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Encore six semaines pour échanger vos derniers billets en francs !

latribune.fr, avec AFP

Publié le 02 janvier 2012 à 16:11

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Alors que s'approche la date fatidique du 17 février, après laquelle il ne sera plus possible de convertir en euros les vieux billets en francs, des commerçants de plusieurs villes se sont remis à les accepter. Et l'activité de change s'accélère légèrement à la Banque de France.

Dans six semaines, le 17 février, soit dix ans, jour pour jour, après la fin du paiement en francs, la Banque de France cessera d'accepter les cinq dernières séries de billets en francs encore convertibles, toutes relativement récentes comme le "Saint-Exupery" (50 francs) ou le "Pierre et Marie Curie" (500 francs).
Interrogées par l'AFP, les succursales de la Banque de France (BdF) en région ont relevé, depuis deux mois, une augmentation du nombre des particuliers qui se présentent à l'échange. "A chaque fois que les médias en parlent, systématiquement, on a un retour", observe-t-on à l'agence de Strasbourg, faisant état de "tous petits montants pour 90% des opérations".

Au Mans, l'un des caissiers de la BdF estime néanmoins que le mouvement est moins soutenu qu'en janvier 2009, qui avait vu se terminer la possibilité d'échanger le fameux billet de 100 francs "Delacroix". "Aujourd'hui, on a eu cinq personnes, et cinq personnes vendredi", dénombre-t-il. On apporte, pour l'essentiel, des billets retrouvés dans des armoires, des tiroirs, des vêtements, voire des coffres, souvent après un décès.

Fin 2010, 50 millions de billets des séries encore échangeables, pour une valeur en euros de 602 millions, étaient encore en circulation, selon la Banque de France. Tous les billets des séries concernées sont repris à l'échange quel que soit leur état, pourvu que la moitié du papier au moins soit présentée.

A Nice, un autre caissier s'attend malgré tout à ce que l'effet psychologique, lié à l'arrêt de la convertibilité de tout billet en francs, entraîne une ultime vague. "Tout le monde est resté avec, à l'esprit, 2012. Du coup, il y a pas mal de gens qui se présentent avec d'anciens "Pascal" (500 francs), "Montesquieu" (200 francs) ou "Delacroix"" qui ne sont eux plus échangeables, explique-t-il.

Les billets acceptés chez certains commerçants

Pour rebondir sur l'événement, des commerçants de plusieurs villes de province se sont remis à accepter temporairement les fameux billets encore échangeables. Depuis le 19 décembre, une trentaine de commerçants de Saverdun, localité de 4.600 habitants dans l'Ariège, ont reçu 15.000 francs sous forme d'anciens billets (2.200 euros environ) en paiement de leurs articles. Il s'agit de pousser à la consommation et d'inciter à dépenser de l'argent qui ne l'aurait pas été sans cela puisque "les gens n'auraient pas forcément pris la peine d'aller à la Banque de France à Toulouse pour échanger un billet de 20 francs", explique Grace Ballandi, présidente de l'Union des commerçants et artisans de Saverdun (UCAS), à l'initiative de l'opération. "Dans la tête des gens, c'est de l'argent gratuit, de l'argent qui ne compte pas car il était perdu", ajoute-t-elle.

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Dans le sud-ouest également, à Mont-de-Marsan, le droguiste Philippe Chabaud accepte depuis décembre les paiements en francs jusqu'au 4 février.
"Je vois en moyenne quatre à cinq personnes chaque jour qui me paient en francs, certains viennent même des départements voisins", observe-t-il. Il prévient qu'il ne rend pas la monnaie sur un billet en francs, un peu dépassé par la popularité de son initiative. "On voit que les gens, qui ont en moyenne plus de cinquante ans, ont gardé des francs chez eux, dix ans après", rapporte-t-il.

A Decize, commune de 6.000 habitants dans la Nièvre, le caviste Antoine Rainon accepte les francs jusqu'à la mi-janvier mais a connu moins de succès, avec seulement 500 francs collectés depuis mi-décembre.

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"Le mois de janvier est relativement creux, alors pourquoi ne pas essayer cela ?", souligne Christine Bonfillon, gérante de la Maison de la presse de Fuveau (Bouches-du-Rhône), où la majorité des commerçants accepteront les vieilles coupures à partir de ce mardi.

latribune.fr, avec AFP

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