,1% au deuxième.

MOTEURS EN PANNE

Avec un acquis de croissance de 0% pour 2012, et sur la base des prévisions actuelles de l'institut, il faudrait que le PIB s'inscrive en hausse de 1,3% aux troisième et quatrième trimestres pour que la croissance française s'établisse à 1% sur l'ensemble de l'année, comme prévu actuellement par le gouvernement.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime pour sa part à +0,3% l'évolution du PIB français l'an prochain tandis que la Commission européenne prédit une hausse limitée de 0,6%.

Paris s'est néanmoins engagé à ramener son déficit budgétaire à 4,5% du PIB en 2012 et à 3% en 2013. Pour y parvenir, le gouvernement pourrait être contraint d'annoncer de nouvelles mesures de rigueur, impopulaires en pleine campagne électorale, à moins d'attendre l'été au risque de susciter la désapprobation des agences de notation et ce alors que la France semble en passe de perdre sa note de crédit 'AAA'.

"Les deux moteurs de la reprise française depuis deux ans, l'investissement et l'emploi, sont en train de caler, ce qui conduit à affaiblir la demande", dit Sandrine Duchêne.

"Il faudra donc du temps pour faire redémarrer la machine, ce d'autant que nous sommes dans une phase d'incertitudes très fortes, proche de celle que nous avions observée en 2008 et 2009", ajoute-t-elle, une allusion à la nervosité des investisseurs sur les marchés.

L'Insee prévoit 61.000 destructions de postes dans l'emploi marchand sur les six premiers mois de 2012 - après 14.000 au deuxième semestre 2011 - en réaction à la baisse attendue de l'investissement des entreprises et aux difficultés croissantes de leur accès au crédit.

La consommation des ménages, soutien traditionnel de l'économie et stable ou en baisse depuis plusieurs mois, ne devrait augmenter que de 0,1% par trimestre au premier semestre, d'après le scénario de l'institut.

La seule "bonne nouvelle" pourrait se situer du côté de l'inflation, attendue par l'Insee à environ +1,4% sur un an en juin. Elle atteignait 2,5% en novembre, tirée par la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation.

COMMENT TENIR LE "TRIPLE A" ?

Dans un contexte de récession au premier trimestre 2012, il semble quasi-impossible pour la France de maintenir sa note AAA. Le gouvernement semble d'ailleurs avoir renoncé à cette idée, d'après les dernières déclarations d'Alain Juppé. Retrouvez notre dossier complet sur le triple A de la France en cliquant ici.

DOCUMENT Pour accéder au détail de la "note de conjoncture" de l'Insee, cliquez ici

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Commentaires
a écrit le 16/12/2011 à 13:46 :
La récession n'est pas le fruit du hasard mais la conséquence de l'incapacité, l'incompétence, l'imprévoyance, l'irresponsabilité de politiques souvent analphabètes, démagogues, déconnectés des réalités, sans aucune formation pour mettre en oeuvre et piloter des projets cohérents. Ils ne savent d'ailleurs pas ce qu'est un tableau de bord et leur principale activité et souci est leur réélection qui leur impose de soigner leur image. Ils sont donc à notre charge pour des besoins purement cosmétiques. Une grande réforme, d'ailleurs proposée par Marine est de faire appel uniquement à des personnes qualifiées et expertes à des postes clés. Ainsi, M. Baroin, avocat n'a rein à faire au poste qu'il occupe actuellement car ce n'est pas un professionnel de l'économie.
a écrit le 16/12/2011 à 7:45 :
Les objectifs de l'Insee ne sont qu'une prévision il ne prennent pas en compte le moral des ménages alors que nos politiciens et plus particulièrement notre énarque plus magouilleur que compétent M. Chirac n'a pas pris les bonnes décisions pour l'économie de la France basée exlusivement sur la consommation donc les produits importés et les délocalisations pour les prix soient en adéquation avec la baisse du pouvoir d'achat, ne parlons pas de son prédecesseur M. Mittrrrand avec son prof de l'incompétence économique M. Mauroy.
La politique économique menée depuis 5 ans basée sur le pouvoir d'achat des classes les plus aisées qui investissent peu en France a maintenue la dégradation de l'économie française. Un exemple montre cette absurdité du Président associer la m^me année le bouclier fiscal et le chnagement du taux de l'ISF plus favorable qu'avant. Un Président qui a manqué de courage en supprimant l'ISF en contre partie rajouter 2 tranche d"'imposition une à 46% et l'autre à 50%.
Ce gouvernement qui depyuis 2007 a "travaillé" que pour la réélection du Président actuel en campagne au frais du contribuable n' aps modifié la France pour la remettre dans les rails de la compétition. Un autre exemple l'inutilité de M. Lellouche ministre du commerce extérieuur encore un poste inutile face aux résultats etc etc . La gauche ne fera pas mieux il faut pour gouverner la France laisser la place à des compétences économiques NON POLITIQUES sans un bulletin de vote en ligne de mire.
a écrit le 16/12/2011 à 5:34 :
Il y a déjà un moment, que les FRANCAIS sont dans la M.........................
a écrit le 15/12/2011 à 22:50 :
Non, on est pas encore en récession ??? ça alors ! Mais de quoi se plaignent donc les râleurs français si tout va bien :-)
Réponse de le 16/12/2011 à 5:28 :
C'est vrais, le SMIC va augmenter de 3 centimes en janvier que demander de plus.
a écrit le 15/12/2011 à 22:30 :
Il faut dire que les plans d'augmentations de taxes et d'impôts annoncés par le gouvernement, a l'exclusion de toute véritable réduction de dépenses, vont certainement saborder le peu de croissance que nous aurions pu avoir ! Il n'y avait que 2 solutions pour tenter de résorber le déficit: Réduction des dépenses ou augmentation des impôts. L'état a évidemment choisi la plus facile, mais aussi la plus mauvaise !
Réponse de le 15/12/2011 à 22:57 :
@bouchy: tu voudrais pas non plus qu'ils tombent malades en échangeant le caviar et champagne pour des produits de basse qualité !!! que ferait-on alors sans nos dirigeants ??? bon, les Belges s'en sont sortis sans eux, mais c'est grâce aux frites :-)
a écrit le 15/12/2011 à 22:22 :
La récession est partie pour un an complet mini, puis une progression du PIB aussi molle,que nos élus et cela pour 10ans? Bien sur que non puisque dans 10ans si nous sortons De la crise de la dette nous serons face à la montagne des retraites et de la santé.....le modèle doit être modifié en profondeur pour baisser le coût de nos structures de 15% mini
a écrit le 15/12/2011 à 22:20 :
Bizarre tout de même cette ligne éditoriale de la Tribune, à vouloir à tout prix, jouer les oiseaux de malheur. A un moment, c'était l'immobilier, il devait et allait plonger chaque matin. Cela suscitait des espoirs pour certains et la terreur pour d'autres. Ensuite le triple A, ou tout les 2 jours il était menacé, maintenant c'est la récession. C'est plus de l'information, c'est de l'organisation du désespoir collectif.
Réponse de le 15/12/2011 à 22:55 :
@ Eric: ouais, même que La Tribune devrait nous répéter que tout va très bien madame la marquise et jouer sur le pont du Titanic alors que le bateau coule :-)
a écrit le 15/12/2011 à 21:48 :
La recession durera au moins jusqu'au printemps 2014, aurait dû dire l'Insee. En effet, les bilans 2012 seront mauvais, les investisseurs attendront les comptes de 2013 à paraître au printemps 2014. La reprise suppose en outre que la confiance revienne, donc que les déficits disparaissent dès 2012. Toute autre voie prolongera la recession. Souvenons nous de la crise de 1990, date à laquelle l'endettement de la France était acceptable.

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